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rafalabamba

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  1. rafalabamba

    Uncle Bob

    Dans ces temps difficiles, rien de tel que se référer à la vie des « grands hommes » : John Keith, déjà biographe de Bill Shankly, Billy Liddell ou Ian Callaghan mais également de Dixie Dean, la légende d'Everton des années 30, consacre une biographie officielle (et parfois un peu convenue...) à un des plus grands managers du football anglais et surtout du Liverpool Football Club, Bob Paisley... On retrouve d'ailleurs parfois le rythme monolithique de «Red or Dead » de D. Peace avec la succession des saisons et des matchs, qui permet aussi de se remémorer de nombreux épisodes glorieux de l'histoire du club (Saint-Etienne, Rome, Paris...). Comme toute biographie concernant LFC qui se respecte, la préface est assurée par le « King Kenny », qui rappelle le parcours exemplaire de Bob Paisley, en tant que joueur, physiothérapeute, assistant de Bill Shankly puis manager et directeur avant de lui servir de conseiller pour l'assister dans ses premiers pas d'entraîneur.... Avec une moyenne de deux trophées par saison (19 en neuf saisons en incluant certes les Charity shield et les super-coupes d'europe...), personne ne paraît en mesure de rivaliser avec « Uncle Bob » ; Ferguson « tournant », par exemple, à 1,4 trophée par saison à Manchester United. L'armoire à trophées de Bob Paisley, de 1974 à 1983, est, en effet, copieusement garnie de six titres de champion (et deux places de dauphin ), 3 coupes d'europe des clubs champions remportées à Rome, Wembley et Paris, 1 coupe de l'UEFA, 3 coupes de la league lors de ses trois dernières saisons, 5 Charity shield et 1 super coupe d'europe...Ne manque qu'à ce fabuleux palmarès une FA Cup (trophée que ne remportât pas non plus l'autre grand manager de l'époque Brian Clough)... Il fut également six fois manager de l'année. Les équipes de Paisley lui assurèrent aussi une série d'invincibilité de 63 matchs à domicile en championnat (85 en tout) et 11 déplacements à Wembley devenu « Anfield South ». Comme il le disait avec humour, «je suis surpris qu'il ne m'est pas été demandé un loyer...» Pourtant, comme s'insurge son biographe, Bob Paisley, contrairement à Sir Alex, ne sera jamais anobli, vraisemblablement en raison de l'image négative du football à l'époque « thatchérienne », ternie par la montée du hooliganisme et qui n'avait pas encore acquis le pouvoir économique de la Premier League des années 90... Même si Paisley eut la vision de l'importance grandissante de la publicité, du sponsoring ou de l'émergence des agents de joueurs, la situation économique du football anglais n'était, en effet, pas florissante (à l'époque...). En 1979, par exemple, le profit réalisé par le club s'élevait seulement à 71.000 £ pour un chiffre d'affaire de 2,4 M£. A titre de comparaison, lors de la coupe intercontinentale contre Flamengo, Zico était payé 20.000 £ par mois tandis que Bob Paisley émargeait à 50.000 £ à l’année... Bob Paisley vit le jour dans la région de Durham dans une famille de mineurs, dont le père ne souhaitait pas que ses quatre fils suivent son chemin. Doué pour le football, il se rendit ainsi à Liverpool le 8 mai 1939 pour rejoindre un club, dont il se révéla être un des plus grands serviteurs pendant les cinq décennies suivantes... Il côtoya, à cette époque, le légendaire Billy Liddell, dont il ne put d'ailleurs être le témoin de mariage, venant lui-même de se marier avec son épouse Jessie trois jours plus tôt et étant donc logiquement en lune de miel... Il gagna son seul titre de champion en tant que joueur en 1947 et connut l'immense déception de ne pas être sélectionné pour la finale de Cup (perdue) en 1949, ce qui l'amena à s'interroger fortement sur son avenir au sein du club. Il y resta finalement et termina sa carrière en 1954 après 277 matchs joués et 12 buts marqués. Il suivit rapidement des cours par correspondance de physiothérapeute et le club lui proposa de s'occuper de la réserve. Paradoxalement, à l'arrivée de Bill Shankly, il craignit de se faire licencier, un nouveau coach étant généralement accompagné de son staff. Heureusement, Bill Shankly vint seul et ce fut le début d'un partenariat lumineux reposant sur deux caractères totalement différents. Comme disait Bob Paisley, « Bill ne donnait jamais un conseil, il donnait un ordre ». Pour Ian Callaghan ou Kevin Keegan, Shankly était le motivateur suprême tandis que Paisley se démarquait par son savoir tactique. Bob Paisley, outre le fait d'être parti trop tôt à la retraite, ne reconnut qu'un seul défaut à Shankly : Il était trop loyal envers les joueurs déclinants. Au contraire, « l’oncle Bob » se soucia d’injecter des forces neuves régulièrement et put même, bien loin de l'image d'un grand-père débonnaire, être assez rude avec des anciens, comme Ray Kennedy, à la fin de leur carrière. Il n’hésita pas non plus à retirer le brassard à Phil Thompson pour le confier à Graeme Souness afin d’essayer de relancer la carrière de joueur de Thommo… Pour Alan Hansen, Paisley ne montrait aucune émotion pour sélectionner les 11 meilleurs et tenir les joueurs motivés. Il alla également au clash avec Phil Neal: « Si des joueurs veulent jouer pour nous, ils doivent être professionnels. Je ne veux pas de plays-boys ou de fêtards ». Il fut pourtant largement apprécié par les joueurs sous ses ordres, qui insistèrent, par exemple, pour qu'il aille chercher, malgré sa modestie naturelle, son dernier trophée, remportée à Wembley en finale de la coupe de la ligue. Un gâteau d'anniversaire lui fut également offert, au retour d'une victoire, sur la route. Paisley dit alors aux joueurs « Si vous jouez toujours comme ça, cela sera mon anniversaire tous les jours ». Il disposait aussi d'un « génie » pour diagnostiquer et traiter les blessures si bien qu'outre les footballeurs, il prenait en charge d'autres sportifs ou des danseurs. Il refusa tout de même de s'occuper d'un lévrier qu'une connaissance lui avait apporté... C'est lui également qui lança le « boot room » avec Joe Fagan, qui put s'honorer de la visite d'Elton John alors président de Watford...Le boot room fut détruit lors de la rénovation d'Anfield en 1993 et fut remplacé par une salle de presse. Un peu de la « Liverpool Way » disparut à cette occasion... La carrière de Bob Paisley comme manager aurait pu cependant être très courte. Comme cela a été souvent dit, Bob Paisley accepta, avec une certaine réticence, de prendre la suite de Bill Shankly, certains joueurs anticipant d'ailleurs un règne de transition. Les premiers mois furent particulièrement difficiles. La presse le fâcha avec Shankly, qui ne vint plus aux entraînements à Melwood, en raison d'un article erroné, sous-tendant qu'il était déjà « aux commandes » quand il était assistant. La disparition de l'ombre de Shankly (les joueurs continuaient à l'appeler « Boss » quand il se rendait aux entraînements) a pu toutefois être bénéfique à moyen terme pour Paisley... Surtout, après quelques mois après sa prise de poste, il présenta sa démission au secrétaire du club Peter Robinson : Il avait du mal avec la presse et les fonctions administratives, qui finalement relevèrent de Tom Saunders. Il revint donc sur sa décision, au bonheur de tous les supporters de Liverpool, et signa son premier contrat pour le club en 1975 d'un montant de 105 000 £ sur sept ans (soit moins que certains salaires hebdomadaires actuels..). Bob Paisley travailla « à la confiance » de 1954 à 1975 : Autre temps, autres mœurs que l'on peut évidemment regretter... Au fil du temps, il sut pourtant amadouer la presse et s’en servir. Il réussit ainsi, en le mettant en valeur quelques semaines avant une rencontre en coupe d'europe, à déstabiliser le joueur-phare de l’Aberdeen d’Alex Ferguson Gordon Strachan. Ferguson reconnut d'ailleurs qu’Aberdeen fut totalement dépassé par le jeu en mouvement de Liverpool… Après une année blanche, les titres commencèrent à s'accumuler avec un premier titre de champion en 1976 et une première coupe d'europe des clubs champions en 1977. Ratant le triplé à cause de la finale perdue de la Cup contre Manchester United, Bob Paisley reconnaîtra l'erreur tactique de ne pas avoir fait jouer Ian Callaghan comme 4ème milieu pour privilégier un système à trois attaquants, qui convenait moins bien à Liverpool, afin d'emporter la décision et d'éviter d'avoir à rejouer une éventuelle finale en juin... Heureusement, cette défaite fut vite surmontée dans le train du retour avec une bataille de « sucre » et permit même de remotiver les joueurs pour la finale de C1 à Rome, où Kevin Keegan, pour son dernier match pour Liverpool, fut si virevoltant que Berti Vogts, chargé de le marquer, lui offrit un verre après la rencontre... Paisley fut le premier manager à perdre un grand joueur (Kevin Keegan) pour l'étranger. Comme il le résume alors, « Je ne veux pas l'argent. Je veux une équipe !!! ». La connexion écossaise avec Dalglish, Alan Hansen (qui a représenté son pays dans 4 sports : football, volley, golf et squash...) et Souness permit de facilement surmonter cette perte et de rebâtir une équipe qui fut sûrement la meilleure de l'histoire de Liverpool lors de la saison 1978-79 avec 68 points sur 84, 85 buts marqués et 16 encaissés, 30 victoires (dont 19 à la maison et 2 nuls), 8 nuls et 4 défaites... La seule contrariété fut l'élimination au 1er tour de la C1 contre le Forest de Clough, dont la prestation marqua Paisley, qui paria alors (avec succès) sur eux pour la victoire finale...Nottingham Forest fut un peu la « bête noire », à l'époque, de Paisley même si Liverpool stoppa leur série d'invincibilité de 42 matchs en championnat (que le Liverpool de Klopp a dépassé cette saison...). Outre ses « stars », Paisley sut s'appuyer sur un groupe de joueurs dont l'influence ne doit pas être mésestimée comme Ian Callaghan, Terry Mc Dermott, Emlyn Hugues ou Ray Kennedy. D'ailleurs, en sept ans, cinq joueurs de Liverpool furent élus joueurs de l'année : Callaghan (74), Keegan (76), Hugues (77), Dalglish (78) et Mc Dermott (80)... On faillit même assister au retour de Keegan au club. John Smith et Peter Robinson se sont, en effet, rendus à Hambourg pour persuader Keegan de revenir lui proposant même un rôle de joueur-entraîneur qui pourrait un jour succéder à Paisley...Comme le faisait remarquer ironiquement Bob Paisley à propose d'une possible épitaphe : « Bob Paisley a été un manager qui a connu le succès mais il est probablement le plus infortuné de tous car il n'a jamais eu Keegan et Dalglish dans la même équipe de LFC... ». Même s'il ne connut plus de succès en Europe après 1981 avec des éliminations en quart contre Sofia puis Lodz à cause d'une erreur de Groobelaar (il l'avait pourtant averti, à son arrivée, au regard de ses « facéties » : « Si tu n'as rien à faire dans le match, tu seras quand même payé »...), Liverpool reprit sa domination en championnat interrompue en 1981 par Aston Villa. Après avoir annoncé à l'été que la saison 82/83 serait sa dernière et qu'il serait remplacé par Joe Fagan, Liverpool fut facilement champion avec 82 points, soit onze points d'avance sur son dauphin Watford et en n'ayant pris que deux points sur les sept derniers matchs... Un dîner de gala et d'adieu eut lieu en novembre 1983 et permit de réunir notamment Matt Busby, Howard Kendall et Joe Fagan. Il entraîna ensuite un mois en Indonésie et eut quelques ouvertures avec des sélections (dont l'Irlande) mais malheureusement la maladie d'alzheimer se manifesta assez tôt. Il fut même « piégé » par un journaliste à sensation disant du mal du club... Il managea enfin une équipe des jeunes de moins 21 ans de Liverpool, affrontant leurs homologues de la Juventus en septembre 1989, quatre ans après le Heysel. Son état de santé se dégradant, il démissionna de son poste de directeur le 7 février 1992 et décéda le 14 février 1996 à 77 ans. Les joueurs de LFC et Bobby Charlton assistèrent à son enterrement. Comme le résume son capitaine Graeme Souness, « c'est quelqu'un dont on se souviendra tant que LFC existera ». Il serait toutefois intéressant de savoir si Bob Paisley, l'homme modeste à l'image un peu « vieillote », qui n'aimait pas se mettre en avant et n'était pas spécialement à l'aise dans les médias, aurait pu trouver sa place dans le football-business de la Premier League, où le « paraître » prend souvent le pas sur d'autres considérations...
  2. Coup de chapeau à Red All Over the Land (RAOTL), le dernier fanzine consacré à Liverpool, qui sort un numéro malgré l’arrêt des matchs, principales sources de vente, pour ses abonnés et pour la banque alimentaire, à qui est reversée une large majorité des bénéfices effectués… Paradoxalement, l'absence de matchs permet de prendre de la hauteur par rapport au récit d'une actualité quotidienne (commentaires des derniers matchs ou récit de déplacements). On retrouve notamment dans ce numéro : Une présentation de Peter Carney, un « scouser pur jus », qui organise, avec le « Believerpool Bus », des tours de deux heures autour du LFC les jours de match ; La chronique habituelle des membres de la branche new-yorkaise de LFC, où Carra avait prévu une visite pour la St-Patrick annulée à cause de la crise sanitaire... Une course « virtuelle » de 5 miles s'est tenue le 16 mai pour les 96 en lieu et place de la traditionnelle édition dans le Stanley Park ; Un contributeur passe en revue sa collection de vingt-huit années de fanzines avec The Kop, The End, Through the wind and the Rain, Our days are numbered, Well Red ou Another Vintage Liverpool performance et bien évidemment « The Liverpool Way » ou RAOTL ; Un superbe article sur Ronnie Moran, qui servit le club pendant 49 ans. En tant que joueur, il fut arrière gauche et capitaine à l'arrivée de Shankly et joua son dernier match contre l'Inter à San Siro en 1965. Ses « punchlines » sont restées célèbres comme « Je ne sais pas pourquoi tu es si content. Tu aurais pu en marquer deux de plus » au jeune Fowler auteur d'un quintuplé contre Fulham...Vivement la lecture de son autobiographie « Mr Liverpool » !!! De bons articles également sur Markus Babbel et Pepe Reina. Pour ceux qui veulent s'abonner https://redallovertheland.com/subscribe/ : La version numérique est à 8 livres la saison...
  3. PL Legends Jamie Carragher Disette footballistique oblige, même les produits "calibrés et commerciaux" de la premier league méritent un coup d'oeil... Cette courte pastille, d'une vingtaine de minutes, si elle ne développe pas forcément le sens critique, permet de se replonger dans les images d'époque et de revoir, avec quelques années de plus, Stevie G, Owen, Hyppia, Danny Murphy, Heskey et Phil Thompson en tant qu'adjoint d'Houllier. On apprend notamment que : - le derby de la Mersey est le match le plus important pour Carra, fan d'Everton devenu supporter des Reds. Comme le rappelle Thommo, l'histoire de la ville de Liverpool justifie d'avoir du respect pour les deux clubs; - Carra reçut un carton jaune 20 secondes après sa première titularisation pour un tacle appuyé. Pour Ronnie Moran, ce fut une bonne chose permettant au "rookie" de décompresser... - Ronnie Moran était justement le "bad cop" de Roy Evans manager; - Il juge au départ que le "joint management" Evans-Houllier était une bonne chose avant de reconnaître qu'il ne pouvait fonctionner à moyen terme; - Comme Thommo le reconnaît, Houllier souhaitait que ses équipes soient fortes défensivement et s'appuient sur un jeu direct avec Emile Heskey comme pivot; - Lors de la saison du Treble, Emile Heskey était "injouable" pour Michael Owen (j'aurai plutôt dit l'inverse...) - Carra ressentait que Liverpool était favori pour la finale de LDC de 2007 - Il juge injuste l'éviction de Dalglish même s'il reconnait la difficulté à lutter avec MU, Chelsea et Arsenal. Distrayant mais il aurait été intéressant de creuser certains sujets comme les deux dernières années d'Houllier, la gouvernance Hicks-Gillett ou un éventuel regret de ne pas avoir participé à la course au titre de 2013-14 (un "taulier" en défense aurait pu glaner les quelques points qui ont manqué au final...).
  4. L'autobiographie de Ronnie Whelan « Walk on – My life in red » permet de se replonger dans une période-charnière pour le Liverpool Football Club, qui descendit de son piédestal des années 70-80 pour entrer dans une ère de la premier league beaucoup moins glorieuse... Le dernier des 493 matchs joués par Ronnie Whelan pour Liverpool (qui lui permirent de remporter six titres, 4 places de dauphin, 1 coupe d'europe des clubs champions à Rome, 2 FA Cup et 3 coupes de la ligue) fut d'ailleurs aussi le dernier match du « Kop » contre Norwich... Ronnie Whelan entra également dans l'histoire du club en marquant au moins un but pendant 14 saisons successives (seul le légendaire Billy Liddell fit mieux en 15 saisons...). Comme beaucoup de biographies d'anciens joueurs de LFC, la préface est assurée par Kenny Dalglish (dont on apprend le surnom « Super »), qui rappelle notamment qu'il fit de Whelan son capitaine au début de la saison 1988/89 Prenant la suite de son père, prénommé également Ronnie, qui avait été deux fois international pour l'équipe d'Irlande, Ronnie Whelan fit des essais à MU, Everton ou le Celtic avant de rejoindre Liverpool. Il fut accueilli, lors de ses premiers entraînements, où il avait eu la maladresse de lui envoyer un ballon en pleine tête, par le toujours chaleureux Tommy Smith « « Je te casserai ton p*** de dos si tu refais ça !!! »... Il eut la chance de marquer dès sa première titularisation contre Stoke et fit rapidement sa place au sein de l'équipe première. Il fut, à ce titre, impressionné par la capacité de son manager Bob Paisley à lire le jeu et identifier les faiblesses de ses adversaires ainsi qu'à repérer et recruter les joueurs capables d'entrer dans le « moule LFC ». En revanche, Bob Paisley n'était pas un grand communicant. Lors des réunions du vendredi matin à Melwood devant une tasse de thé, le discours de Paisley se résumait souvent à « Même équipe, mêmes remplaçants, on y va !! ». Sa carrière fut évidemment marquée par les grandes tragédies du Heysel et d'Hillsborough. Pour le match contre la Juve, il voit dans les yeux de l'arbitre la peur d'accorder un pénalty, qui aurait conduit à une prolongation suite au pénalty injustement accordé aux italiens et transformé par Platini. Il reconnaît s'être conduit en « footballeur égoïste » et d'avoir pleuré après ce match « volé », le privant d'une nouvelle C1. Le Heysel marquera d'ailleurs la fin de sa carrière européenne avec l'exclusion de Liverpool des compétitions européennes. Concernant Hillsborough, il se souvint de s'être senti totalement isolé dans les vestiaires puis de la visite des hôpitaux, ponctuée parfois de petites joies avec le réveil d'un malade qui était salué par les joueurs. Il fut particulièrement affecté par la disparition d'un homonyme Ian Whelan, âgé seulement de 19 ans, relaté dans le journal local. Ce tragique événement l'aida aussi à mieux comprendre la détresse des familles touchées par le Heysel. La perte du championnat cette saison, avec le final dramatique contre Arsenal, est dû, selon lui, à l'accumulation des matchs et à la décision du diffuseur TV de faire jouer le match vendredi et non le dimanche... Le public d'Anfield savait toutefois que son équipe avait tout donné lors des huit derniers matchs et l'a justement acclamée ainsi que les gunners...Pour le vestiaire de Liverpool, l'important était que cette saison maudite se termine... Pour lui, sans le Heysel et Hillsborough, Dalglish serait devenu un très grand manager dans l'histoire du club car il savait, à l'instar de Paisley, comment construire ou rebâtir des équipes. A ce titre, il place l'équipe de 87/88 devant celle de 83/84 de Fagan mais derrière celle de 78/79 (que l'équipe 2019/20 risque d'ailleurs avoir du mal à détrôner en raison de la crise sanitaire...). La démission de Dalglish fut l'occasion d'une blague du staff ; Ronnie Moran et Roy Evans annonçant qu'Alan Hansen prenait la suite et instaurait un nouveau régime reposant sur plus d'entraînement, de vidéo, de diététique et la fin de la culture de la boisson... C'est finalement le programme qu'allait mettre en œuvre Graeme Souness lors de sa prise de fonctions. Si Ronnie Whelan juge que Souness est le meilleur joueur de l'histoire du club en raison notamment de son « leadership », son bilan en tant que manager est beaucoup plus contrasté... Il est sûr que Souness a cherché à rapidement se débarrasser des anciens comme Beardsley, Mc Mahon, Stauton ou Ablett (qui ont eu d'ailleurs de belles années dans leurs clubs respectifs) et a accusé ceux qui restaient de ne plus avoir la passion du club et de se consacrer essentiellement à la préparation de leurs jubilés... Outre les difficultés dans l'appréciation des joueurs, le management de l'écossais au quotidien prête le flanc aux critiques. Il a ainsi dépossédé Whelan de son numéro historique (le 5) pour l'attribuer à Mark Wright. Il le rappelle également une fois pour ne pas le faire jouer ni même figurer sur le banc (le même mésaventure est arrivée à Groobbelaar, revenu lui d'Angola...). Whelan reconnaît que Souness n'a pas eu de chance avec les blessures et qu'il a apporté des changements salutaires en termes de diététique ou de modernisation du traitement médical... La fin de son histoire avec Liverpool (sous Evans) fut assez abrupte, le club retirant sa proposition de prolongation de contrat d'une année. Témoignant des mœurs parfois brutales du monde du football (il eut assez peu de vrais amis dans le monde du foot, à part Ian Rush, dont il fut le garçon d'honneur), 15 ans de sa vie ont été rayés en 15 secondes... Il continua donc sa carrière à Souhtend United comme joueur et manager (où il ne trouva plus le soutien dans la vie quotidienne qu'apportait un grand club comme Liverpool) puis aura, pendant quelques années, des expériences de manager en Grèce à Panionios (qu'il emmènera jusqu'en quart de finale de coupe d'Europe contre la Lazio) puis à Chypre avant de revenir à Liverpool pour devenir occasionnellement consultant pour la télé irlandaise. L'intérêt de cette autobiographie résulte également dans différents chapitres abordés dans la seconde partie du livre, où sont traités des sujets parfois « tabous » chez les footballeurs : les blessures : Il constate que son corps se fatigue au fil de sa carrière, jouant ainsi en moyenne 46 matchs dans ses neuf premières saisons et 17 lors des quatre dernières...Il est vrai que, pendant longtemps, les soins étaient assurés par Ronnie Moran ou Roy Evans, qui n'avaient pas de qualification particulière en la matière...On apprend aussi que le club travaillait en liaison avec une gynécologue afin de veiller à ce que l'accouchement des femmes de joueurs puisse être, dans la mesure du possible, compatible avec le calendrier des matchs... la violence sur le terrain avec une culture du tacle « 50/50 » permettant de régler quelques comptes...Ronnie Whelan se mettait d'ailleurs d'accord avec Steve Mac Mahon, suivant les avertissements déjà reçus, pour faire justice... les salaires : Revendiquant son appartenance à la « working class », Ronnie Whelan commença à 300 livres par semaine pour finir à 6.500, ce qui semble un « pourboire » par rapport aux émoluments actuels...Un bonus existait également lié à la fréquentation du stade. En raison de la situation économique désastreuse au début des années 80, les fans étaient obligés de choisir leurs matchs avec une affluence passant de 44.500 en 78/79 à 35.000 en 81/82. L'équipe, championne d'angleterre ou d'Europe, n'arrivait donc pas toujours à remplir son stade ; le bilan de sa carrière, certains jugeant que son statut de grand espoir, intégrant rapidement la grande équipe de Liverpool, n'a pas été pleinement confirmée tandis que d'autres jugent son apport sous-estimé. Whelan pense que son caractère introverti n'a pas joué en sa faveur. Par ailleurs, sa carrière internationale, avec 53 sélections sur 120 possibles, reste en demi-teinte, ses apparitions dépendant souvent des blessures des titulaires. Il eut quand même le plaisir de figurer à l'Euro 88 lors de la fameuse victoire contre les voisins anglais grâce à un but de Ray Hougton et sa formidable reprise de volée contre l'URSS... La Liverpool Way : Elle repose, selon lui, sur le style de jeu « le pass and move » mais surtout sur une culture « terre à terre » proscrivant l'arrogance ainsi que le lien entre les joueurs et les supporters qui paient leurs salaires. De manière générale, il constate que la culture footballistique s'étiole avec un environnement aseptisé (de rudes engueulades avaient lieu dans le vestiaire parfois même entre le capitaine (Thommo) et le manager (Paisley)), une attitude désinvolte face à la défaite et la fin de la tradition du passage de relais entre les anciens et les jeunes joueurs... En guise de conclusion, sa génération fut celle de la dernière « vieille garde », qui a raté la ruée vers l'or de la marchandisation du football. Pour lui, une génération de fans ne semble pas savoir que le football existait avant la Premier League : « Nous n'avons pas l'argent pour le prouver mais certains d'entre nous ont été assez chanceux d'avoir des médailles pour le faire »
  5. Une petite pensée pour Michael Robinson, qui a appartenu à la grande équipe de Joe Fagan de 1983-84 et qui est décédé d'un cancer cette semaine à 61 ans. Il restera, dans mon souvenir, associé à ce poster, vraisemblablement tiré de Onze dans ma chambre d'adolescent, de la photo d'équipe de début de saison, où il côtoyait, à l'instar d'autres « inconnus » (pour moi) comme David Hodgson, les célèbres Dalglish, Souness ou Rush... Le portrait qu'en faisait Simon Hughes dans « Red Machine » montrait son éclectisme puisqu'il était devenu un des commentateurs sportifs les plus populaires d'Espagne avec son propre show sur l'antenne du canal + espagnol ainsi que son caractère sociable et sympathique (il fut celui qui consacra le plus de temps à Simon Hugues parmi la dizaine de joueurs interviewés) et ses sympathies pour le Labour (pas celui de Tony Blair...). Sa période sous le maillot rouge (13 buts en 52 apparitions) ne fut pas un franc succès. Quand il marqua trois buts à West Ham, toute l'équipe signa, pour lui, un ballon. King Kenny nota « Je n'y croyais pas... ». Son père fut également joueur professionnel à Brighton et Aston Villa. Il emmena son fils, pour la première fois à Anfield à six ans, et l'initia donc au « culte ». Ses talents de jeune footballeur irlandais furent reconnus par Bobby Charlon, alors manager de Preston, qui lança sa carrière. Il devint à 19 ans le jeune joueur le plus cher de l'époque avec un transfert de 750.000 £ à Manchester City, multipliant d'ailleurs par 10 son salaire hebdomadaire. L'expérience ne fut pas très concluante justifiant un transfert à Brighton, où il retrouva Mark Lawrenson, qu'il avait déjà croisé à Preston sans nouer toutefois d'affinités particulières. Il fut managé notamment à Brighton par Jimmy Melia, un ancien milieu de Liverpool sous Shankly. Comme le manager et les autres joueurs, un bonus était conditionné à l'affluence au stade, incitant à un jeu attractif et offensif... Il fut ensuite recruté par Liverpool, ce qui nécessita d'aménager la grille salariale du club au regard du niveau de rémunération perçu dans son ancien club...Quand il demanda des consignes de jeu à Joe Fagan, celui-ci lui répondit simplement « Ici, nous jouons avec11 footballeurs. Assure-toi seulement que nous ne serons pas désavantagés avec toi... ». Il fut grand ami avec Graeme Souness, comme l'a rappelé, avec émotion, l'écossais cette semaine. C'est, pour lui, le meilleur footballeur avec lequel il a joué même s'il pouvait sembler assez lent. Comme disait Paisley à propos de Souness et Dalglish, « ils jouent les cinq premiers yards dans leur tête ». Malgré le fait d'être supporter de Liverpool et d'un contrat de trois ans, que Fagan souhaitait prolonger, Robinson ne fut jamais vraiment à l'aise pendant ces dix-huit mois sous le maillot rouge. Il rentra toutefois dans les prolongations de la finale de C1 à Rome pour contribuer à la 4ème victoire des Reds dans cette compétition. Il partit ensuite pour Osasuna et s'acclimata si bien à la vie espagnole, qu'il se demanda si sa mère n'avait pas « fauté » avec un ibérique...Pas intéressé par le management (malgré une approche du président de l'Atletico Madrid Jesus Gil), il s'orienta donc, avec grand succès, vers la carrière de commentateur sportif. Son dernier match commenté fut d'ailleurs le retour à Anfield face à l'Atletico Madrid en mars. YNWA Michael Robinson
  6. 1er mai 2019 : J'effectue un déplacement express à Barcelone, arrivant en fin d'après-midi dans la cité catalane pour assister à la lourde et excessive défaite des Reds, qui sera ressassée toute la nuit en attendant le premier vol du matin pour Paris... S'en suivent, pendant un mois, quelques « bas » (le but de Kompany contre Leicester le 6 mai hypothéquant les espoirs d'un titre qui seront définitivement déçus le 12 mai) et surtout des « hauts » (la victoire à l'arraché à Newcastle le 4 mai pour garder la foi dans le titre pour deux jours et bien évidemment le retour extraordinaire le 7 mai contre Barcelone puis la finale à Madrid de la ligue des champions). L'été fut plus morose avec la crainte d'une occasion unique « gâchée » face à un Manchester City, champion d'angleterre qui se renforce encore et semble indéboulonnable tandis qu'un certain nombre de joueurs-clés de Liverpool, sans nouvelle recrue, semblent revenir fatigués des compétitions internationales sur les continents sud-américain et africain... Et pourtant, un semestre de rêve se déroula où Liverpool enchaîna un nombre incroyable de victoires en championnat, dépassant d'ailleurs le nombre de victoires en une saison des invincibles d'Arsenal dès la 29ème journée...Cet exceptionnel parcours était agrémenté de quelques « hochets » comme la super-coupe d'Europe à Istanbul ou le championnat du monde des clubs à Doha... Même les plus pessimistes, dont je fais traditionnellement partie, ne voyaient pas comment ce 19ème titre tant désiré pouvait échapper aux Mighty Reds, trouvant même que la compétition manquait désormais d'un peu de piment, regrettant presque le suspens des dernières journées connu lors de la saison 2013/14... Il y eut évidemment une petite 'baisse de pression' à la fin février avec la fin à Watford de l'invincibilité, connue en championnat depuis plus d'une année, avec une lourde défaite (encore 3-0...) et une élimination en Coupe d'Angleterre (qui n'était clairement pas, comme la coupe de la ligue, une priorité de J. Klopp) et plus embêtante, pour le tenant du titre, en ligue des champions contre l'Atletico...Liverpool conservait toutefois 25 points d'avance sur son poursuivant direct à dix journées de la fin, marge plus qu'appréciable pour aller conquérir l'objectif principal de la saison que constituait le titre de champion d'angleterre après trente ans d'attente... Et, pourtant, tout cela paraît désormais bien anecdotique le 1er mai 2020... On a beau, pendant 18 mois, été « habité » par cette quête d'un titre qui se rapprochait de jour en jour des rives de la Mersey (pas celles des Toffees...), rabâché l'aphorisme de Shankly selon lequel le football est plus important que la vie ou la mort, les dernières semaines, marquées par une crise sanitaire non-anticipée, et des crises économiques et sociales qui s'annoncent, ont balayé beaucoup de certitudes « footballistiques »... Paradoxalement, bien que victime de l'aveuglement commun face à la montée en puissance de la pandémie, le football me fournit les premiers signaux d'alerte avec les matchs joués à huis-clos en Italie puis en ligue des champions ainsi que les célébrations « mesurées » des supporters de l'Atlanta Bergame et les appels à la prudence au regard de celles « démonstratives » des supporters du PSG... Dans ces conditions, on peut même se demander comment le match retour à Anfield (et peut-être même le match aller à Madrid ?) a pu se jouer dans un stade plein alors que les indices d'une propagation du virus se confirmaient de jour en jour... Quel avenir attend un supporter d'une équipe de football, et plus particulièrement du Liverpool Football Club, dans les prochains mois ? La perspective de voir du football dans un stade s'éloigne progressivement avec l'annonce de l'arrêt de la saison 2019-20 de différents championnats européens et les difficultés inévitables liées à la reprise des activités sociales, conduisant vraisemblablement au choix de jouer les matchs à huis-clos dans un certain nombre de pays jusqu'à la fin de l'année. Personnellement, ce sera la première fois en 20 ans que je n'assisterai pas à un match de Liverpool à Anfield durant la saison...J'avais porté mon choix initialement sur le match contre Bournemouth, qui restera vraisemblablement le dernier match joué à Anfield en championnat cette saison, pour finalement me reporter sur le match contre Burnley fin avril... La facilité pour voyager et soutenir son équipe dans les « aways » va-t-elle être impactée par les soubresauts inévitables que va connaître le secteur aérien et la vraisemblable augmentation du coût du transport aérien ? Cela pourra être aussi l'occasion de remettre à plat l'organisation des compétitions internationales afin de restreindre le volume et la longueur des déplacements pour les footballeurs et leurs supporters...Par exemple, à cause de Liverpool, mon bilan carbone est particulièrement discutable avec des déplacements à Londres pour le Charity Shield,, à Doha pour la coupe du monde des clubs et Madrid pour la ligue des champions... Est-ce que l'économie du football va être chamboulée et revenir à des bases plus saines en termes de montant des transferts et de rémunération des footballeurs, qui paraîtront d'autant plus déconnectés dans une période de difficultés économiques ? L'actuelle crise sanitaire actuelle met, par nature, à mal la billetterie pour quelques mois mais on sait que le « nerf de la guerre » est constitué, en Angleterre, des droits télés, qui peuvent toutefois être préservés même si les matchs se jouent à huis-clos (d'où l'empressement des clubs et de la fédération à vouloir terminer « coûte que coûte » cette saison en angleterre...). Le merchandising devrait aussi souffrir un peu des restrictions des déplacements internationaux, amenant traditionnellement, pour chaque match à domicile, sa cargaison de « supporters-consommateurs »... Face à la baisse des recettes, les postes de dépenses, concentrés sur la masse salariale, sauront-ils s'adapter ? On peut en douter devant le peu d'empressement des joueurs du championnat anglais à accepter une « modération » salariale et l'arrivée d'un nouveau concurrent pour la coupe de l'arabie (avec le PSG et Manchester City) à Newcastle... D'ores et déjà, le club a choisi de reporter certains investissements comme le nouvel agrandissement prévu pour Anfield sans parler, de l'épisode peu glorieux de vouloir faire payer, par la solidarité nationale, le chômage partiel des salariés du club... Sur le plan sportif, cette crise sanitaire risque de correspondre avec le summum de forme de la machine de guerre bâtie par Jürgen Klopp depuis 2016...Le cycle de vie d'une grande équipe étant traditionnellement de trois voire quatre ans, il est à craindre que l'empreinte laissée par cette équipe extraordinaire, pouvant rivaliser avec ses devancières de 1978-79 et 1987-88, soit ternie par le bouleversement des calendriers et de les conditions d'organisation d'un match de football dans les prochains mois... C'est déjà le cas pour ce titre aussi désiré qu'attendu...Au mieux, il sera fêté à « huis-clos », agrémenté sûrement de quelques polémiques « sanitaires », comme celle déjà lancée par le maire de Liverpool, peut-être sur « tapis vert » (qu'une avance de 25 points permet toutefois de pleinement légitimer...) voire pas du tout si les conditions d'organisation ne permettent pas de répondre au respect indispensable de la santé des joueurs et qu'une majorité de clubs se prononce pour une « saison blanche »...Le parcours exceptionnel de Liverpool cette saison en championnat méritait un autre destin...
  7. Documentaire Arsenal 89 Même si la fin de l'histoire est malheureusement connue, le documentaire consacré à la « finale » du championnat d'angleterre entre Liverpool et Arsenal le 26 mai 1989 se révèle passionnant pour tout amoureux du football anglais. Il permet de se replonger dans l'ambiance « ante Premier League », où le stade d'Arsenal s'appelle Highbury et non l'Emirates Stadium, où les joueurs ont la tête de Monsieur « Tout le monde » sans tatouages, ni coiffures délirantes (trente ans après, ils n'ont majoritairement pas trop changé à part Paul Merson, qui a pris quelques kilos...) avec toutefois des shorts « courts » pas forcément très seyants...La célébration de Michael Thomas sur le deuxième but d'Arsenal, donnant le titre à son équipe à 20 secondes de la fin du match, reste d'ailleurs « mesurée » en comparaison de ce qu'on peut désormais connaître dans le football « moderne »... Le documentaire se situe également à une époque, où Liverpool est l'équipe à battre en Angleterre, où espérer venir chercher le titre dans son antre par deux buts d'écart relève de l'authentique exploit. Liverpool et son public font peur (les joueurs d'Arsenal, contrairement à leurs habitudes, arriveront d'ailleurs le jour du match et non la veille). Nigel Winterburn rend ainsi hommage aux Reds lorsqu'il est interrogé pour savoir pourquoi Barnes continue à dribbler à la dernière minute au lieu d'aller s'enfermer vers le poteau de corner pour gagner du temps (ce qui permettra, sur la relance, à M. Thomas de marquer son fameux but...) : « C'est dans son ADN. Liverpool est un club basé sur les passes et les buts ». Le documentaire recèle également différents moments d'émotion comme les larmes d'Ian Wright à l'évocation de David Rocastle, décédé d'un cancer à 34 ans, ou évidemment de la catastrophe d'Hillsborough : Les joueurs d'Arsenal déposeront chacun un bouquet de fleurs le jour du match à Anfield. Le documentaire est d'ailleurs dédicacé aux 96 et à David Rocastle. Il est également plaisant d'entendre les espérances et la joie des supporters d'Arsenal, dont certains se demandaient s'ils auront encore la chance de voir leur équipe remporter le titre de leur vivant (Arsenal n'avait pas remporté le championnat depuis son doublé de 1971 soit dix-huit ans d'attente et non trente...). Toute similitude avec d'autres supporters « en rouge intégral » serait fortuite... Sur le plan sportif, le titre remporté par Arsenal n'apparaît pas immérité au final. Les Gunners avaient compté jusqu'à 19 points d'avance avant d'enchaîner les contre-performances notamment à domicile lors de leurs derniers matchs (1 nul et 1 défaite). Durant le match, la tactique « attentiste » de Georges Graham a plutôt bien fonctionné, Arsenal se procurant les meilleures occasions face à des joueurs de Liverpool assez nerveux, comme le montrèrent leur contestation sur le premier but encaissé. De l'époque, j'avais plutôt le souvenir d'un « hold-up » à la dernière minute alors que la domination d'Arsenal sur ce match et même l'ensemble de la saison s'avère assez légitime. Il ne me semble pas, non plus, que la déception ait été trop grande sur les bords de la Mersey. Il est vrai que c'était encore une époque où Liverpool remportait le titre une année sur deux....
  8. Documentaire Class of 92 Âmes sensibles s'abtenir : En cinq minutes, après une introduction sur la finale de 1999, le spectateur est confronté successivement aux « bobines » des frères Neville, de Butt, Scholes, Giggs et Beckham puis de « Sir Alex » (ainsi que plus tard celles de Zidane, Cantona et même du premier ministre anglais de l'époque Tony Blair...). Ce documentaire, un peu convenu sur l'histoire des « Fergie Boys », démarrant dans les équipes de jeunes de Manchester pour aller conquérir le « Treble » Championnat-Coupe-C1 en 1999, présente toutefois quelques passages intéressants même pour un supporter de Liverpool... A son arrivée, Ferguson trouve un système de formation et de « scouting » en totale déshérence : Il n'y avait que 2 scouts à Manchester United contre 17 à Aberdeen son précédent club. Le documentaire débute sur une réunion des anciens « jeunes joueurs » de cette classe 92. Comme le remarque leur entraîneur de l'époque, ce ne sont pas forcément les plus doués qui ont percé mais les plus impliqués, prêts à sacrifier leur jeunesse pour devenir professionnel, quitte à se faire « bizuter » en première année par les plus anciens (la « class of 92 » aurait fait cesser cette « tradition »)... Il ne faut pas attendre le quart d'heure pour que l'ennemi juré soit évoqué. Paradoxalement, même si le match contre Liverpool constitue forcément le « big match » de la saison, les poins communs entre les deux villes sont relevées. Pour les joueurs, l'esprit de « vainqueur » de la saison 1999 aurait d'ailleurs été forgé avec le come-back en FA Cup contre Liverpool, où, menés tôt dans le match suite à un but d'Owen (qui jouait alors à Liverpool...), les « Red Devils » avaient réussi à se qualifier dans les dernières minutes, à l'instar des deux buts qu'ils inscriront contre le Bayern en finale de la C1. Dans la génèse de cette « Class of 92 », le documentaire revient sur la fameuse sentence d'Alan Hansen « On ne gagne jamais rien avec des jeunes », suite à un début de saison un peu poussif. Les joueurs sont finalement assez d'accord avec ce constat mais rappellent qu'ils pouvaient s'appuyer sur quelques cadres expérimentés (Roy Keane, Schmeichel). La fin du documentaire rappelle enfin que cette saison 1998-1999 a été loin d'une « partie de plaisir » pour United, qui a été à « couteaux tirés » avec Arsenal en championnat (une victoire était impérative pour le dernier match contre les Spurs) et en coupe (avec cette fameuse demi-finale avec le pénalty raté de Bergkamp et le but exceptionnel de Giggs) et en coupe d'Europe, où il fallut batailler pendant tout le long du parcours entre un « groupe de la mort » avec le Bayern et Barcelone, où ils finissent 2èmes meilleurs deuxièmes, puis un ¼ de finale contre l'Inter de Ronaldo et une demie contre la Juve de Zidane avant de retrouver le Bayern pour un final triomphant... En complément ou plutôt en contraste, le numéro de So Foot de mars sur « LoL Trafford », apporte aussi un éclairage intéressant sur le parallélisme entre deux grands clubs de foot anglais gérés par des « sport-businessmen » américains (surtout les deux guignols H et G pour Liverpool même si FSG fait aussi parfois quelques fautes de goût (prix des places, récente polémique sur le chômage partiel..) : financement de l'acquisition du club par des dettes portées par ce dernier, prédominance du volet commercial sur l'angle sportif, direction du club confiée à un « comptable-auditeur » (Ed Woodward pour MU qui présentera le club à Klopp pour l'allécher comme un « Disneyland pour adultes »), choix d'entraîneurs confirmés en insistant sur la première syllabe (Van Gaal ou Mourinho pour MU, Roy Hodgson pour LFC)... Le drame finalement pour MU est que, contrairement à Liverpool, la machine commerciale est si développée qu'elle en devient imperméable à des résultats sportifs déclinants depuis le départ d'Alex Ferguson. Comme le résume John Paul O Neill, responsable du fanzine Red Issue, « Aujourd'hui, on voit des touristes partout, des perches à selfie, des écharpes avec des couleurs moitié City moitié United ». Au moins, nous serons deux à ne pas porter d'écharpes « mixte » LFC/MU !!!
  9. The Didi Man My love affair with Liverpool Agréable surprise qu'offre ce « Didi Man » s'éloignant des standards habituels des autobiographies de joueur (avec les passages obligés sur la famille ou leur jeunesse) pour se focaliser sur les années anglaises de Dietmar Hamann, le premier « Kaiser », et plus particulièrement son attrait pour la « scouse » culture. La préface n'est ainsi pas rédigée par une ex-légende du club (souvent le King Kenny...) mais par le comédien John Bishop, dont le lien originel avec Hamann remonte à la finale de 2005, qui l'a conduit à troquer sa carrière dans la finance (avec un rendez-vous important l'empêchant de se déplacer à Istanbul !!!) pour les planches... Dès son arrivée à Anfield, Dietmar Hamann détonne par son look. Ses coéquipiers se moqueront d'ailleurs de son costume, se demandant si Gérard Houllier n'aurait pas recruté un de ses collègues professeurs de géographie... Il reste d'ailleurs assez louangeur sur l'action du manager français, qui a, selon lui, contribué à rebâtir le club. Il lui reprochera toutefois son remplacement lors du ¼ de finale retour de la ligue des champions contre le Bayer Leverkusen, permettant aux allemands de revenir dans le match et de se qualifier pour une alléchante demi-finale contre Manchester United. Il décrit aussi avec une certaine sympathie l'adjoint de Gérard Houllier, Phil Thompson, qui, malgré de nombreux « coups de gueule », peut avoir certaines attentions pour les joueurs. Il prendra ainsi des médailles supplémentaires, lors de la victoire en coupe de la ligue, pour les jeunes joueurs qui avaient aidé Liverpool à passer les premiers tours. Il éprouve une grande admiration pour Rafael Benitez, disant à propos de l'entraîneur espagnol, qu'il n'a rencontré dans sa carrière qu'un seul « génie ». Il rencontrera Rafa notamment à la fin de sa carrière pour bénéficier de conseils sur le rôle de manager. On apprend ainsi que Rafa annonçait la composition de l'équipe une heure avant le match et que la programmation du contenu des séances d'entraînement était intangible sur plusieurs semaines quelque soient les résultats obtenus. Pour la finale à Istanbul, un film sur les finales disputées par Liverpool a été diffusé aux joueurs (d'où l'inspiration des « spaghetti legs »?) suivi de l'encouragement suivant « Ce soir, nous pouvons écrire l'histoire. Allons-y !!! ». Didi sera d'ailleurs surpris, lors de sa rentrée en seconde mi-temps, de retrouver sur le terrain Djimi Traoré, qu'il était censé remplacé (c'est finalement Finnan, blessé, qui sortit).... Il reconnaît toutefois que la gestion des joueurs par Benitez était assez dure et dépourvue d'émotions. Benitez lui annonce ainsi qu'il ne renouvellera pas son contrat au printemps 2005, ce qu'il fit finalement avec une prolongation d'un an + un an, après la finale d'Istanbul. Pour Hamman, les trop fortes attentes de Benitez envers les joueurs qu'il recrutait peuvent expliquer sa chute. Avec 60% d'échec, le turn-over était trop important pour assurer le succès sur le moyen terme. Ne souhaitant pas rester à Liverpool comme remplaçant, il refusa une offre de David Moyes pour rejoindre Everton pour des raisons de loyauté envers LFC. Indiquant dans l'ouvrage qu'il est aussi très ami avec Michael Owen, il aurait été intéressant qu'il livre son sentiment sur le transfert de ce dernier à Manchester United... Il signa un premier contrat à Bolton mais reçut quasi-simultanément une proposition du Manchester City de Mc Manaman et Fowler, qui avait ses préférences pour des raisons personnelles. Cette volte-face coûta quand même une indemnité de 400.000 £ au club mancunien qui n'avait pas encore été racheté par de riches propriétaires émiratis... A Manchester, il fit la connaissance de plusieurs personnages intéressants comme Ben Thatcher ou Stephen Ireland, pris plusieurs fois en flagrant-délit d'enterrements de grand-mère pour sécher les rassemblements... Il a particulièrement apprécié la standing ovation reçue pour son retour à Anfield même si la fin de l'aventure à City fut plus compliquée sous Mark Hugues, qui ne l'informe pas de son omission de la liste des joueurs éligibles en coupe d'Europe... Ayant côtoyé, durant sa carrière de joueur, des grands managers comme Beckenbauer, Trapattoni, Vogts, Eriksson ou Dalglish, qui le recrute à Newcastle, Didi souhaite se tourner progressivement vers le management. Il paraît toutefois y rencontrer moins de succès qu'en tant que joueur, ne faisant qu'une courte pige en 2011, après des expériences d'adjoint à Leicester ou au MK Dons, à Stockport avant un changement d'actionnaires... Un des éléments les plus intéressants de l'ouvrage reste cependant la passion de l'Allemand pour la vie anglaise et notamment le cricket... Didi est ainsi un habitué des pubs même si, du temps de Liverpool, il préférait les pubs fréquentés par des supporters d'Everton pour être tranquille.... Autre facteur, qui détonne pour un joueur professionnel, est l'addiction à la nicotine...Il demanda ainsi un cigare au chancelier allemand Schröder le soir de la finale de coupe du monde perdue contre le Brésil en 2002 à Yokohama....De même, il emprunta, après la finale à Istanbul, une cigarette à l'autre fumeur du club, le président David Moores, qui craignait cependant la réaction de son manager... C'est donc un Allemand particulièrement heureux (il ne parle toutefois jamais de ses collègues Babbel ou Ziege) qui décrit, le long de cet ouvrage, son parcours dans la perfide albion et notamment ses périples avec « l'attaché culturel de Bootle » Jamie Carragher...
  10. rafalabamba

    Trop facile ?

    C'est la saison dont tout supporter du Liverpool Football Club rêvait : Enfin, un entraîneur s'est décidé à appliquer les préceptes, que scande pourtant le grand philosophe du sport Mr Ventre depuis des années : « l faut gagner tous les matchs !!! » Qu'il vente, pleuve, voire fasse soleil sur la perfide albion, le résultat est le même : Le football est un jeu dont les hommes en rouge finissent vainqueurs...En cela, le match away contre Aston Villa restera emblématique pour moi de cette saison inoubliable : De ce jour qui s’annonçait-« sans », comme les grandes équipes peuvent en connaître deux à trois fois par saison, Liverpool, longtemps peu inspiré, réussit à égaliser face à ce promu combatif par Andy Robertson puis remporte la victoire, dans les derniers instants du match, grâce à Sadio Mané. De tels renversements de situation ou de basculement de rencontre se sont reproduits à foison cette saison et ont toujours tourné du bon côté même quand l'équipe fut bousculée, comme dernièrement au Molineux ou à Norwich ou, même à Anfield, contre Southampton, justifiant pleinement le surnom de « Mentally Monsters » donné par Paul Tomkins dans son dernier ouvrage. Cette machine à gagner inarrêtable conduit logiquement même les plus pessimistes (dont je fais traditionnellement partie...) à reprendre en choeur le refrain entonné, depuis quelques semaines dans le Kop, « we're gonna win the league !!! ». Pour un supporter, qui fut adolescent dans les années 80, à une époque où le seul moyen de s’informer était de consulter le journal local, une certaine routine s’était installée : Liverpool était sacré champion d'angleterre au moins une année sur deux.« Moi aussi, j'ai connu les temps difficiles : Nous avons fini une fois deuxième » disait d'ailleurs avec humour l’Oncle Bob. Et pourtant, une disette terrible s’installa ces trente dernières années, rendant la quête d'un dix-neuvième titre comparable à celle du Saint-Graal !!! Suite à la « descente de la perche » sous Souness, les équipes de Roy Evans, séduisantes offensivement mais avec des défenses catastrophiques, de Gérard Houllier et Rafael Benitez, plus équilibrées mais manquant toujours de un à deux « match winners », n'ont jamais pu rivaliser pour le titre face à l'implacable domination du Manchester United de Ferguson ou de l'Arsenal de Wenger puis de l'émergence d'un nouveau cador Chelsea, boosté par les finances d'Abramovitch et la maîtrise tactique de Mourinho... Liverpool toucha le fond au début de la décennie 2010 avec les mauvais propriétaires (deux cow-boys dont il serait trop d'honneur de rappeler le nom) et vraisemblablement son pire manager en cinquante ans en la personne de Roy Hodgson... Il y a moins de cinq ans Liverpool bataillait pour garder sa place dans le top six, renforcé par une autre « danseuse » venant cette fois du Moyen-Orient avec le Manchester City des émiratis et la résurgence des Spurs. La qualification pour la ligue des champions semblait un objectif quasiment inatteignable même avec le retour aux affaires temporaire du King Kenny. Quel contraste avec cette année où Liverpool est déjà qualifié, dès la mi-février, pour la prochaine édition de la ligue des champions… Il y eut évidemment une éclaircie miraculeuse lors de la saison 2013-2014 avec un Liverpool porté par un immense Luis Suarez, bien accompagné en attaque par Daniel Sturridge et l'émergence de deux talents prometteurs en la personne de Raheem Sterling ou Philippe Coutinho, sous la conduite de Brendan Rodgers. Profitant d’une saison atypique, où toutes les grosses équipes étaient en reconstruction, ce fut la première fois en 25 ans que Liverpool lutta réellement pour le titre et eut même la balle de match, avant la fameuse glissade de Stevie G…Que de souvenirs avec l'espoir grandissant au fil des mois avec les victoires à Stoke, contre Manchester City ou à Norwich avant la désillusion finale... Il fallut ensuite attendre l'arrivée de Jürgen Klopp pour bâtir une équipe montant progressivement en puissance, capable de réduire l'écart puis de rivaliser avec le City de Guardiola, tournant à près de 100 points sur les deux dernières saisons. Liverpool échoua ainsi à un point du titre l’année dernière que City se refusa malheureusement à lâcher après un parcours impressionnant des deux équipes dans la deuxième partie de saison… Au début de cette saison, les commentateurs pensaient que l’écart serait encore trop grand face à un City renforcé pour croire au titre mais les hommes de Klopp ont vite démontré le contraire… Ce bref panorama « historique » permet de rappeler l'immense attente que représente le n°19 pour tout supporter de Liverpool, dont une large majorité aurait d'ailleurs volontiers échangé la ligue des champions contre le titre de champion d'angleterre l'année dernière... Grâce au parcours hors-normes des Reds cette saison, la question du titre n'apparaît plus que comme une simple formalité en février avec désormais pour seul suspens la date du sacre en mars ou en avril et les différents records d'invincibilité à battre, dont celui des invincibles d'Arsenal et leurs 49 matchs consécutifs sans défaite en Premier league... Et pourtant, un léger regret semble poindre depuis quelques semaines : La conquête de ce titre tant désiré n'est-elle pas trop facile ? Même si je n'irai pas jusqu'à souhaiter une marge de deux-trois points à l'approche des deux-trois dernières journées (et notamment pour le dernier match à domicile contre Chelsea...), cette domination outrageuse me semble quelque part moins romantique pour la conquête d'un titre si attendu que la partie de « ping-pong » de 2014 où Arsenal, City puis Liverpool et finalement City eurent leurs chances ou de « bras de fer » de 2019 que les hommes de Guardiola remportèrent (ah si Vincent Kompany n'avait pas décroché sa frappe contre Leicester lors de l'avant-dernière journée)... Sur le plan strictement sportif, à l'instar de l'Arsenal d'Henry ou Viera ou du Bayern de Guardiola, il n'est pas forcément bon d'être « invincible » ou sacré trop tôt. Une ultra-domination en championnat n'est pas une garantie de succès dans les joutes européennes : Soit l'équipe consacre toute son énergie à des records finalement secondaires, soit l'équipe se démobilise et ne peut hausser son niveau de jeu dans les matchs à enjeu...La première quinzaine de mars permettra, à cet égard, de rapidement connaître les priorités de Klopp entre l'invincibilité en championnat et les coupes, qu'elles soient européennes ou nationales... Caprice d'enfant gâté ? Comme depuis un an et demie, je continue à avoir une « boule au ventre » les jours de match de championnat de Liverpool, préférant parfois les regarder en différé pour dissiper temporairement ma crainte d'un résultat négatif...Je serai évidemment le plus heureux des hommes quand les Reds seront champions mais quand même quelques matchs accrochés à Goodison ou à l'Ethiad ou un sprint final avec un peu de suspens auraient pu rajouter encore un peu de saveur à cette saison exceptionnelle !!!
  11. Two tribes - A city on the brink par Tony Evans Même si le titre de l'ouvrage pouvait laisser à penser à un historique de la longue rivalité des frères ennemis de la Mersey, Two tribes - A city on the brink de Tony Evans fait un focus sur la saison 1985-86 qui s'est terminée par une finale de Cup 100% Merseyside et un doublé des Reds. Cette saison permit d'ailleurs à Liverpool, sur un plan politique, social, et culturel de combattre la réputation empoisonnée de la cité suite au Heysel... Dès l'introduction, le lecteur est replacé dans le contexte post-Heysel, Tony Evans rappelant que Mark Lawrenson, blessé ,avait du être protégé à l'hôpital par des policiers armés de la vindicte des supporters de la Juventus, également présents. Bruce Groobelar s'interrogea, quant à lui, sur la poursuite de sa carrière : « Je ne veux plus faire partie d’un club qui a causé la mort et la destruction ». La réaction de Margaret Thatcher, qui avait réuni,dès le lendemain, les journalistes sportifs anglais présents au Heysel , fut immédiate. Comme le résuma le joueur d'Everton, « les tories essaient de décimer la ville. Ils veulent nous détruire. » L'ouvrage de Tony Evans, qui reprend le point de vue d'un fan de football de 24 ans à l'époque, est captivant car il permet de replonger dans l'ambiance du football anglais des années 80 avec ses bons et moins bons côtés : le racisme est très présent dans les tribunes, John Barnes, encore à Watford, se faisant allègrement siffler par les membres du National Front, qui ont « infiltré » les rangs des supporters des trois lions ; les tensions politiques avec une hostilité ouverte des Tories et même de l'échelon national du Labour qui ne soutient pas forcément ses représentants locaux à Liverpool . Le terme de « Scouse », initialement perçu comme une insulte, devient rapidement un signe de ralliement et de fierté; Le hooliganisme avec le récit de différents bagarres à l'occasion de matchs contre Chelsea sur le trajet pour aller à Stamford Bridge ou Southampton (suite à une rixe l'année précédente avec les supporters d'Everton...) et l'hostilité affichée de la police qui n'intervient pas pour aider les supporters de Liverpool. Tony Evans reconnaît d'ailleurs avoir participé à 5 bagarres en 15 ans dont 2 avec des supporters des Reds... Sur le plan sportif, Everton, longtemps considéré comme les « mersey millionaires » et qui bénéficiait du renfort de Gary Lineker (également suivi par Liverpool en cas de départ de Ian Rush qui avait reçu en 1984 une offre de 4 M£ de la part du Napoli) et Liverpool, désormais coaché par Dalglish toujours joueur à la grande déception de Phil Neal, sont vraisemblablement les 2 meilleures équipes de foot en Europe. Leur rivalité en championnat fut un temps contrarié par le Manchester United de Big Ron Atkinson et de Bryan Robson et surtout par le West Ham de Mc Avennie, équipe au jeu très plaisante, qui lutta jusqu'au au bout pour le titre avec un calendrier ahurissant de 5 matchs en neuf jours !!! Everton fut longtemps devant mais Liverpool, pas forcément toujours flamboyant mais efficace, finit très fort avec 34 points sur 36 possibles après leur défaite contre Everton. Le but victorieux de Kenny Dalglish contre Chelsea permit de ramener le 16ème titre suite à une défaite d'Everton à Oxford, Gary Lineker, qui avait oublié ses chaussures-fétiches, ratant plusieurs occasions...Certains Toffees regrettèrent d'ailleurs l'achat de Lineker, la recrue la plus chère de l'histoire du club à l'époque, qui, selon eux, aurait déséquilibré le profil de l'équipe... Cette saison connut son apothéose avec la finale de Cup 100% Merseyside (avec le départ de Liverpool pour Wembley de 19 trains, 400 cars et de nombreux véhicules...). Comme en championnat, Everton domina la première partie de la finale, jusqu'à la dispute entre Bruce Groobelar et Jim Beglin, qui, paradoxalement, contribua à réveiller les Reds. Jan Molby, longtemps brocardé comme « assez corpulent pour jouer aux fléchettes au Danemark », crucifiera les Toffees lors de cette finale, qui se termina par une démonstration d'unité, les fans de Liverpool et ceux d'Everton restés malgré la défaite chantant ensemble « Merseyside ». La suite fut plus compliquée pour les joueurs d'Everton. Déjà, quand les joueurs de Liverpool avaient trop fêté leur titre dans leur bus, c'est le bus des joueurs d'Everton qui avait été envoyé pour ramener les Reds de Londres...Après la finale de la cup perdue, ils reviennent dans le même avion que les Reds...Enfin, lors de la parade, ils figurent dans le troisième bus après celui des joueurs de Liverpool et celui des journalistes... Pourtant, et c'est un des points positifs de l'époque, les joueurs de Liverpool et d'Everton se fréquentent souvent au pub. Tony Evans signale ainsi l'amitié entre Graeme Sharp et Ronnie Whelan. De même, la fête de noël des joueurs de Manchester United se passera dans un pub, dont les propriétaires sont Ian Callaghan et Geoff Strong... Tony Evans regrette d'ailleurs, dans sa conclusion un rien désabusée, cette époque en comparaison des débordements actuels des supporters « aigris » et de leurs chants parfois inacceptables (« Murderers »). De même, dans sa rubrique « que sont-ils devenus ? », il tacle nos actuels propriétaires concernant le traitement réservé au King Kenny, relique d'une époque où la substance et les résultats primaient sur l'image, viré comme un malpropre avant d'être réintégré comme ambassadeur du club...
  12. Un de mes premiers souvenirs liés à Liverpool fut un long reportage dans Onze sur la finale de la coupe intercontinentale perdue en 1981 par le Liverpool de Neal et Dalglish face au Flamengo de Zico et Junior avec une large défaite 3 buts à 0... La perspective d'une finale alléchante du championnat du monde des clubs, au regard du plateau constitué pour les demi-finales de la Copa Libertadores (Boca, River, Flamengo ou Gremio), m'a amené à réfléchir à la possibilité de faire ce déplacement au Qatar malgré le prix du billet d'avion et la perspective de concourir pour un trophée « en chocolat »... Je me suis privé, à ce titre, des « aways » de la phase de poule en ligue des champions (Naples déjà fait, Genk pas trop touristique et Salzbourg en décembre un peu frais...) pour « financer » ce déplacement moyen-oriental de cinq jours. L'arrivée à Doha le mercredi fut peu dépaysante par rapport à Paris : Il faisait gris et pleuvait, il y avait des travaux partout et les bus à l'aéroport pour le centre-ville ne fonctionnaient pas (non à cause de l'exercice du droit syndical assez peu développé dans la péninsule arabique mais en raison de la fête nationale du qatar, qui sera d'ailleurs le jour de la finale de la coupe du monde le 18 décembre 2022).... Après avoir collecté mes billets grâce à l'assistance de notre magicien des déplacements, je me suis rendu au Khalifa Stadium en empruntant les lignes de métro qui venaient d'être ouvertes quelques mois auparavant. Le stade est superbe mais l'organisation a laissé à désirer pour cette demi-finale : 1 heure d'attente pour entrer dans le stade, refoulement à l'entrée à cause de mon mini-parapluie (il pleuvait à Doha ce jour là...) et donc rebelote pour arriver à ma place dans le stade juste deux minutes avant le début du match... L'ambiance était à la hauteur de l'organisation avec un public « mode FIFA » : On a eu droit à du « clapping », à des « hola », à des encouragements très ciblés sur le « régional de l'étape » (aka the egyptian king) et, d'une manière générale, à une assistance « familiale » devant un spectacle comme un cinéma (dont les jeunes enfants passent leur temps devant leurs jeux vidéos...) sans évidemment aucun chant...Seul point positif, on a pu éviter la mythique écharpe « mixte », accessoire désormais indispensable du consommateur de football mais vraisemblablement peu pratique dans un pays où il fait 25 degrés en décembre... Heureusement, les supporters de Monterrey, qui ont réussi à se mettre en format Kop, assurent l'ambiance à la sud-américaine avec tambours, chants et sauts durant tout le match...Sur le plan sportif, le match reste assez étrange avec l'impression d'une équipe de Liverpool désarticulée en l'absence de son colosse néerlandais en défense...L'inspiration de notre n°9 permettra toutefois de retrouver ses compatriotes brésiliens en finale. Mes déboires à la sortie du stade n'étaient pas finis avec une heure d'attente pour récupérer mon parapluie...La coupe du monde des clubs étant présentée comme un test en vue de la coupe du monde 2022, la multiplication de « consignes » sera fortement à conseiller aux organisateurs...De toute façon, il est à craindre que le temps perdu l'aurait été sinon à la station de métro, goulet d'étranglement pour les 45.000 spectateurs, qui étaient encore assez nombreux 1H30 après la fin du match... Je pouvais ensuite me consacrer à un peu de tourisme à Doha entre la demi-finale et la finale le samedi. L'embargo notamment aérien imposé par l'Arabie Saoudite, Bahrein et les Emirats arabes unis au Qatar depuis 2017 m'a contraint à rester à Doha, qui se révèle toutefois une destination agréable avec de superbes réalisations architecturales notamment muséales (avec le musée des arts islamiques ou le musée national du qatar même si, pour ce dernier, le « contenant » dépasse largement la qualité du contenu exposé), une corniche permettant une belle ballade à pied ou des centres commerciaux « délirants » avec patinoires et, pour le Villagio, un plan d'eau pour faire de la gondole « vénitienne » et un parc d'attractions pour les enfants...). Une forte présence des supporters de Flamengo est à noter même dans les musées (ce qui est généralement assez rare pour les supporters de football...) avec des regroupements et des chants dans les principaux points touristiques de la ville...En revanche, peu de scousers « pur jus » sont présents à Doha, en raison du prix du billet d'avion et de la difficulté à consommer de l'alcool « librement »...Seuls quelques supporters asiatiques ou moyen-orientaux ont d'ailleurs revêtu le maillot rouge en ville. Beaucoup d'édifices restent en cours de construction dans le quartier d'affaires de la west bay. Il en est de même pour le stade de l'Education City, qui devait un moment accueillir la demi-finale mais sur lequel des ouvriers travaillent encore ainsi que sur un tram le desservant, qui commence à fonctionner sans prendre de passagers... Après cet épisode touristique, il était temps de retourner au Khalifa Stadium pour la finale. Je n'ai mis cette fois qu'un quart d'heure pour entrer dans le stade (sans parapluie...), ce qui m'a permis d'assister à la fin de la finale des perdants et ainsi de revoir les « vigoureux » supporters de Monterrey en plein action ainsi que notre bon vieux Bafé Gomis, qui joue désormais pour Al-Hilal, et qui s'est signalé par un but et un pénalty lors de la séance de tirs au but... L'ambiance pour la finale, à l'instar de la demie, reste décevante avec la sensation, à nouveau, d'assister à un « spectacle FIFA » avec une sorte de « clown ambianceur » et des hola attendues par le public (auxquelles le petit Kop de Liverpool ne participait d'ailleurs pas...). Même les supporters de Flamengo restaient assez silencieux au regard de leurs prestations « vocales » en ville ces trois derniers jours... Le match fut tendu et d'autant plus stressant avec la prolongation pour le supporter qui avait un avion à prendre à 2H du matin, ce qui m'a obligé à partir avant la fin du match...Heureusement, la mine déconfite de supporters de Flamengo dans l'aéroport m'a vite rassuré sur l'éventualité d'une égalisation brésilienne même si j'aurais aimé évidemment assister à la remise du trophée (celle de Madrid compensant largement)... La dernière étape de ce périple fut une courte halte à Mascate (après 2 heures au contrôle des passeports...), la capitale d'Oman, en attendant mon vol de retour pour Paris, qui fut difficile à visiter en si peu de temps, l'agglomération s'étendant en différents points d'intérêt sur 50 kms... En conclusion, un déplacement « dépaysant » tant au niveau du lieu que des équipes rencontrées que je ne renouvellerai pas forcément vu l'ambiance « consommatrice » dans les stades à moins que la perspective d'un Liverpool-Boca (voire River) me fasse changer d'avis l'an prochain (la FIFA aurait le projet d'élargir l'accès de ce championnat aux trois derniers vainqueurs de la ligue des champions)... Bonnes fêtes de fin d'année à tous et, par anticipation, meilleurs vœux pour 2020 en espérant qu'elle soit enfin l'année du n°19 !!!
  13. Article de La Croix du 22 Octobre sur « Liverpool l'Européenne » : Un intéressant article consacré à la ville de Liverpool : Outre les références inévitables aux Beatles et au football (photo de supporters des Reds devant Anfield), cet article rappelle le soutien massif de l'Europe à Liverpool, qui a permis d'accompagner son renouveau à partir des années 1990. Il n'est donc pas surprenant que 58% des scousers aient voté pour le maintien dans l'UE en 2016. Dans une première partie « historique », l'article revient sur la transition difficile qu’a connue Liverpool, ville qui accueillit plus de 35.000 irlandais dans les années 1840 puis connut un long déclin après une période de prospérité liée au commerce avec les colonies (dont celui des esclaves...). A la fin du XIXème siècle, 1/7ème du commerce mondial passait par les docks de Liverpool. Après la première guerre mondiale, l'activité a diminué de moitié... Les années 70 furent particulièrement douloureuses avec la fermeture des docks, la suppression de 80.000 emplois et la décrépitude du secteur manufacturier. L'article pointe d’ailleurs l'inimitié entre les scousers et les anglais du Sud, méprisant envers les « industrieux » du nord, portée à son paroxysme sous Thatcher, dont certains conseillers plaidaient pour l'abandon de la ville à son déclin. On comprend mieux l’origine des sifflets lors de l’hymne national joué avant le Community Shield… A noter l’action de Michael Heseltine, secrétaire à l'environnement sous Thatcher, qui plaida pour l'octroi de 100 M£ pour revitaliser la ville avec notamment la rénovation de l'Albert Dock et l'arrivée d'une annexe de la Tate Gallery : Il y a donc au moins un conservateur à être apprécié sur les bords de la Mersey... C'est toutefois l'Europe qui sera le véritable sauveur de Liverpool : La région étant la plus pauvre d'Europe dans les années 80, elle bénéficia de la solidarité communautaire avec l'attribution de 800 millions d'euros en 1994, 1068 M€ en 2000, 804M€ en 20007 et 517M€ entre 2014 et 2020. Un véritable changement de mentalité est aussi soulligné, les jeunes souhaitant désormais rester dans une ville dont l'image notamment culturelle a été renforcée avec l'octroi du statut de capitale européenne de culture. L'article signale toutefois les difficultés persistantes connues par Liverpool : Les résultats scolaires restent en dessous de la moyenne nationale ; Le secteur public compte pour encore un tiers des emplois ; La politique d'austérité actuelle prive également la mairie de près des deux tiers de son budget. L'article rappelle également les valeurs de solidarité des « mal-aimés » du Royaume notamment à l'occasion de la catastrophe d'Hillsborough et des accusations mensongères du Sun et se conclut sur la vénération pour le football. Comme le résume un chercheur, « Le football fait partie du patrimoine de la ville et l'equipe des Reds est la plus populaire des équipes britanniques en Europe ». Interview Klopp dans So Foot On retrouve les valeurs véhiculées dans les différentes biographies qui lui ont été consacrées : Importance de la relation aux autres, qui distingue le football des sports individuels comme le ski ; Nécessité de comprendre les hommes derrière les joueurs ; Lucidité sur ses qualités de joueur, expliquant l’absence de regrets lors de son passage rapide de joueur à entraîneur ; Analyse des matchs, quand il débute à Mayence, d’une colline… En revanche, l’étiquette « Heavy Metal » semble un peu usurpée au regard de l’achat de deux disques de Kiss dans sa jeunesse…
  14. Jurgen Klopp Bring the noise par Raphael Honigstein En complément de la biographie de E. Neveling, celle bien meilleure consacrée par Raphael Honigstein à notre manager allemand car thématique et non-chronologique, même si elle s’arrête à la fin de la saison 2017 et la première qualification en ligue des champions sous son ère. Sans véritable fil directeur, on peut en retenir notamment que : . Klopp, joueur, se plaignait souvent de la tactique de ses entraîneurs ; . Klopp a préféré, dans un premier temps, l’offre de Leverkusen à celle de Dortmund, dont la première proposition était inférieure à ce qu’il gagnait en ligue 2 à Mainz… . Il a bien reçu une proposition de MU pour remplacer Moyes (intérêt également de City et des Spurs) ; . Son joueur favori, dans sa jeunesse, était le stoppeur de Stuttgart puis de Marseille Karl-Heinz Foster ; . Son père l’entraînait au foot, au ski, au tennis au sein d’une famille de grands sportifs ; . A son arrivée au Borussia, il lui est arrivé de répondre au téléphone aux supporters ne souhaitant pas renouveler leurs abonnements… . Il est décrit comme un grand compétiteur : Lors d’un match d’après-saison à Sydney de Liverpool, renforcé par quelques « légendes » (Stevie G, Carra), il peste, à la mi-temps, contre un pénalty refusé par l’arbitre ; . Dans une interview en 2009, il se positionne clairement à a gauche ; . Lors de ses débuts à Liverpool, quand Klopp était en colère, il disait fréquemment à ses joueurs « J’aurais aimé parler allemand avec toi !!! » ; . Il aurait pu coacher De Bruyne ou Benteke à Dortmund ; . Il est lucide sur ses qualités de joueur : « Dans ma tête, je suis un joueur de Bundesliga mais mes pieds sont en 4ème division. Le résultat est la deuxième division » ; . Le surnom de Buvac est Chucky. Il avait été convenu, entre les deux, que le premier qui avait un job d’importance appelait l’autre à ses côtés. Buvac présentait également l’avantage, contrairement à Klopp, de posséder la licence pour entraîner en deuxième division. Leurs relations étaient émaillées de grosses disputes suivies de réconciliations quasi-immédiates. Klopp disait souvent à propos de Buvac « C’est le meilleur transfert que j’ai fait !!! » . Il rata deux fois la montée avec Mainz, d’un point en 2002 et d’un but en 2003… . Mané fut proposé deux ans plus tôt à Liverpool au tiers de la valeur de son transfert… . Il fut adoubé dans son parcours de « commentateur » à la télé régionale puis nationale par le Kaizer Franz en personne… . Il organisa un stage de reprise à Mainz dans une auberge de jeunesse où les joueurs blessés pouvaient préparer les repas pour le reste du groupe ; . Il fut dans la short-list, quand il était à Mainz, pour prendre le poste d’entraîneur au Bayern, qui préféra finalement Klinsmann. Hoeness reconnut après que « nous nous sommes trompés de Jurgen » . A son départ de Mainz, 30.000 personnes sont dans les rues de la ville, avec certains supporters chantant le YNWA… A signaler enfin que dans la version actualisée de sa biographie, Honigstein revient sur le clash avec Buvac, qui serait dû à l’émergence de Pep Lijnders, qu’aurait mal supporté le bosnien introverti…
  15. Même si j’aurais préféré l’appeler mes vingt ans à Anfield, ce post aura pour ambition de relater les évolutions intervenues entre mon premier déplacement à Anfield pour le dernier match de la saison 1999 (qui fut aussi le dernier match de Steve Mc Manaman et de Paul Ince sous un maillot rouge) et mon dernier déplacement « annuel » le 31 mars 2019 pour le match contre les Spurs et sa victoire dans les dernières minutes (qui en annonçait une autre, sous le soleil de Madrid, encore plus glorieuse….). Tout d’abord, en termes de de transport, l’évolution constatée ne peut être que positive… Mon premier déplacement (partant, il est vrai, de Saint-Etienne) fut un long trajet en train passant par Lyon, Lille, Londres pour arriver la gare de Lime Street en fin de journée….Les années suivantes ne furent pas plus confortables avec souvent un vol Paris-Londres suivi de deux trajets successifs de nuit en bus Londres-Liverpool-Londres, ce qui permettait généralement d’arriver au travail, frais et reposé, le lundi matin… L’introduction d’une desserte directe Paris-Liverpool sur Easyjet fut une véritable bénédiction pour le supporter français des Reds au début des années 2000, même si, suivant les années et les délais de réservation, il fallut parfois opter pour l’aéroport de Manchester ou utiliser les bus avant de rejoindre un autre aéroport britannique… J’ai même eu recours au bateau pour traverser la Manche ou pour aller à Dublin suite à un derby remporté en 2007 grâce à un but de Fernando Torres….Il ne reste plus désormais à espérer que le Brexit n’allonge pas trop les formalités aux frontières dans les années à venir… Concernant la ville et l’aspect touristique, les changements constatés ont été, là encore, très bénéfiques : Quelle évolution, en une quinzaine d’années, avec la rénovation des Docks puis du centre-ville et l’émergence du gigantesque centre commercial Liverpool One, transformant Liverpool d’une cité ouvrière décriée en une capitale européenne de culture, reposant sur l’économie des services !!! Liverpool est désormais en capacité d’offrir aux touristes un week-end très agréable, même si on n’apprécie pas particulièrement le football, avec la possibilité de visiter de nombreux musées gratuitement dans le centre-ville de Liverpool mais également à Port Sunlight (Lady Lever Art Gallery) ou à Ellesmere Port (National Waterways Museum), de faire du shopping ou de visiter Chester près de la frontière galloise… Durant mes différentes visites, j’ai essayé de changer régulièrement d’hôtels pour découvrir les principaux quartiers de la ville (centre-ville ou quartier d’Anfield évidemment mais également Sefton Park par exemple) ou les agglomérations environnantes comme Crosby avec ses fameuses statues sur la plage et parfois avec moins de succès Bootle ou Southport, qui restent assez peu animés même les WE… Le stade et son environnement ont connu également d’importantes évolutions, même si je serai moins enthousiaste sur ces derniers…Force est de constater, depuis l’agrandissement du stade, le triomphe de la vision américaine du sport avec un stade « lieu de vie » accueillant des consommateurs-supporteurs dans le centre commercial qu’est devenue la zone autour du stade avec la nouvelle boutique du club et l’animation musicale afférente… Cela rapportait vraisemblablement moins en merchandising mais il était possible d’humer plus facilement le réel parfum du foot il y a quelques années, loin des supporters-touristes cosmopolites, affublés de leurs célèbres « écharpes mixtes » (signalant leur soutien à 50% pour Liverpool et à 50% pour l’équipe-adverse ?). Le déménagement du monument-hommage aux victimes d’Hillsborough ne contribue pas à dissiper le malaise, étant un peu perdu sous les escaliers de la Main Stand agrandie tandis que le monument d’hommage aux victimes du Heysel est lui totalement perdu de l’autre côté du stade, sous-tendant une hiérarchie implicite entre les victimes de ces différentes tragédies… Quelque part, une courte ballade, en passant par Stanley Park, à Goodison permet de plus facilement cotoyer l’histoire du football anglais notamment grâce aux panneaux historiques érigés rappelant notamment qu’Everton et Liverpool avaient partagé un programme commun de 1904 à 1935 ou l’évolution du transfert le plus coûteux du club, dont le rythme s’accélère au fil des années de Premier League.... Malgré cet agacement envers la « consumérisation » parfois excessive d’Anfield, il m’est toutefois difficile de résister à ma visite annuelle dans les différentes boutiques du club (Anfield, Centre-ville, Liverpool One voire même celle de Chester pour faire le grand chelem…) même si, depuis plusieurs années, les produits que je recherche ne sont plus disponibles à ma taille… Un autre « rituel » consiste, pour ma part, à un retour à pied vers le centre-ville à l’issue du match, qui me permet de décompresser des tensions accumulées pendant 90 minutes, parfois sous une bonne pluie anglaise… Enfin, concernant le plus important, c’est-à-dire le billet pour le match, l’évolution a été aussi flagrante en vingt ans. J’avais écrit au club sans trop d’espoir pour quémander une place en 1999, que j’avais reçue comme le Saint-Graal par courrier en retour (même si on peut penser que les « out-of-towners », susceptibles de plus dépenser à la boutique, pouvaient être privilégiés par la billeterie…). A la suite du courrier, un système de carte a progressivement dématérialisé le processus de billeterie et a pratiquement supprimé le billet-papier, qui pourtant faisait un beau souvenir du séjour effectué (je l’ai remplacé, pour ma part, par l’achat du programme du match à chaque rencontre de championnat à Liverpool à laquelle j’ai assistée). J’ai également eu la chance d’adhérer au dispositif du Priority Ticket Scheme, offrant 5.000 billets pour 10.000 membres, qui m’a quasiment garanti une place, pendant quelques années, pour un match du big six (MU, Arsenal, Chelsea, Everton puis City ou Tottenham). Ensuite, est venue la French Branch qui, grâce à la mutualisation des cartes, permet de garantir une place pour une rencontre dans l’année. Que la branche et ceux qui s’occupent de la réservation et de la distribution des billets soient, une nouvelle fois, remerciés de leur investissement hors-normes !!! Grâce à eux, j’ai ainsi pu assister aux matchs suivants à Anfield durant ces vingt ans : 1999 Wimbledon / 2000 Newcastle / 2001 Spurs / 2002 Derby / 2003 Fulham / 2004 Blackburn / 2005 Chelsea / 2006 Arsenal Everton Aston villa / 2007 MU / 2008 Everton-MU / 2009 Wolves / 2010 Chelsea / 2011 City Swansea / 2012 Arsenal / 2013 Spurs West Ham / 2014 Chelsea / 2015 City / 2016 Newcastle Sunderland (+ Leeds en coupe de la ligue et Villareal en Europa League) / 2017 Arsenal / 2018 Watford / 2019 Spurs Mes statistiques contre les adversaires du big 6 se révèlent très hétérogènes avec une série de victoires contre les Spurs (+ celle en finale de LdC…), Manchester City « ante-Guardiola » (+ la victoire à l’Ethiad en ¼ de LdC l’année dernière) et Everton (+ ½ finale en Cup), un bilan équilibré contre MU (1 défaite et 1 victoire + 1 nul à Old Trafford en 1/8 d’EL) et Arsenal (2 victoires et 1 défaite). En revanche, Chelsea reste ma « bogey team » avec trois défaites (+ un nul à Stamford bridge pour le 4-4 en ¼ finale de LdC 2009) dont évidemment la plus triste en 2014 avec la perte d’un titre qui tendait les bras à Liverpool et Luis Suarez… Pour conclure, quel fut mon meilleur souvenir à Anfield ? Sans grande originalité, je citerai deux victoires contre les « ennemis historiques » magnifiées par le scénario du match : - - Une victoire 3 à 1 contre Everton à 10 contre 11 suite à l’expulsion, dès le premier quart d’heure, du capitaine Stevie G… - Une victoire, après plusieurs années d’insuccès, 2 à 1 du Liverpool de Benitez contre le MU de Ferguson, après avoir été mené dès le début de rencontre : Le but victorieux et les 10 minutes qui ont suivi avant la délivrance finale restent mon meilleur souvenir en termes d’ambiance (avec la demi-finale retour en EL contre Villareal)… Vingt ans s’achèvent donc avec l’ambition de voir au moins, durant les vingt prochaines années, Liverpool à Anfield en Cup et en Ligue des champions (je conserve quelques regrets d’avoir privilégié cette année le déplacement à Barcelone plutôt que le retour à Anfield…) et surtout de voire jouer à Anfield une équipe de Liverpool championne d’angleterre ou en passe de le devenir…
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