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Paris 1981

Paris 1981 (5/20)

  1. Après Peter Robinson en début d’année, un autre dirigeant emblématique de Liverpool, David Moores, président du club de 1991 à 2007, vient de nous quitter à l’âge de 76 ans. Si Peter Robinson représentait l’âge d’or de LFC, notamment dans les périodes les plus glorieuses des années 70 et 80, force est de constater que David Moores incarnera plutôt une phase de déclin, malgré un palmarès non-négligeable composé de 3 FA Cup, 3 coupes de la ligue, d’une coupe de l’UEFA et évidemment d’une ligue des champions conquise de manière quasi-miraculeuse en 2005 à Istanbul… En effet, David Moores n’a pas réussi, contrairement à son rival mancunien, à faire prendre au club le tournant du foot-business des années 90, avec l’avènement de la Premier league, des droits télé et du merchandising. Outre l'immobilisme pour la construction d'un nouveau stade, l'illustration la plus symbolique de ce « surplace » sous sa présidence fut la fermeture des magasins du club le lendemain de la victoire en C1... Conscient néanmoins de ce retard, qui s’aggravait avec Manchester United, qui accumulait les titres sous l'égide de Ferguson, et avec l’avènement de Chelsea, David Moores commit sa seconde grande erreur en vendant le club aux deux escrocs américains, dont le nom ne mérite même pas d’être cité…Ce choix plus que malencontreux lui valut un certain ostracisme de la part des fans si bien que ce supporter des Reds se tint éloigné d'Anfield pendant 10 ans avant d’assister à un derby remporté 5 à 2 en décembre 2019… David Moores, neveu de John Moores, fondateur de Littlewoods, qui en fit une des familles les plus riches d’Angleterre, reprit le flambeau familial de la passion pour le foot sur les rives de la Mersey puisque la famille Moores posséda des parts dans LFC mais également Everton pendant plus de cinquante ans. John Moores fut ainsi deux fois président d’Everton dans les années 60 et 70. David Moores, plus rouge que bleu, prit, quant à lui, la présidence de son club de coeur en septembre 91, à l’âge de 45 ans, avec l’acquisition de 17.850 parts du club lui garantissant une majorité de 51%. David Moores s'y révéla un «traditionnaliste », proche des valeurs, inspirées de la « working class », du club malgré sa richesse personnelle, et particulièrement loyal (voire trop) avec ses managers. Il mit sûrement trop longtemps à se séparer de Souness. De même avec Roy Evans, son respect pour ce grand serviteur du club le conduit à ce modèle dysfonctionnel de « double manager » avec Houllier qui ne dura que quelques mois. Il proposa alors à Roy Evans un poste de directeur à club à vie, que ce dernier eut l'élégance de refuser... Pendant sa présidence, il resta volontairement dans l'ombre, donnant très peu d'interviews (une après le treble de 2001 mais pas après la victoire en C1 en 2005). Malheureusement, ces valeurs du « boot room », si opérantes dans les années 70's et 80's, ne fonctionnaient plus à partir des années 90's avec la montée en puissance de l'argent dans le monde du football. Liverpool n'avait plus les moyens financiers de ses concurrents. Le transfert de Dirk Kuyt pour 9 millions de livres en 2006 ne put ainsi se réaliser que grâce à un prêt de la famille Moores... Son échec à trouver un repreneur fiable (partagé certes avec Rick Parry mais également avec les 1.700 actionnaires qui ont accepté unanimement l'offre de rachat de G et H voire, pour les plus importants, comme Granada ou Steve Morgan, vivement encouragé pour retrouver leur mise) restera évidemment le principal point noir de sa présidence. Après Thaksin Shinawatra en 2004 ou la famille Kraft, l'offre de Dubai International Corporation fut rejetée ; David Moores craignant un investissement de court terme dans le club. Pressé par les travaux de construction du stade, il vendit le club en 2007 à G et H pour £174.1 millions ; les deux clowns américains étant alors identifiés comme des investisseurs de long terme, permettant de garantir que le club était dans de « bonnes mains »... Il émit ses profonds regrets sur ce choix dans une lettre au Times en 2010, dénonçant une époque où « les clubs de football sont en train de devenir une source de profit plutôt que de fierté ». Face aux accusations de ses détracteurs, lui reprochant de ne pas avoir regardé sur Google le « pedigree » des deux acheteurs, il rétorqua également que la solidité financière de ces derniers lui avait été garantie par la banque Rotschild. La présentation effectuée par son prédécesseur, John Smith, lors de son introduction à la présidence en 1991, résonne d'autant plus durement : « La famille Moores est un grand mécène du football sur la Merseyside. L'arrivée de David va laisser les prédateurs sur la rive »... David Moores laissera donc l'image d'un dirigeant un peu naïf, mal équipé pour le football moderne, mais qui ne doit pas faire oublier son profond amour pour le Liverpool Football Club...
  2. Interview Salah FF L’interview de Mohamed Salah, dans le France-Football de juin, n’est pas intéressante car elle dévoile les exigences liées au sportif de haut niveau. L’attaquant égyptien possède, par exemple, dans sa maison deux pièces consacrées aux appareils de musculation (qui lui garantissent de superbes « tablettes de chocolat ») et à la cryothérapie. On y apprend également qu’il est toujours à la recherche de la perfection, arrivant le premier à l’entraînement et partant en dernier. Il scrute sur Youtube les techniques pour s’améliorer afin de garantir le maintien de son niveau de performance au moins jusqu’à 35 ans (cela tombe bien vu le montant de la prolongation de contrat…). Son alimentation est très stricte avec une surveillance constante de son IMG et un régime alimentaire (brocoli, poisson, poulet, salade / 1 pizza 1 fois par mois) que ne partage pas forcément tous les supporters de Liverpool… Il pratique aussi la méditation 10/20 mn par jour et mentionne les bienfaits de la visualisation, qui lui aurait permis d’imaginer ses feintes et frappes pour son superbe but contre Manchester City à Anfield. S’inspirant constamment du conseil de Wenger « L’esprit d’un grand joueur est toujours au jeu, peu importe ce qui se passe », son hygiène de vie lui a permis de traverser une saison 22, où il a joué en moyenne un match tous les 4,4 jours avec une CAN en milieu de saison. Le reste de l’interview est plus classique avec un regret sur son classement au ballon d’or (7ème) et la mention d’une « belle relation avec Sadio », qui ne pourra se poursuivre que si Liverpool rencontre le Bayern en ligue des champions cette année… Article Libé 27 mai Entre Liverpool et l’Europe, une vieille histoire de coupe Dans la multitude d’articles qui ont précédé ou suivi la finale de la ligue des champions au Stade de France, l’article de Rico Rizzitelli dans le Libération du 27 mai « Entre Liverpool et l’Europe, une vieille histoire de coupe » sort du lot. Le journaliste y décrit les raisons de l’attachement du club de la Mersey aux coupes d’Europe et, d’une manière générale, de la ville au « grand large ». Comme le résume Bruce Groobelar, « Liverpool est, par essence, européenne dans le football comme dans la vie de tous les jours ». Peter Hooton, le chanteur des Farms, parle, quant à lui, d’une « mystique de l’ailleurs » tandis que Carra soulinge la présence de la mer. Côté football, pour Phil Neal, c’est Shankly qui donne le goût pour l’Europe au Liverpool Football Club. Il s’agit de jouer à l’anglaise dans les compétitions européennes et de développer un jeu continental dans la ligue domestique. Cet article permet surtout de retracer l’histoire d’une ville tournée vers l’international pour de bonnes raisons (carrefour commercial, spécialisé dans le négoce fluvial) ou de moins bonnes (port « négrier »), qui a fait sa fortune puis son déclin. Liverpool perdra ainsi plus de 100.000 habitants dans les années 70. S’en suivent des émeutes raciales en 1981 et la volonté assumée du gouverment Thatcher de paupériser une ville, jugée trop à gauche pour le pouvoir conservateur de l’époque. Le salut viendra de l’Europe avec des aides communautaires permettant de financer le renouveau de la ville, à l’image de la rénovation des docks. Puis vint le Brexit…
  3. Blue Manchester Canal + poursuit sa tournée des documentaires sur les clubs majeurs de la Premier League avec « Blue Manchester » un documentaire « fait maison », avec la participation d’ex-joueurs francophones comme Kompany, Nasri ou Gaël Clichy, sur la saison 2011-12, où les « voisins brillants » de Manchester ont remporté leur 1er titre de champion depuis 1968. Le narratif reste très classique et retrace les principaux épisodes de la saison des Citizens avec un démarrage en trombe, symbolisé par le fameux 6 à 1 à Old Trafford et le fameux « Pourquoi toujours moi ? » de « Super/Crazy Mario », suivi d’une période plus difficile, à partir d’une défaite à Chelsea lors de la 15ème journée, qui voit les « Reds Devils » de Ferguson prendre huit points d’avance sur les « Blues » de Mancini. Il est vrai que la saison des Citizens est émaillée d’incidents ou de scandales à répétition : embrouilles, dès le début de la saison, entre Mancini et Tevez, qui conduira à son exclusion du groupe avant sa réintégration, frictions entre les anciens et les « nouveaux riches » recrutés avec les salaires proposés par les émiratis, clash entre Kolarov et Balotelli, dispute entre Mancini et Nasri juste avant le match retour décisif contre MU (le joueur sera cependant réintégré à la demande du président). Comme le résument les intervenants, Manchester City est, cette saison, une équipe de caractère, qui s’exprime mieux dans la conflictualité avec à sa tête un entraîneur connu pour son caractère cyclique… L’histoire se finit pourtant bien avec le but de Kompany contre MU à domicile (dans le même format que celui inscrit contre Leicester en 2019 qui priva Liverpool de la possibilité de remporter le titre) et surtout la remontée, lors de la dernière journée contre QPR (avec un but de Djibril Cissé) avec des réalisations à la 92ème et 94ème minutes (qui ont pu inspirer la remontée contre Villa cette année). Bref, un documentaire plaisant (MU privé du titre à la dernière minute, James Milner avec un maillot bleu) mais loin d’être inoubliable…Un vrai sujet aurait pu être d’appréhender la réaction des supporters historiques du club face à ce rachat par un Etat, qui veut en faire une partie de sa vitrine diplomatique….
  4. Etant en congés à l'étranger durant le WE de la KC et de l'AG, est-il possible de participer financièrement, avant ou après, à cette action de solidarité en faveur de l'Ukraine ? YNWA
  5. Quel est l'aéroport le plus pratique : Manchester ou Londres/Luton ? Y a-t-il des choses à voir dans la région (ce déplacement étant plus "touristique" que réellement footballistique...) ? J'y réfléchis... YNWA
  6. Un de ses fans en Islande va être content....
  7. Après Liverpool et l'attente du 19ème titre de champion, Manchester United centré sur Cantona, Canal + se consacre à un autre grand club anglais avec un documentaire de C. Jeanpierre sur la saison des "invincibles" d'Arsenal, qui permet de dresser un portrait "intimiste" de leur manager emblématique Arsène Wenger. A l'image d'Arsène Wenger, le documentaire s'inscrit dans un rythme "mesuré" permettant de revenir sur son enfance alsacienne, sa passion du foot (faute de moyens, il ne connut pas d'entraîneur dans ses équipes de jeunes avant ses 19 ans), ses expériences à Monaco ou au Japon. Ayant fait la connaissance de David Dein, par l'intermédiaire de son épouse, le documentaire détaille ses débuts difficiles dans le championnat anglais (le fameux "Arsène Who ?" tandis qu'Ian Wright le surnomme "Clouseau" en raison de son look de "prof", les rumeurs totalement infondées des tabloïds sur sa vie privée...) qui se conclut pourtant par un succès éclatant avec un doublé coupe-championnat grâce à un recrutement exceptionnel (Petit, Viera, Anelka, Overmars venant renforcer la vielle garde anglaise en défense et Bergkamp) et une remise en ordre "diététique" (outre la boisson, Wenger prit une colère quand il surprit ses joueurs mangeant une barre chocolatée juste avant un match...). Pour Wenger, être entraîneur c'est confier son métier dans la main des autres et le vivre positivement. "L'équipe doit parler pour vous". Il confie toutefois l'amertume de la défaite et les nuits blanches qui peuvent succéder à un mauvais résultat...Pour Emmanuel Petit, la grande qualité de Wenger consiste à cerner les qualités chez les autres et de pleinement les exploiter.. La rivalité avec Manchester United fait également l'objet de plusieurs séquences lors du documentaire. En 1999, Arsenal aurait pu entraver le "treble" des mancuniens luttant avec eux pour le titre jusqu'à la fameuse demi-finale de Cup perdue après avoir raté un pénalty...Alex Ferguson apparaît plusieurs fois dans le documentaire et est plutôt louangeur pour son confrère français (responsable de la transformation d'Henry, perfectionniste, exploit incomparable de rester invaincu une saison) alors qu'il était de notoriété publique qu'ils se détestaient cordialement... Lors de la saison des "invincibles", le déplacement à Old Trafford en début de saison constitue évidemment un moment fort avec l'expulsion de Viera, le pénalty raté en fin de match de Van Nistelrooy (qui recevra, "en récompense", un coup de coude et les quolibets des joueurs d'Arsenal particulièrement remontés) qui garantit le maintien de l'invincibilité des gunners (avec un nul 0-0). Lors de cette fameuse saison, Wenger revient sur la semaine où Arsenal aurait pu tout perdre après une élimination par MU en Cup, par Chelsea en Ligue des champions avant de rencontrer Liverpool à Highbury qui mène 2 à 1 à la mi-temps...Face à un vestiaire abattu, Wenger secoue ses troupes ("L'invincibilité c'est une résilience"), ce qui permettra, grâce notamment à un superbe but d'Henry, aux gunners de remporter le match 4 à 2...Ce sera le dernier obstacle avant d'être sacré champion à Tottenham et finir la saison invaincu avec 26 victoires et 12 nuls (ce qui placerait Arsenal assez loin des standards de City ou Liverpool de ces dernières années....). Dans ce documentaire, Wenger, comme je présume beaucoup de fans d'Arsenal, s'avère nostalgique d'Highbury où la petitesse du couloir d'entrée des joueurs permettait déjà d'impressionner l'équipe adverse...Si le choix de la construction d'un nouveau stade était économiquement rationnel (David Dein rappelle qu'il y avait une liste d'attente de 50.000 personnes...), il sera, comme le résume Wenger, le début des ennuis pour Arsenal, couplé avec le départ de David Dein, avec un doublement du coût de sa construction, qui plombera les gunners sur le marché des transferts pendant de nombreuses années... Même s'il déclare que 2006-15 est la période dont il est le plus fier en raison de la modestie de ses moyens face à ses concurrents plus riches (MU, Chelsea puis City), une certaine amertume est ressentie symbolisée par la claque 6-0 contre Chelsea (avec le 1er but de Mo Salah en Angleterre...) pour son 1.000 ème match. Pour Viera, Wenger n'a pas bénéficié d'une sortie digne malgré les hommages reçus à l'Emirates pour son dernier match. En conclusion, il s'agit d'u documentaire de Canal+ sur le foot anglais que j'ai préféré avec le portrait d'un homme droit et honnête (il reste filiforme à 70 ans passés) qui, sous un abord réservé, a su construire une équipe talentueuse de compétiteurs et guerriers, qui, vraisemblablement, comme le Liverpool de Klopp, n'aura pas remporté autant de trophées que son talent le méritait...
  8. Curieusement, pour un forum regroupant des supporteurs de Liverpool, la disparation de Peter Robinson, la semaine dernière à l'âge de 86 ans, n'a pas suscité la moindre réaction. Pourtant, Peter Robinson, certes homme de l'ombre, fut sûrement l'un des rares garants de la « Liverpool Way » qui a permis au club de la Mersey de dominer l'Angleterre puis l'Europe dans les années 70 et 80. Peter Robinson, après des expériences à Stockport, Crewe, Scunthorpe ou Brighton, rejoint le club en 1965 comme secrétaire, en charge des questions administratives, après la première victoire en coupe d'angleterre, et resta 35 ans, ayant été promu directeur général de 1992 à 2000. Bras droit de Sir John Smith, président de LFC à partir de 1973, surnommé « PBR », il contribua à un bilan sportif exceptionnel avec 29 trophées, dont 12 titres de champion. En charge de l'aspect administratif, à une époque où le football n'était pas encore totalement devenu business, il fut l'un des directeurs administratifs les plus respectés et s'investit dans de multiples chantiers afin de laisser aux managers la possibilité de se concentrer uniquement sur le sportif : modernisation des infrastructures avec la rénovation de Main Stand et et la construction de l'académie à Kirkby ; négociation du premier contrat de sponsoring (avec Hitachi en 1979 pour un montant de 100.000 £ avec apparition du nom uniquement pour les matchs non-télévisés...) puis des droits TV... facilitation de nombreux transferts grâce à son grand relationnel dans le monde du foot : Cherchant un successeur à Keegan, qui avait obtenu son bon de sortie, il discuta sur un terrain de cricket à Southport avec un journaliste, qui lui signala l'envie d'un certain Kenny Dalglish de tenter sa chance en Angleterre..Ses bonnes relations avec le board du Celtic et quelques livres permirent de conclure l'affaire...De même, ami personnel de Houllier, il le convainc de rejoindre LFC comme « co-manager » avec Roy Evans plutôt que de partir au Celtic ou à Sheffield Wednesday... choix d'ouvrir Anfield pour le recueil des fans après la tragédie d'Hillsborough. Sans hésitation, Peter Robinson, fidèle au club malgré de nombreuses propositions, appartient, sans avoir jamais joué comme footballeur, aux légendes d'Anfield, garant de la fameuse « Liverpool Way ». Sous son mandat, Liverpool ne licenciait pas ses managers et lavait son « linge sale en public », contrairement à la gouvernance américaine qui lui a succédé... Comme le résume Georges Sephton, l'ex-speaker d'Anfield, la disparation de Peter Robinson marque la « fin d'une époque » (son successeur sera, en effet, Rick Parry, ex-directeur de la Premier League...). Pareillement, « les fans de Liverpool doivent se sentir en dette envers un homme qui a fait du club ce qu'il est aujourd'hui »...
  9. L’ouvrage de Robbo « Now you’re gonna believe us…Our Year / My story » est assez surprenant puisqu’il livre les « mémoires » d’un joueur en activité sur une saison particulièrement riche : le récit débute par le triomphe en ligue des champions à Madrid (où la fête d’après-match le laissera sans voix) et se finit par les célébrations pour fêter le titre de champion d’angleterre après le match contre Chelsea… Même si les propos restent évidemment assez consensuels (contrairement aux mémoires de certains joueurs retirés du monde du football qui peuvent chercher parfois la polémique pour attirer le lecteur…), ce livre a le mérite de faire partager le quotidien d’un joueur professionnel de football de haut niveau. On perçoit ainsi à travers différents évènements de sa vie privée (morsure d’araignée pendant ses vacances au Portugal nécessitant une hospitalisation, ennuis de santé de sa femme), susceptibles de l’empêcher d’être présent pour le prochain match, la peur quasi-constante du joueur pro de perdre sa place dans l’équipe. En effet, Robertson rappelle qu’il est entré dans le XI suite à la blessure de Moreno (l'écart de niveau entre les deux joueurs rend toutefois la réversibilité fort douteuse…). Les techniques d’entraînement ou de management font l'objet de différentes anecdotes : Outre les conseils du spécialiste de la touche Thomas Gronnemark, les joueurs ont aussi pu bénéficier de l’expérience de Sebastian Studtner lors de la pré-saison, avec des exercices de respiration sous l’eau, qui leur ont permis de consolider leur mental ; Les joueurs peuvent aussi profiter des conseils vidéos de Peter Krawietz, qui projette, à la mi-temps des matchs, 2 ou 3 extraits significatifs de la première mi-temps ; L’intervention du coach peut être également cinglante. A la mi-temps du match contre Villa, où Liverpool est mené à la mi-temps avant de l'emporter en fin de match, Klopp interroge ses joueurs pour savoir pourquoi ils ont si peur de salir leur kit « away » bleu et blanc… Robertson confirme également, à l'occasion de la défaite contre City, l'impact psychologique entre un 4-0 et un 5-0, qui est vécu beaucoup plus difficilement (les Reds Devils confirment-ils?). La vie de groupe est aussi bien restituée. Un karaoké constitue le rite d’entrée pour les nouveaux joueurs (Robbo chanta « Sweet Caroline » à son arrivée). Les personnalités d’Henderson ou de Milner ressortent dans l'animation de la vie de l'équipe ainsi que celle de Paul Small, un des masseurs, qui a la particularité d’être un fan absolu des Toffees…Pareillement, la personnalité des dirigeants comme Mike Gordon, très humble lors d’un voyage avec les parents de Robertson, ou Michael Edwards, est appréciée par l'arrière écossais. Robbo signale également l’importance pour sa carrière de Steve Bruce, son entraîneur qui l’a « découvert » à Hull City. Un passage émouvant réside aussi dans la rencontre avec Trent Alexander-Arnold du fils de Sean Cox afin de le réconforter suite à l’agression de son père. Un point de vue intéressant est, en outre, la non-opposition pour le joueur écossais entre son club et sa sélection nationale. Robbo empruntera d’ailleurs le maillot de Chelsea de son compatriote écossais Billy Gilmour pour le match des Blues contre Manchester City, qui deviendra le match du titre… Relatant les différents temps forts de cette saison exceptionnelle, un focus sur la coupe du monde des clubs au Qatar est effectué. Robbo souligne d'ailleurs que le nombre de supporters de Flamengo a plutôt été bénéfique pour les joueurs de Liverpool en leur procurant une motivation supplémentaire pour la finale. Il est évidemment difficile d’échapper à l'impact de la crise sanitaire. Robbo reconnaît rétrospectivement qu’il regrette d’avoir fait venir ses parents pour assister au match retour contre l’Atletico. Il signale également qu'à la reprise de l'entraînement, sur 40 tests effectués à Kirby, un seul fut non-concluant, celui concernant un arrière gauche écossais… L’ouvrage se conclut sur les célébrations pour le titre. Robbo souligne l’émotion du manager, Klopp pleurant tout en enlaçant ses joueurs. Son discours sera de la même veine : « Ce que vous avez fait est incroyable : champion d’Europe, du monde, d’Angleterre » puis se tournant vers le quatrième gardien recruté en urgence en début de saison « Andy Lonergan, champion d’angleterre, champion d’europe et du monde : Quel type !!! »
  10. La série documentaire, consacrée aux débuts de la Premier League, est particulièrement intéressante pour un nostalgique des années 80-90's car elle permet de comprendre comment le football est devenu un business en une trentaine d'années. Comme le rappelle le documentaire en introduction, le football était perçu, dans les années 80's, comme un sport des « bas quartiers » en Angleterre avec notamment la montée du hooliganisme. Un cartel officieux, composé de Manchester United, des deux clubs de Liverpool, d'Arsenal et des Spurs, chercha donc à créer une nouvelle ligue, ce qui coïncida avec la volonté du propriétaire de Sky Rupert Murdoch de trouver un produit-phare pour convaincre les téléspectateurs de s'abonner. De ce pacte avec le diable, on perçoit clairement qu'il a particulièrement bien fonctionné pour Manchester United, qui devient le club de référence tant sportif qu'économique, au détriment notamment des deux clubs de Liverpool, qui ne surent ou purent s'appuyer sur leurs succès sportifs des années 80... Le documentaire sur les premières années de la PL se concentre ainsi sur une série de rivalités de Manchester United avec Blackburn (avec le premier « nouveau riche » en la personne de Jack Walker, qui fit venir Kenny Dalglish comme entraîneur ou Alan Shearer et remporta un titre de champion malgré une défaite lors de la dernière journée à Liverpool alors que les Reds souhaitaient les voir gagner pour empêcher Manchester d'être champions...), le Newcastle de Keegan ou l'Arsenal de Wenger (Ferguson avait l'habitude de prendre le café avec tous les managers adverses sauf avec le français...). Le documentaire retrace également toutes les tares du football moderne. Les équipes marketing de Sky s'inspiraient du modèle des sports américains dès les années 90's et ont donc introduit les « Monday night » ainsi que des « pom-pom girls » les « Sky Strikers »...Il est réjouissant d'entendre la réaction des fans pendant la mi-temps « what are you doing ??? » qui a conduit (heureusement) à supprimer ces attractions (dont des combats de mannequins) grotesques.... Le succès fut pourtant au rendez-vous tant pour Sky, qui conquit 1 million d'abonnés grâce au foot, que pour Manchester United, dont la valeur passa, grâce aux droits télé et au merchandising, comme le rappelle son président de l'époque Martin Edwards ,de 2,5 millions à 1 milliard en vingt ans...La billeterie ne doit pas être non plus négligée : les abonnements augmentèrent de 70% en quatre ans.... C'est à cette période que les footballeurs devinrent des « stars » invités des émissions télé comme David Ginola ou devenant mannequin comme David James. Ce dernier confia d'ailleurs qu'il avait l'habitude pour se consoler d'une défaite d'acheter une voiture ou une montre. Au regard du nombre de « boulettes » de « Calamity James », on peut penser que sa collection est fournie... La contrepartie devint évidemment que ragots et informations sportives se confondirent rapidement : rumeurs d'homosexualité de Graeme Le Saux, addictions de Paul Merson ou séance de kung-fu d'Eric Cantona (à laquelle le « quotidien de référence » que constitue le Sun consacra dix pages...). Comme le montre l'exemple du « bon client » qu'est Cantona, le cercle vicieux s'installe entre revenus élevés des footballeurs, médiatisation et recherche de scoops...On voit d'ailleurs, dans le documentaire, la génération des Fergie Boys se former à la prise de parole en public... Un exemple malheureux de ce nouveau statut des footballeurs fut Keith Gillespie, ailier prometteur formé à MU puis transféré à Newcastle dans le cadre de l'arrivée d'Andy Cole, qui devint accro aux paris chez les bookmarkers. Pariant sur un match dans lequel il évoluait, il reconnaît avoir ralenti le jeu pour ne pas faciliter un nouveau but de Newcastle qui finalement fut marqué et lui fit perdre plus de 60.000 livres...Il fut déclaré insolvable en 2010... La question du racisme reste aussi prégnante comme le démontre la personnalité du supporter de Crystal Palace, agressé par Canto, qui n'était pas qu'une victime.... M. Simmons représente malheureusement le cliché du supporter violent, raciste et bigot, qui fréquentait trop souvent les tribunes dans le foot de la fin du siècle dernier. On peut même partager, dans une certaine mesure, l'avis de Cantona, qui regrette, dans le documentaire, de ne pas l'avoir plus frappé... Toutefois, comme le souligne Les Ferdinand attaquant noir de Newcastle, la sanction aurait sûrement été plus lourde (prison) pour Canto s'il avait été noir. A une époque où John Barnes recevait des bananes, Ferdinand se souvient de s'être fait insulter par son entraîneur car cela le préparait aux conditions réelles de match... Même si une campagne publicitaire associant Cantona et Ferdinand a été faite par Nike contre le racisme, le sentiment de l'ex-joueur de Newcastle est désabusé devant le peu de progrès réalisé au regard de la situation actuelle. Ces années-là furent cependant aussi celles d'une certaine résistance à la montée en puissance du foot-business avec notamment le blocage de la tentative de rachat par Rupert Murdoch, lors de l'année du Treble, de Manchester United. La mobilisation des fans, qui bénéficièrent de l'aide financière de Roger Taylor le batteur de Queen pour l'organisation de réunions, contribua à la décision du gouvernement de suspendre ce rachat. Dernier apport du documentaire, il a réussi à me rendre Cantona plutôt sympathique. Outre les éclaircissements apportés sur l'agression de Selhurst park, il livre un commentaire très juste sur la question de l'argent dans le foot : « Ce sont eux (les médias, les journalistes » qui ont crée ce système ».
  11. Le documentaire que consacre Canal+ à notre voisin préféré « The United Way » est un peu déroutant car, au final, ce documentaire semble plutôt se focaliser sur la « guest-star » Cantona (avec des commentaires de l’intéressé tout du long particulièrement « grandiloquents ») que véritablement retracer l’histoire du club mancunien. A travers des images d’archives, on comprend néanmoins, comme pour Liverpool, l’importance de la communauté, de la famille même si les « clichés » sur la ville ouvrière (qui abrite quand même deux des clubs les plus riches du monde…) ou rebelle alourdissent le discours d’ensemble. Les ravages de la crise sociale des 70-80’s et du hooliganisme sont évidemment aussi rappelés. La première partie du documentaire, plus historique, permet de se souvenir du rôle-clé de Matt Busby, un écossais, fils de mineur, qui resta 25 ans au club et forma de nombreuses générations glorieuses évoluant à Old Trafford. Il est difficile de rester insensible au récit du crash de 1958, qui coûta la vie à 8 joueurs, avec notamment le témoignage d'une hôtesse survivante de la catastrophe. United dut pourtant rejouer une dizaine de jours après ce drame. Le documentaire passe ensuite sur une page plus réjouissante du club avec la première victoire en coupe d'europe des clubs champions en 1968 à Wembley contre Benfica, alors qu'étonnament les Reds Devils jouaient avec un maillot bleu... La période post-Busby fut plus compliquée avec une succession d'entraîneurs virés (dont l'un parce qu'il trompait sa femme avec celle du kiné...), couplée avec le déclin de Georges Best, qui conduisirent à une relégation puis à un retour en 1ère division sans véritablement pouvoir jouer les premiers rôles (curieusement le « rouleau-compresseur » Liverpool n'est évoqué qu'à la 40ème minute du documentaire...). Des victoires en coupe d'angleterre furent les seuls satisfactions des années de « Big » Ron Atkinson, manager de MU dans le début des années 80, qui conseillait à ses joueurs d'aller au pub. D'ailleurs, le jour où il se fit virer par le board, il organisa une fiesta chez lui avec les joueurs... Vint évidemment le retour du succès avec Ferguson même si la réussite ne fut pas immédiatement au rendez-vous avec trois années difficiles et des appels fréquents à la démission avant une victoire en coupe d'angleterre en 1990, en coupe d'europe des vainqueurs de coupe en 1991 puis, après un échec contre le Leeds de Cantona, enfin le titre de champion, qui ouvrit (malheureusement) la voie à beaucoup d'autres (Giggs reconnaît, dans le documentaire, que les joueurs de Manchester United étaient devenus « assez arrogants »...). La seconde partie du documentaire devient alors décevante car trop centrée sur le passage et la personnalité de Cantona à MU (plus de temps est consacré au coup de pied « kung-fu » à Crystal Palace qu'à la catastrophe de Munich...). On rit toutefois un peu jaune quand on revoit le commentaire de Phil Thompson lors de l'arrivée de Cantona : S'appuyant sur son passage dans un 8ème club, le futur entraîneur adjoint des Reds pronostique qu'« il ne fait pas l’affaire »... Le documentaire se conclut sur le triomphe des « Fergie Boys » lors du treble de la saison 99. Je ne me souvenais d'ailleurs pas que lors de la finale, le Bayern avait touché un poteau alors qu'il menait 1-0... Comme le symbolise le générique de fin, reprenant encore des anecdotes autour de Cantona, ce documentaire reste en-deça des attentes car il se focalise trop sur un joueur alors que pour un grand club, comme Liverpool ou Manchester, aucun joueur ne doit être au-dessus de lui...
  12. Même pour un supporter des Reds, le documentaire, que consacre Jason Ferguson à son père, permet de mieux saisir l'intimité de la carrière de « Sir Alex ». Le documentaire s'ouvre d'ailleurs avec l'accident de santé (une hémorragie cérébrale avec 80% de chances d'en mourir...) qui a failli coûter la vie à Alex Ferguson en 2018 et qui sert de fil-conducteur pour revisiter les riches épisodes de l'existence de l'entraîneur écossais. On pourra ainsi admirer une radio du cerveau de Fergie au cours du documentaire. Ses origines ouvrières (sa famille habite à 200 mètres du stade des Rangers), son caractère vite affirmé de leader (et de protecteur de son petit frère) sont bien soulignés dès le début du documentaire. Ses démarrages difficiles en tant que footballeur sont aussi détaillés. Jouant peu en réserve, il perd peu à peu les pédales, suivant son expression, et se fâche avec son père, à qui il ne parlera pas pendant deux ans. Il envisage même d'émigrer au Canada. Le déclic viendra à l'occasion d'un hat-trick réalisé contre les Rangers, qui lancera effectivement sa carrière d'attaquant et amènera même les dirigeants d'Ibrox Park à le recruter. Paradoxalement, ce choix pour son « club de coeur » se révéla dramatique en raison des tensions religieuses qui secouaient la capitale écossaise. Même si la famille de Ferguson est protestante, sa (ravissante) épouse Cathy est catholique. Interrogé sur ce sujet par la direction des Rangers, le fait que son mariage fut uniquement civil et non religieux lui sauva temporairement la mise... Toutefois, une déroute 4-0 contre le Celtic en finale de la coupe d'Ecosse fut son dernier match sous le maillot des Rangers avant d'être « relégué » à Falkirk. La confession catholique de sa femme en a fait le bouc-émissaire idéal aux yeux des supporters protestants des Rangers... L'importance de son épouse Cathy, après plus de cinquante années de mariage, est particulièrement mise en exergue dans ce documentaire (réalisé certes par un de ses fils). Ce bourreau de travail reconnaît avoir négligé l'éducation de ses enfants (dont l'un deviendra d'ailleurs un agent travaillant parfois avec MU...). Ce sera elle qu'il recherchera du regard dans les tribunes du Camp Nou suite à la victoire historique en finale de ligue des champions en 1999. Après sa carrière de joueur, il devint entraîneur à St-Mirren puis à Aberdeen, où les joueurs ne disposaient même pas de terrain d'entraînement...On perçoit, à travers le documentaire, comment une équipe se construit pour devenir la meilleure d'Ecosse et une des meilleures d'Europe... Ses joueurs d'alors témoignent aussi que le coach est particulièrement motivé pour les matchs contre les Rangers, fruit d'une vieille inimitié...D'ailleurs, lorsque les joueurs célèbrent un nul contre les Rangers, Fergie leur passe une soufflante... Puis le succès vint avec un titre de champion d'Ecosse et une épopée européenne en coupe des vainqueurs de coupe en 1983, Aberdeen, dans une ambiance de folie, éliminant successivement le Bayern puis battant le Real, coaché par Di Stefano, en finale. Il reçut, à cette occasion, de nombreux messages de félicitations dont celui de Bob Paisley (« on est fier de vous »). Son triomphe cette année-là fut complété par une victoire contre les Rangers en finale de coupe d'Ecosse. Il reconnaît devant la caméra que la « vengeance » contre les Rangers fut encore plus savoureuse que la victoire... La suite du documentaire, consacrée à son long passage à Manchester United, est plus convenue et connue. On y apprend néanmoins que : Lors de son arrivée à Manchester, il prend l'habitude d'aller voir la réserve et étoffe la cellule de recruteurs, limitée à 2 personnes (il supervisera notamment le jeune Giggs) ; Pendant les premières années difficiles à la tête du club, les supporters reprenaient « Fergie Out » pendant les matchs. Certains crétins (ça existait donc même avant les réseaux dits sociaux) adressèrent même des lettres anonymes ou des appels téléphoniques menaçants, conduisant ses fils à lui demander de quitter la tête du club ; Pour sortir de cette période difficile, il dût sacrifier son gardien-fétiche d'Aberdeen, Jim Leighton, qu'il avait fait venir à Manchester United ; Le recrutement de Cantona lui a été conseillé par Platini, assisté d'Houllier. Le documentaire s'attarde également sur son plus beau souvenir en tant qu'entraîneur, la finale de ligue des champions de 1999 contre le Bayern avec une prise de vue spécifique sur le banc des entraîneurs. Pour Ferguson, ce match est l'illustration de sa devise « ne lâchez rien », que ses joueurs ont parfaitement mises en oeuvre. On aperçoit également trois-quatre joueurs du Bayern écroulés dans la surface suite au 2ème but (ce dont je ne me souvenais pas, ayant éteint de dépit mon poste TV immédiatement après le but...). Tout au long de ce documentaire, Ferguson apparaît comme un homme passionné, un écorché-vif (pour reprendre les propos de Gordon Strachan) tout en conservant la réputation d'un personnage terrifiant, capable d'en venir presque aux mains avec certains de ses joueurs. Le documentaire se conclut par une cérémonie d'hommage à Old Trafford, où même un fan de Liverpool doit s'incliner devant la richesse de son palmarès...
  13. Y'aurait-il une malédiction à gagner le ballon d'or et porter les couleurs des Reds ? Philippe Auclair, dans ses articles consacrés aux anciens ballons d'or, revient, dans l'édition de décembre, sur un autre « mal-aimé », après Owen, Kevin Keegan, qui est pourtant le seul anglais à avoir remporté deux fois le trophée en 1978 et 1979 (alors que Kenny Dalglish se classait respectivement à la 8ème et 11ème place). Pour Auclair, Keegan n'a pas bénéficié de la reconnaissance que sa carrière aurait mérité. Sa personnalité, totalement étrangère à la vanité, peut constituer une source d'explications. A titre d'exemple, il n'a pas changé de numéro de portable depuis une décennie... Comme il le reconnaît également lui-même, Keegan était moins doué que les autres lauréats ; ses qualités étant plutôt basées sur l'endurance, l'intelligence et le courage. Pour Keegan, « Georges Best avait raison : Je n'étais pas digne de lacer ses chaussures »... Ses choix de carrière peuvent aussi parfois paraître surprenants comme celui de passer d'un Liverpool champion d'Europe à Hambourg, club allemand en développement (son salaire fut néanmoins triplé à cette occasion...). D'une manière générale, Keegan n'était pas l'homme d'un seul club et ne se voyait d'ailleurs pas rester plus que quatre ou cinq ans au sein d'une même équipe. Sa relation avec Liverpool et ses fans ne fut pas toujours idyllique et limita, de fait, l'impact de son héritage à Anfield : - Il regretta, suite à son départ à Hambourg, que Liverpool abuse du désir des joueurs de porter le maillot rouge et leur propose des salaires relativement modestes. Cette franchise ne fut pas appréciée par tous sur les bords de la Mersey... - Lors de son retour en Angleterre, Liverpool décida de ne pas actionner une « clause de retour », le joueur signant finalement à Southampton ; - Il affirma également que Newcastle était son club de cœur, qu'il revint d'ailleurs manager, après avoir coupé totalement avec le monde du foot suite à la fin de sa carrière de joueur : Les tabloïds affirmèrent qu'il ignorait le nom des joueurs qui lui étaient confiés lors de ses débuts comme entraîneur en 1992...
  14. L'article que consacre Philippe Auclair à Owen, dans un numéro de France Foot de juillet en lien avec les ballons d'or du passé, confirme le statut atypique de ce joueur vis-à-vis de l'histoire du Liverpool Football Club et du monde du football de manière générale. Owen est pourtant retourné vivre là où il a grandi dans un manoir gallois (acheté certes 5M£) avec son épouse (rencontrée à l'âge de 5 ans...) et ses quatre enfants, proche de Chester et Liverpool. L'un des derniers clubs de son père Terry, natif de Liverpool, fut, en effet, le Chester City FC. C'est d'ailleurs grâce au père que les supporters des Reds purent bénéficier du talent d'Owen pendant quelques saisons. Une lettre de Steve Heigway au paternel aurait permis d'emporter la décision pour cette jeune pépite, convoitée également par MU, Chelsea et Arsenal... Incontestablement, la carrière du jeune Owen à Liverpool a démarré « comme un tourbillon » : Il pulvérisa le record de buts inscrits en une saison dans la ligue scolaire de Deeside avec 97 buts, détrônant un certain Ian Rush avec 79 buts... Il permit à LFC de remporter sa première FA Youth Cup en 1995-96 avec 11 buts en cinq rencontres ; Il marqua 158 buts en pro pour les Reds ; Il fut le seul joueur de Liverpool à remporter le ballon d'or « en activité » (Keegan, étant déjà parti à Hambourg en 1978...). C'est d'ailleurs Gérard Houllier, encore convalescent, qui lui annonça la nouvelle. Pour Owen, la fierté de son manager fut le principal souvenir de ce ballon d'or. A noter qu'Hyppia (2 points) et Gerrard (1 point) figurèrent aussi dans le classement du ballon d'or en 2001, loin cependant des 176 points du « Wonderkid »... Si 2001 fut l'année du ballon d'or, il se sentait encore plus fort lors des deux saisons précédentes lorsqu'il avait été soulier d'or de la Premier League à 18 et 19 ans... Néanmoins, comme il le reconnaît lui-même, très tôt dans sa carrière à 25-26 ans, il comprit qu'il n'atteindrait plus les mêmes sommets et qu'il convenait de réinventer son jeu basé sur l'accélération et se transformer en un footballeur « qui pense » afin d'éviter les trop nombreuses blessures intervenues suite à des sprints à haute intensité... Comme le fait ressortir Philippe Auclair, le parcours d'Owen en tant qu'ex-footballeur est empreint d'une certaine mélancolie. Son manoir est un musée consacré à sa carrière avec notamment l'exposition du maillot porté lors de la finale de FA Cup contre Arsenal (et vraisemblablement des maillots du Réal, de Newcastle, de MU, où il remporta son seul titre de champion et de Stoke City). Comme l'admet Owen, « c'est tout ce que j'ai maintenant des souvenirs... », même s'il dispose d'un haras et fut même jockey à l'occasion d'une course de charité... Son rapport à Liverpool reste ambigu. Carra, qu'il appelle Carro, avait cherché à le dissuader d'aller au Réal en raison de la concurrence en attaque (Ronaldo le brésilien, Raul ou Morientes...). S'il disposa du meilleur ratio buts par minute de jeu des attaquants du Réal avec 16 buts en 45 matchs dont 26 comme titulaire, sa saison chez les Merengues ne resta pas inoubliable comme les suivantes dans différents clubs anglais. Son appétence pour les Three Lions contribua également à dissiper les souvenirs de ses exploits sous le maillot des Reds d'un Owen, trop lisse, trop « boring » pour entrer réellement dans la légende du club....
  15. Extraits et synthèse de différents articles de presse : Liverpool a été rayée de la liste des 1 125 sites classés au patrimoine mondial de l’Unesco l'été dernier, en raison notamment d'une construction dénaturant le front de mer, le nouveau stade d'Everton !!! La ville, en dépit de la Convention du patrimoine mondial de 1972, a, en effet, lancé le chantier sur le dock de Bramley-Moore. Liverpool avait été classée au patrimoine mondial de l'Unesco après une ambitieuse réhabilitation du front de mer et des docks suivant des décennies de déclin. Pour autant, le Conseil international des monuments et des sites, qui conseille l'Unesco, avait déjà "demandé à plusieurs reprises" au gouvernement britannique de fournir des garanties plus solides concernant l'avenir de la ville, qui figurait depuis 2012 sur la liste du patrimoine en péril. Mais les projets d'aménagements se sont poursuivis, au point de lui faire perdre son authenticité. Le nouveau stade pour le club de football d'Everton, approuvé par le gouvernement sans aucune enquête publique, constitue "l'exemple le plus récent d'un projet majeur totalement contraire" aux objectifs de l'Unesco, a ajouté le conseil. La sanction frappant Liverpool n’avait été prononcée que deux fois jusqu’alors. En 2007, elle avait touché le sanctuaire de l’oryx arabe, à Oman, en raison de la décision du sultanat de réduire de 90 % la zone protégée de cette espèce rare d’antilope. Six ans plus tard, la construction d’un pont à quatre voies avait terni le charme de la vallée de l’Elbe, à Dresde, en Allemagne. Le prestigieux label du patrimoine mondial constitue une aubaine pour le tourisme et encourage les gouvernements à protéger leurs trésors culturels ou environnementaux. Mais l'ajout n'est pas permanent, et ces sites peuvent aussi être déchus de leur statut ou être avertis qu'ils sont en danger. Liverpool risque ainsi de perdre une partie de la manne culturelle avec plus de 15 millions de visiteurs et 750 millions de livres sterling de retombées suite à son titre de « capitale européenne de la culture ». Dans la chronique de politique internationale sur France-inter, Anthony Bellanger livre toutefois le « dessous des cartes ». Outre la représentation du Royaume-Uni par un simple fonctionnaire et non un ministre, la véritable raison de cette humiliation semble résider dans la volonté de la Chine de « punir » le Royaume-Uni suite à l'octroi de 30.000 visas pour des hong-kongais. Les Toffees ne sont donc peut-être pas si coupables que ça....
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