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Paris 1981

Paris 1981 (5/20)

  1. Le « procès à charge » de Jürgen Klopp, mené intentionnellement par Thierry Marchand avec Philippe Auclair et Alexis Menuge dans le numéro de France Football du 6 avril, permet d'être confronté à la "face sombre" du manager allemand, qui bénéficie pourtant habituellement d'une bonne image dans les médias… Alors, que reproche-t-on au barbu le plus apprécié (après Ant ?) sur les rives de la Mersey ? L’article commence par relater une anecdote sur un journaliste de Bild, qui avait cherché à interviewer la mère du manager allemand, diminuée par une maladie neuro-dégénérative (ce que le journaliste ne savait pas) : Il s’est trouvé criblé de coups de pied sous la table par Klopp lors d’une interview à Dortmund… Les journalistes de France-Foot décrivent ainsi un homme éruptif, entier, autoritaire voire autocrate à travers de multiples exemples : - Klopp prend à partie un traducteur lors du match des Reds contre le RB Salzbourg en raison de la piètre qualité de son travail. Il s’excusera toutefois le lendemain et reconnaîtra s’être conduit comme un conn***… , - Son visage déformé par la colère après un but de Naples contre le Borussia (les images sont, en effet, impressionnantes surtout que Kloppo est en costume-cravate…) lui vaudra une expulsion. Il reconnaîtra, là aussi, que son attitude était inexcusable ; - Il connut d’autres accès de colère lors de ses derniers matchs à Dortmund, l’amenant ainsi à dire au chef de presse du Borussia « « Casse-toi, tu fais partie de la même clique que ces journaleux de m*** » ; - Le cas Buvac est évidemment évoqué, qui a pu souvent dire pendant leurs années communes « Kloppo sors en fumer une et calme-toi ». Leur brouille paraît désormais définitive : « J’étais heureux pour Liverpool, ses fans et ses joueurs mais je n’ai pas appelé Klopp pour le féliciter (du titre de champion) » ; - Klopp est reconnu comme un mauvais perdant légendaire. Un arbitre de Bundesliga lui reprochera d'être ultra-agressif pendant les matchs et de constituer un mauvais exemple ; - Ses relations avec ses concurrents, notamment ses collègues managers, peuvent être houleuses. Il reprochera au Bayern de copier le style de jeu de son Dortmund : « Ils sont comme les industriels chinois. Ils regardent ce que font les autres et ils pompent sur eux ». Il y eut ainsi des tensions sur le banc de touche avec d’autres personnalités « bavaroises » comme Mathias Sammer ou Oliver Kahn, alors commentateur pour la télévision. Les autres managers, face à sa morgue, son arrogance ou ses gesticulations sur le banc de touche, sont aussi sans pitié : - Pour Guardiola « Klopp est le meilleur entraîneur du monde pour les spectateurs », - Pour Mourinho « Si je me conduisais sur le banc comme il le fait lui, je n’aurais pas la chance d’y rester" - Pour Jupp Heynckes « un grand coach est celui qui est digne dans la victoire mais aussi et surtout après un revers. J’espère pour lui qu’il le découvrira dans un club plus grand que le BVB ». - Ses célébrations exacerbées, jugées irrespectueuses ou provocatrices, ont été également dénoncées par Franck Lampard, Chris Hughton ou Tony Pulis. Les journalistes de France-Football mettent également en exergue l’ambivalence de Klopp vis-à-vis de l'argent. S'appuyant sur une image d'homme de gauche, rappelée par sa récente opposition au projet de super-ligue, Klopp multiplie pourtant les apparitions publicitaires lui assurant un revenu de 10 M€ annuel en sus d'un salaire déjà généreux de 18,5 M€. S'étant retrouvé père "sans le sou" à vingt ans, son rapport à l'argent reste ambigu même s'il sait faire preuve de générosité comme l'a prouvé un don de 500.000 £ aux associations caritatives durant la crise sanitaire. Tous ces défauts ne sont-ils cependant pas le reflet ou la contrepartie de ses (immenses) qualités ? Icône en Allemagne, omniprésent sur la scène médiatique, Klopp est évidemment un communicant exceptionnel sachant manipuler les médias et se mettre les fans dans sa poche. Il peut être décrit comme un homme passionné, sans limites, qui vit les choses à fond... Pour Andreas Brehme, qui ne figure pas parmi ses partisans, Klopp est quel qu’un d’entier qui déteste perdre et qui peut s’emporter à la moindre critique. Pour un de ses anciens physios à Dortmund, "il peut devenir dingue mais il a toujours les c*** de s’excuser quand il est allé trop loin ». Pour ma part, je continuerai à éprouver une gratitude éternelle pour celui qui a ramené le 19ème titre de champion d'angleterre à Liverpool.
  2. Parmi les différents documentaires qui ont relaté la quête du 19ème titre de champion d’angleterre après trente ans d’attente, « The end of the storm », réalisé par J. ERSKINE, se détache largement de ses concurrents. Il a bénéficié, il est vrai, de moyens supérieurs (les fans de LFC sont ainsi filmés sur place à Calcutta (au sein d’une famille indienne à la ferveur « footballistique » quasi-religieuse, dont le paternel s’inspirera de Thierry Roland lors du sacre : J’ai vu LFC soulever la coupe je peux mourir heureux !!!), en Nouvelle-Zélande (où les matchs sont traditionnellement suivis à 6 heures du matin) aux Etats-Unis, en Egypte et même en Chine à Wuhan…) et surtout a pu s’appuyer sur un partenariat avec le club, permettant l’accès à des images d’archives de Klopp, Hendo ou TAA, des entraînements ou de l’intérieur du stade. Reposant sur une approche chronologique, sans originalité mais efficace, toute les épisodes de la saison 2019/2020 défilent sous les yeux des téléspectateurs ébahis de voir des matchs de foot avec du public dans les stades…On revoit ainsi défiler la blessure d’Alisson lors le match d’ouverture, les matchs contre Manchester, Leicester, la coupe du monde des clubs à Doha ou la première défaite à Watford… Le documentaire permet aussi de profiter de quelques anecdotes notamment sur le manager allemand. Klopp s’était ainsi plaint en 2015, lors de son premier match, des tenues d’entraînement de ses joueurs, qu’il comparait aux costumes dans Star Trek… Le manager allemand se livre, de façon plus personnelle, sur ses relations compliquées avec son père, qui a failli devenir joueur professionnel à Kaiserlautern mais qui semblait s’inscrire plus dans le registre des critiques que des encouragements. Klopp fut le premier de sa famille à faire des études (de sport) et regrette que son paternel n’ait pu suivre son parcours d’entraîneur. Au regard du déroulé de la saison 2020/2021, on ne peut également qu’approuver le constat fait par Klopp sur l’importance de la défense, de l’organisation dans l’équilibre générale de l’équipe. Citant un proverbe footballistique « les attaques gagnent les matchs, les défenses gagnent les championnats », le manager allemand souligne qu’une équipe de football est libre uniquement si elle est protégée… Bien évidemment, la seconde partie du documentaire est tournée vers la crise sanitaire, avec le témoignage émouvant d’un fan de Wuhan, pour qui, pendant la période de confinement « strict », les matchs de Liverpool constituaient le seul échappatoire… On voit la crise monter avec la réponse agacée de Klopp à la question d’un journaliste argentin, venu de Madrid sur le confinement décrété dans la capitale espagnole, qui n’avait d’ailleurs pas empêché le déplacement de 3.000 madrilènes à Anfield…On peut aussi découvrir, à l’occasion d’une vidéo de promotion des gestes-barrières, qu’Alisson est ambassadeur de l’OMS. Le documentaire permet, par ailleurs, de faire partager le quotidien des joueurs, lors de cette crise sanitaire, par visio à l’occasion des entraînements « en distanciel » ou lors de l’anniversaire de Sadio Mané. Un faible respect des gestes-barrières est constaté lorsque les joueurs assistent ensemble au match du titre après le 2ème but de Chelsea contre City…Les « campione » dans le vestiaire, à l’issue du match de la remise du trophée contre Chelsea, permettent enfin de clore la saison ainsi que le documentaire, qui se termine par une version du YNWA de Lana Del Rey (moins rock’n’roll que celle des Dropkick Murphys…) et les photos de différents clubs de supporters de LFC… Un autre documentaire « Klopp The inside story » peut être aussi signalé même s’il reste un peu décousu, oscillant entre le parcours du manager allemand et la quête du 19ème titre de champion d’angleterre. On a toutefois le plaisir d’y retrouver Raphael Honigstein, l’un des biographes de Klopp, Klinsmann (qui serait originaire du même coin de la forêt noire), Stevie G (qui, a priori, a passé son premier confinement à Liverpool puisqu’il voyait Klopp partir faire son jogging et qu’il avait été invité à assister au Chelsea-City avec les joueurs), John Barnes (avec moins de cheveux et plus de bide qu’à la grande époque), James Pearce ou Steve Mc Manaman (qui avait trouvé le limogeage de Rodgers injuste…). Ce documentaire a, au moins, le mérite de replonger le téléspectateur dans l’histoire du club avec des archives de Shankly en shirt ou de Paisley en survet (démodé). Le King rappelle, quant à lui, que le secret de LFC est juste de « faire le boulot » (sic)… Pour justifier son titre, le documentaire relate aussi quelques moments marquants du manager allemand comme ses adieux émouvants à Mayence ou sa participation à une sorte d’ersatz du « qui veut gagner des millions ? » teuton… Un documentaire distrayant mais pas franchement inoubliable…
  3. Le documentaire, réalisé par J-M Goussard, que consacre Canal + à « Platini, le dernier des romantiques », malgré des connexions limitées avec Liverpool (hormis évidemment le terrible épisode du Heysel et l’apparition d’un fanion du club en arrière-plan d’une interview de Roger Rocher sur la caisse noire…), présente l’énorme avantage, pour le quadra et futur quinqua que je suis, de le replonger dans le football « romantique » de sa jeunesse : - Un football d’avant l’argent : Comme le souligne Michel Platini, dans l’entretien qui suit avec Hervé Mathoux, sa génération des années 80 est la dernière avant celle de l’émergence du foot-business. On peut ainsi entendre que Michel Platini avait vu son salaire (déjà « famélique » au regard des standards actuels même compensé par la publicité pour le fameux « Fruité ») divisé par deux suite à son refus de prolonger son contrat avec l’AS Nancy-Lorraine… Le décalage avec la période actuelle est aussi frappant concernant les projets de transfert d’un des meilleurs joueurs au monde. Dans le documentaire, sont évoqués Wolverhampton, Arsenal, les Spurs, Valence, le PSG (de l’ère Hechter/Borelli) qui ne semblent pas être, à l’époque, des équipes de premier plan dans leurs championnats respectifs… - Un football d’avant les médias : Même si le choix de rejoindre la Juventus plutôt que des clubs anglais fut notamment lié à la possibilité de bénéficier d’une trêve hivernale, le documentaire rappelle que le football italien était peu médiatisé, à cette époque, en France : les buts étrangers de Stade 2 du dimanche soir (vraisemblablement à l’origine de mon addiction à LFC…) ne pouvaient ainsi reprendre ceux du Calcio qui venaient de se terminer… Le téléspectateur est également frappé de la proximité des joueurs avec les journalistes et même le public, qui envahit régulièrement les pelouses du Calcio… Il peut être aussi surpris que la co-présentation d’une émission de télé consacré au football international sur Antenne 2 revenait à un joueur en exercice (Michel Platini donc associé à Bernard Père, qui commentaient l’actualité des championnats étrangers dont le Calcio..). - Un football d’avant les datas : Platini, étant aussi sponsorisé par Thomson, il est « rafraîchissant » de le voir présenter les fonctionnalités d’un ordinateur, qui ne relèverait même pas de la préhistoire pour les « digital natives » que nous sommes devenus… De même, le football de l’époque ne s’embêtait pas avec la VAR quand on voit la façon dont Bruno Bellone, filant vers le but lors de la fin de la prolongation du mythique quart de finale entre la France et le Brésil de 1986, a été « séché » sans la moindre intervention arbitrale… - Un football d’équipes nationales : Pour moi qui ne suis plus l’équipe de France (ou les autres équipes nationales) depuis vingt ans, j’ai été frappé par les souvenirs et émotions laissés par ces « bleus » du milieu des années 80 avec les matchs de Séville, de l’Euro 84 ou de la coupe du monde au Mexique. A part peut-être le bref intermède de la coupe du monde 98, j’ai l’impression que le football des équipes nationales s’est arrêté à cette époque… Bien évidemment, tout n’était pas parfait dans cette décennie de la mi 70-80’s comme le rappellent les « Platini, Enc*** » entendus lors d’un match de la Juve au parc des princes ou bien plus tristement la catastrophe du Heysel… On sent d’ailleurs Michel Platini toujours embarrassé lorsque ce sujet est évoqué, à l’instar de sa célébration un peu excessive, au regard du contexte tragique, de la transformation d’un pénalty totalement inexistant (que certains supporters de la Juve les plus proches du terrain ne célèbrent d’ailleurs pas). A la première question sur le Heysel, il préfère d’ailleurs revenir sur la finale de 1983 perdue, empêchant la Juve d’établir une réelle dynastie européenne… Ce documentaire permet donc de restituer une époque et d’apprécier l’évolution du football européen sur quarante ans pour le meilleur et vraisemblablement le pire…
  4. Depuis un an, avec la forte perturbation de l’actualité footballistique engendrée par la crise sanitaire, les classements fleurissent dans France-Football. Le Liverpool Football Club y est plutôt bien représenté : - Classement des matchs mythiques : Sans grande surprise, la finale d’Istanbul figure à la deuxième place derrière l’inoubliable France-RFA de 1982 à Séville. Mais les Reds sont également présents à la 13ème place à l’occasion de leur « come-back » contre le Barca de 2019, à la 39ème place pour celui contre Dortmund en 2016, à la 41ème place pour l’exaltant 4-4 à Stamford Bridge en quart de finale retour de C1 en 2009 et enfin à la 50ème place pour l’émouvante « merseyside » finale de Cup contre les Toffees après la tragédie d’Hillsborough. - Classement des meilleurs joueurs « Dream team du ballon d’or » : Stevie G figure à la 7ème place dans la catégorie des milieux défensifs ou relayeurs (avec Xabi Alonso qui a également joué au Real et au Bayern 15ème) tandis que Kevin Keegan, dans la catégorie Attaquant droit, et King Kenny dans celle d’avant-centre sont situés à la 10ème place de ces catégories respectives. - Classement des 50 personnalités les plus influentes : Jürgen Klopp figure à la 4ème place et Mo Salah à la 38ème place. Il faut également signaler la 26ème place de Raheem Sterling, qui a joué quelques matchs sous un maillot rouge avant de se faire régulièrement huer à Anfield… - Classement des maillots Le maillot de l’équipe de Liverpool remportant sa première C1 en 1977-78 figure à la 15ème place. Personnellement, j’aurais plutôt opté pour le kit de 1984 avec la 4ème C1 contre la Roma à Rome (et qui a d’ailleurs inspiré le kit 2019-2020…). - Classement des entraîneurs Derrière un podium composé de R. Michels, A. Ferguson et A. Sacchi, le grand Bill se classe 10ème juste devant un ancien joueur de Liverpool mais entraîneur de MU Matt Busby. Bob Paisley suit à la 26ème place juste devant Jürgen Klopp (le classement a été effectué avant le titre de champion d’angleterre). Rafael Benitez figure également à la 37ème tandis qu’à ma grande surprise le nom de Roy Hodgson n’apparaît pas… - Last but not least, le classement du plus grand club du monde Liverpool est classé 5ème derrière le Real, Barcelone, MU et le Bayern. Ce classement éminemment subjectif se fonde sur différents « faisceaux d’indice » : nombre de joueurs de ces clubs ayant gagné la coupe du monde, nombre de victoires en C1, la vente de maillots (MU 1er avec 1,8 M / Liverpool 860.000), les revenus 2017-18 (Liverpool 7ème), le plus gros transfert, les affluences au stade (16ème), la valeur de l’effectif (4ème), le nombre de ballons d’or, le nombre de « followers » (sic) (9ème derrière les autres clubs anglais) et le « poids dans l’histoire » (1 Ajax 2 Real 3 Liverpool 4 MU 5 Boca). Même si tous ces classements apparaissent évidemment anecdotiques, il est quand même agréable qu’un club comme Liverpool y figure plus par son histoire (matchs, managers) que par ses joueurs.
  5. L’écoute du podcast de Bruno Constant (même avec un peu de retard…) consacré au football anglais est toujours instructive notamment lorsqu’un numéro spécial est consacré au « Merseyside » Derby. On y apprend notamment que : - Le derby entre Everton et Liverpool FC est surnommé le « friendly derby », les 21 cartons rouges distribués pendant ces matchs étant « compensés » par les liens souvent amicaux ou familiaux unissant supporters des Reds et des Blues ; - John Houlding, le fondateur de LFC plutôt conservateur par rapport aux autres membres du Board d’Everton libéraux, avait déposé initialement le nom d’Everton Athletic (qui fut refusé par la ligue en raison de la trop grande proximité avec l’Everton Football Club…) ; - Ce sont les rebondissements de la finale de Cup de 1986 qui auraient fait basculer Stevie G de « Blue » à « Red » à l’âge de six ans ; - Même si des tensions sont nées suite au Heysel et à l’exclusion des clubs anglais des compétitions européennes privant la grande équipe d’Everton des années 1980 d’un possible sacre en C1 après son triomphe en C2, les témoignages d’amitié et de respect entre les deux clubs ont été nombreux : finale de la Cup 1989 après la tragédie d’Hillsborough, hommage à Anfield au jeune supporter d’Everton assassiné Rhys Jones, le « kilomètre d’écharpes » entre Goodison et Anfield à l’occasion du 25ème anniversaire d’Hillsborough… - Sylvain Distin, ancien joueur d’Everton, signale d’ailleurs qu’hors de toute couverture médiatique, les joueurs d’Everton commémorent annuellement Hillsborough ; - Ian Rush, meilleur buteur de ces derbys avec 25 buts, avait posé à la une d’un magazine de foot avec le maillot d’Everton sous le titre « Rush signs for Everton ». Heureusement, la date du magazine était le 1er avril 1989… L’attachement connu de joueurs emblématiques de Liverpool aux Blues est rappelé que ce soient Steve Mc Mahon ou Robbie Fowler (malgré l’épisode malheureux de la « ligne » de but). Gérard Houllier mentionnait d’ailleurs l’inquiétude de Jamie Carragher, une année où Everton était menacé de relégation en fin de saison, interrogeant le banc d’un « Are we safe ?".
  6. Le moment tant attendu depuis trente ans ? Devant un match sans public, sans joueurs de Liverpool et même sans commentaires (pour cause de grève des journalistes à RMC Sport ce soir-là)…La perspective de repartir une saison entière sur ce format de football «par temps de covid » peut faire peur… La présence de supporters dans les stades, au regard de l’évolution de l’épidémie, paraît, en effet, fort incertaine avant le printemps 2021. Même en cas de réouverture au public, la question de la jauge imposée se posera, ce qui risque d’amener à privilégier les abonnés au détriment des spectateurs occasionnels… Dans ce cadre, la saison 2020/2021 ne risque-t-elle pas de devenir pour les détenteurs de trophées une saison « avec astérique » avec des critiques récurrentes sur les conditions atypiques de son déroulement (absence de public et donc de motivation supplémentaire pour certaines équipes, préparation tronquée et succession de blessures des joueurs) susceptibles d’avoir « faussé » la compétition ? Cette crainte peut déjà être ressentie au regard de certains commentaires prononcés devant les surprises ou les scores-fleuves intervenus depuis la reprise du championnat d’angleterre… Une étude de chercheurs des universités de Liverpool et de Wolverhampton, impliquant 40 arbitres placés en cabine lors d’un match entre Liverpool et Leicester, avait d’ailleurs montré que les fautes sifflées contre l’équipe à domicile étaient 16% inférieures pour les arbitres qui entendaient la foule… Le regretté Jacques Crevoisier, dans France-Football, parlait des trois effets de l’environnement (renforçateur, rédhibitoire ou neutre). Pour lui, la foule peut être utilisée ou ignorée mais une homogénéité est nécessaire entre l’ADN du club, ce que les supporters attendent et ce que l’équipe produit. Dans ce cadre, la culture du « money time » appartient au public : C’est le moment où psychologiquement la foule est la plus influente. Les substituts au public utilisés jusque-là se révèlent, au mieux, peu concluants. La création d’ambiances factices, utilisant des « samplers » de chants de supporters, pose problème sans parler des applications permettant d’applaudir depuis son salon ou le choix fait, par certains clubs allemands, d’afficher les photos des fans dans le stade moyennant finances (dont la recette peut toutefois être reversée à des œuvres de charité)... La critique exprimée par les ultras d’une vision d’un football sans supporters au profit des diffuseurs TV ne peut être totalement négligée surtout pour des clubs qui surfent sur l’image des fans (Liverpool, ASSE, Dortmund), qui fait d’ailleurs partie de la valorisation commerciale du club. Le débat « foot populaire vs foot-business » se coupant de ses valeurs et de ses acteurs historiques reste donc particulièrement prégnant. L’espoir que la crise sanitaire permette d’assainir le monde du football (nombre de matchs et de compétitions, diminution du prix des transferts et du salaire des joueurs) s’est vite révélé vain, chaque organisateur s’attachant à maintenir sa compétition et le nombre de matchs prévus même dans un calendrier resserré. Le traditionnel marché des transferts de l’été ne s’est pas non plus particulièrement illustré par une décrue du prix des transactions notamment en Angleterre tandis qu’une très large majorité des joueurs s’est opposée à toute baisse de rémunération… Le risque est également que la crise sanitaire, une fois passée, contribue à diminuer l’ambiance dans les stades réouverts au public. Le football peut être perçu comme un « rite social », une habitude, qu’une interruption de plus d’une année risque de compromettre…La hausse du prix des places (le prix de l’abonnement à Anfield le plus abordable a augmenté de plus de 1000 % en vingt ans) avait déjà commencé à chasser la working class des tribunes, qui ne constitue désormais que moins de 10% du public en tribunes. La Covid risque de parachever ce mouvement définitivement… Fallait-il donc « restarter » une nouvelle saison ? La survie économique du football professionnel l’imposait. Il n’est pas sûr que le supporter en sorte gagnant…
  7. Doit-on l’arrivée de Jürgen Klopp à Liverpool à l’analyse des données, ces fameuses « data » de plus en plus fréquemment utilisées dans le monde du football ? Le journaliste allemand Christoph Biermann, dans son ouvrage Big Data Foot Comment les données révolutionnent-elles le foot ?, expose ainsi le rôle joué par les données dans le recrutement du manager allemand en 2015. L’équipe d’analystes du club (Liverpool avait embauché, dès 2012, Ian Graham, docteur en physique à Cambridge, en tant que directeur de recherche) avait, en effet, démontré la part d’inhabituel dans la série malheureuse connue lors de sa dernière saison à Dortmund, où le Borussia avait frôlé la zone de relégation pendant une bonne partie de la saison… A l’époque, un analyste Colin Trainor avait conclu que les points attendus (les « expected points » en anglais, notion inventée par Sam Green) de Dortmund en première partie de saison s’élevaient à 30 points, bien éloignés des 15 points engrangés par la bande à Klopp et Buvac…Les expected goals, même s’ils ne prédisent pas le « vrai » résultat, aident donc à dresser un portrait plus clair des matchs… Christoph Biermann montre ainsi, tout au long de son ouvrage, la montée en puissance de la data dans le monde du foot, transformant ce dernier d’un sport d’opinions (voire de « copinage » ou de « café du commerce ») à un sport de connaissances… Historiquement, la Formule 1 a été le sport le plus avancé de la planète en matière de technologie et de données avec une dizaine de capteurs par voiture et 10 téraoctets de données par course…. Cette utilisation intensive de la data s’est répandue ensuite dans les sports américains sur le modèle du fameux Billy « Moneyball » Beane, source d’inspiration de nos actuels propriétaires américains. En 2017, les 30 clubs de Major League de Base ball employaient ainsi 250 analystes. Autre exemple de l’importance de la data dans les sports US, la MIT Sloane Sport Analytics Conference regroupe plus de 4.000 participants lors d’un congrès… Le football a été plus long à se convertir à la donnée en raison notamment de la part accordée à la chance voire à la superstition par ses principaux acteurs, joueurs comme entraîneurs. L’auteur rappelle d’ailleurs que David James crachait sur un mur à chaque match alors que Kolo Touré veillait à entrer le dernier sur le terrain, quitte à arriver après le coup d’envoi…Comme le résume Peter Krawietz, l’un des adjoints de Klopp, le football est un jeu d’échecs qui se joue avec un dé... Dans le monde du football, c’est finalement le manque de moyens qui a conduit certains « innovateurs » à se lancer dans l’aventure de la donnée. Le FC MIDTJYLLAND, champion du Danemark et adversaire de Liverpool en ligue des champions cette année, constitue le parfait exemple de cette démarche. Le club est conçu comme un laboratoire vivant de l’utilisation des Key Performance Indicators pour les transferts et même le changement des joueurs à la mi-temps… Smart Odds, la société de son président, fournit également une liste d’une vingtaine de candidats potentiels pour chaque poste. Des tests de personnalités sont également effectués conduisant à un affichage des « caractères » par des couleurs, pour aider le coach, qui pourra plus facilement « engueuler », pendant un match, un « guerrier » qu’un « créatif »… Au regard de l’expérience de ces pionniers, l’utilisation de la data se généralisa progressivement au sein du football européen. L’Allemagne fut longtemps le pays le plus avancé dans l’utilisation de la data avec notamment le recruteur de Dortmund S. Milinstat, d’ailleurs « transféré » en 2017 à Arsenal moyennant une indemnité de 2M£ (mais qui ne resta que 14 mois au sein du club londonien…). Les clubs anglais se convertirent progressivement à l’utilisation des data. La société Prozone avait travaillé ainsi avec Mc Laren à Manchester United et Sam Allardyce (qui avait fini sa carrière de joueur aux Etats-Unis) à Bolton sans véritable impact. Sous l’influence de Kroenke, ami avec Billy Beane, Arsenal a acheté une société de datas (StatDNA) pour 2M£ et a investi annuellement la même somme en analystes sans succès notables non plus (les datas auraient conduit à refuser Griezmann à l’Emirates…). Désormais, la tendance consiste à un recours accru au digital scouting avec des sociétés offrant vidéos et analyse de joueurs venant des quatre coins de la planète. Des grands clubs, à l’instar de Barcelone, peuvent aussi créer des fonds d’investissement consacrés à l’innovation « ouverte ». Alors les datas dans le football : phénomène de mode ou tendance de fond du football mondial ? L’analyse de la fameuse demi-finale de la coupe du monde 2014 entre l’Allemagne et le Brésil est, à ce titre, assez paradoxale puisque l’équipe, statistiquement inférieure dans tous les indicateurs clés de performance, était l’équipe allemande… A contrario, l’analyse des « expected », datant ci-dessous de trois-quatre ans, consacre des valeurs sûres du foot mondial ou d’autres qui le sont moins comme par exemple : - Expected assists (passe décisive) : Messi 1,73 / Salah (à l’AS Roma) 1,5 / Coutinho 1,21 - Pre excepted goals : Thiago Alcantara 1er; - Excepted goals against : De Gea dans ses grandes saisons à MU + 5,64 / Mignolet -1,1 / Karius -4,1… Pour conclure, au printemps 2018, un spécialiste Data identifie un ailier canadien inconnu comme le meilleur joueur potentiel des dix prochaines années. Alphonso Davies a gagné, deux ans après, la ligue des champions avec le Bayern…
  8. Les grands drames du sport : Le Heysel Un documentaire un peu ancien mais intéressant, dans la série des grands drames du sport diffusée sur RMC Sport, consacré au Heysel. Le documentaire présente l’avantage de regrouper les témoignages de nombreux acteurs de ce terrible drame : les forces de police (gendarmerie, le commissaire de Bruxelles), la Croix-rouge, des supporters français de la Juve venus en famille au match, des joueurs (Paolo Rossi ou Bruce Groobelaar) et même notre « Jean-Mimi national », qui avait commenté le match pour la télévision… Les dysfonctionnements des forces de l’ordre, peu habitués à ce type d’évènements, sont rapidement mis en exergue. Le « patron » des gendarmes reconnaît lui-même qu’il ne connaissait pas le monde du football et qu’il avait été désigné 48 heures avant le match car le « titulaire », initialement prévu, avait réussi à obtenir une place pour le match… La chronologie des faits est bien restituée. Les premiers supporters ivres (plutôt anglais…) sont signalés dans l’après-midi avec quelques bagarres et « passages en force » au stade en cas de recherche infructueuse de billets… Les premiers incidents interviennent avec l’envoi de de fusées en direction des tribunes italiennes (que, selon certains témoins, Dalglish et Groobelaar auraient applaudi), un drapeau italien brûlé et une rumeur (non-confirmée) d’attaques de supporters anglais…Pendant ce temps, les forces de gendarmerie sont occupées par une affaire de vol dans une friterie à l’extérieur du stade… Le mot d’ordre devient rapidement « Se battre ou se sauver » quand une trentaine d’anglais « chargent » dans le bloc « neutre » 2 puis quand une cohorte, cette fois plus nombreuse, de 400 anglais s’attaque aux gendarmes…Il est surprenant de constater que les policiers ou les journalistes, dans leurs témoignages, indiquent ne pas avoir perçu la gravité de la situation jusqu’à l’effondrement du mur (Bruce Groobelaar entendit un sinistre crac…). Les joueurs de la Juve ne disposent d’aucune information alors que les joueurs de Liverpool, plus proches du bloc 2, commencent à comprendre l’ampleur du drame ; Groobelaar et Fagan distribuant d’ailleurs des serviettes aux personnes blessées… Comme le résume Jean-Michel Larqué, la situation devient un « b*** sans nom » tandis que d’autres témoins parlent de médecine de guerre…Le témoignage du père d’une supportrice de la Juve, morte à 17 ans au stade, est particulièrement poignant… Dans ce chaos, les supporters de Liverpool attendent que le match commence (une très large majorité seront sous le choc lorsqu’ils apprendront le nombre des morts et blessés)…Comme le résume un des supporters de Liverpool interviewé, il s’agissait d’une ambiance « normale de bagarre » comme on en voyait souvent dans le football anglais des années 80 miné par le hooliganisme… Pour des raisons d’ordre public et éviter de nouveaux incidents à la sortie du stade, le bourgmestre de Bruxelles prit la décision de jouer le match alors que les capitaines des deux équipes sont invités à calmer leurs supporters (ce qui n’empêcha pas Groobelaar de trouver deux couteaux dans sa surface de réparation…). Le documentaire revient sur la polémique liée à l’exultation de Platini lors de son pénalty puis le tour d’honneur de la Juve suite à sa victoire. Ce dernier a été néanmoins demandé par la police pour que les supporters de la Juve restent dans le stade… 26 supporters anglais, l’UEFA et le commissaire de police seront poursuivis mais sans réelles condamnations pour quatorze hooligans, dont les peines ne seront jamais exécutées…De manière similaire, le capitaine de gendarmerie sera condamné à 9 mois de prison avec sursis mais continuera sa carrière dans les forces de l’ordre… Comme conclut Jean-Michel Larqué, « il me reste un peu de honte ». C’est malheureusement le sentiment que tout supporter des Reds doit ressentir devant cette « page noire » de l’histoire du Liverpool Football Club…
  9. Le documentaire de Canal + « Out of the rain », consacré à la si longue attente d’un dix-neuvième titre de champion d’angleterre par les supporters du Liverpool Football Club, m’a légèrement déçu car, paradoxalement, il n’évoque pas la « part d’ombre » du club et ne fait ressortir, à l’instar des DVD commercialisés il y a 10-15 ans par le club, que ses « bons côtés »… Il est fait ainsi mention de la culture ouvrière de la ville et de l’unanime détestation envers les conservateurs et surtout « Miss Maggie ». Le documentaire aurait pu peut-être rappeler, comme élément de contexte, que le football anglais du début des années 80 était miné par le hooliganisme, qui a conduit à la catastrophe du Heysel, qui n’est pas non plus évoquée…. De même, il aurait pu être intéressant d’interroger le panel d’abonnés choisis pour le documentaire sur leur ressenti vis-à-vis de la « gentrification » du public à Anfield, de l’augmentation exponentielle du prix des places et de la perte d’ambiance en découlant ainsi que sur le renouveau économique de leur ville, basé sur les services et non sur l’industrie… Sur un autre plan, le documentaire évoque le retour gagnant du King Kenny, en tant que manager de Blackburn, offrant le « titre par procuration » à Liverpool au détriment des voisins mancuniens. Il aurait pu être, là aussi, intéressant d’interroger ces supporters sur leur sentiment après l’annonce de l’éviction brutale en 2012 de leur joueur puis manager légendaire par les nouveaux propriétaires américains après une saison moyenne en championnat mais ponctuée d’une coupe de la ligue et d’une finale de cup… Parmi les « impasses » relevées, le rachat du club par la désastreuse paire Hicks/Gillett n’est pas, non plus, abordé alors qu’un supporter mentionne que le manque de puissance commerciale n’a pas permis à Rafa Benitez de véritablement lutter avec les équipes de Sir Alex notamment durant la saison 2008/09. D’une manière générale, au regard de ces trente années d’attente totalement inimaginables pour un suiveur du football anglais dans les années 70 ou 80, le documentaire aurait pu chercher à explorer les raisons du décrochage de Liverpool face à Manchester United au moment crucial de l’émergence du foot-business avec le développement des droits TV et du merchandising…L’inertie rencontrée pour l’agrandissement d’Anfield ou la construction d’un nouveau stade aurait pu également faire réagir les supporters interviewés. Par ailleurs, la vision de ce football en période de Covid sans supporters aurait pu être approfondie : La joie « anonyme » de ce titre de champion n’a t-elle pas été un peu altérée par le contexte sanitaire ? Les supporters souhaitent-ils surtout repartir sur une nouvelle saison sans (ou avec très peu…) public dans les stades ? Tout évidemment n’est pas à jeter dans ce documentaire : Cela fait toujours plaisir de voir des images de la ville de Liverpool ou des matchs de foot avec du public (ainsi que Mo Salah sans barbe avec Chelsea en 2014…). De même, les passages liés à Hillsborough apportent une vraie émotion avec ce supporter gardant précieusement sur lui le verdict de la commission… Toutefois, à l’instar de la musique de Phil Collins à la fin du documentaire, l’ensemble reste, pour moi, trop « commercial » utilisant parfois les ficelles du mélodrame (la fameuse glissade de Stevie G, les larmes de Suarez contre Palace…) pour véritablement satisfaire pleinement un supporter des Reds…A titre de comparaison, les 10 minutes de « Tribunes libres » sur Arte, consacrées à Liverpool et Jamie Webster m’ont paru plus intéressantes…
  10. rafalabamba

    Podcast

    Le titre de champion d’Angleterre de Liverpool a pu justifier des podcasts dédiés de la part des « tacticiens » de « Vu du banc » du spécialiste du foot anglais Bruno Constant ou de Didier Roustan. Il est frappant de constater que ces podcasts mettent à l’honneur des « hommes de l’ombre », qui ont pourtant joué un rôle prépondérant dans le succès actuel des Mighty Reds. Bien évidemment, l’influence de Jürgen Klopp est soulignée. Comme le rappelle Bruno Constant, le 1er changement apporté par le manager allemand à Melwood fut la cafetière afin de boire du bon café…Il met également en lumière sa capacité à imposer une forte discipline à l’intérieur de son groupe (comme peut en témoigner M. Sakho, passé en quelques semaines de « héros à zéro ») tout en restant « cool » pour l’extérieur. L’équipe de Vu du banc loue aussi la capacité de Klopp à déléguer à des spécialistes (comme celui des touches) et le compare à Wenger dans sa qualité de bâtisseur et de modernisateur d’un club sur la durée. Outre Klopp, les podcasts mettent donc à l’honneur Michael Edwards et Pep Lindjers. L’équipe de Vu du banc rappelle notamment le rôle de Michael Edwards et de la cellule de recrutement sous Rodgers, qui critiquait d’ailleurs le travail du département d’analyse, lui reprochant ses propres échecs...Edwards va ainsi chercher Firmino tandis que Rodgers voulait absolument Benteke…On comprend également que Rodgers aurait refusé initialement Coutinho et Sturridge… L’autre contribution majeure est celle apportée par Pep Lindjers qui a rendu l’équipe plus « cynique » avec une parfaite maîtrise de « l’attaque placée », de la gestion des temps forts / temps faibles, ce qui permet de gagner « ugly » et surtout de remporter les championnats… Les podcasteurs de « Vu du banc » soulignent enfin l’éclosion des latéraux, qui a permis de suppléer le manque de créativité au milieu. Le même constat est d’ailleurs fait par Didier Roustan, qui trouve surprenant le faible nombre de joueurs véritablement créatifs au milieu de terrain pour une équipe « dominatrice » en comparaison de ses devancières. Dans un registre plus « lunaire », Didier Roustan avait, en effet, consacré, fin 2019, un podcast dédié à Liverpool où il entonnait gaiement les paroles du YNWA… Son histoire d’amour avec Liverpool remonte à ses voyages linguistiques à 13 ans pour aller voir un Liverpool-MU en partant de Torquay…Arrivé légèrement en retard après un si long trajet, il n’entendra pas le YNWA mais tombera amoureux du Kop alors qu’il était plutôt fan de Georges Best et de Manchester United… Il consacrera d’ailleurs un Téléfoot spécial à Liverpool en 1988. A ma grande honte, je n’en ai gardé aucun souvenir… Signe de qualité pour conclure, le podcast se termine en évoquant le Red or Dead de David Peace…
  11. rafalabamba

    Uncle Bob

    Dans ces temps difficiles, rien de tel que se référer à la vie des « grands hommes » : John Keith, déjà biographe de Bill Shankly, Billy Liddell ou Ian Callaghan mais également de Dixie Dean, la légende d'Everton des années 30, consacre une biographie officielle (et parfois un peu convenue...) à un des plus grands managers du football anglais et surtout du Liverpool Football Club, Bob Paisley... On retrouve d'ailleurs parfois le rythme monolithique de «Red or Dead » de D. Peace avec la succession des saisons et des matchs, qui permet aussi de se remémorer de nombreux épisodes glorieux de l'histoire du club (Saint-Etienne, Rome, Paris...). Comme toute biographie concernant LFC qui se respecte, la préface est assurée par le « King Kenny », qui rappelle le parcours exemplaire de Bob Paisley, en tant que joueur, physiothérapeute, assistant de Bill Shankly puis manager et directeur avant de lui servir de conseiller pour l'assister dans ses premiers pas d'entraîneur.... Avec une moyenne de deux trophées par saison (19 en neuf saisons en incluant certes les Charity shield et les super-coupes d'europe...), personne ne paraît en mesure de rivaliser avec « Uncle Bob » ; Ferguson « tournant », par exemple, à 1,4 trophée par saison à Manchester United. L'armoire à trophées de Bob Paisley, de 1974 à 1983, est, en effet, copieusement garnie de six titres de champion (et deux places de dauphin ), 3 coupes d'europe des clubs champions remportées à Rome, Wembley et Paris, 1 coupe de l'UEFA, 3 coupes de la league lors de ses trois dernières saisons, 5 Charity shield et 1 super coupe d'europe...Ne manque qu'à ce fabuleux palmarès une FA Cup (trophée que ne remportât pas non plus l'autre grand manager de l'époque Brian Clough)... Il fut également six fois manager de l'année. Les équipes de Paisley lui assurèrent aussi une série d'invincibilité de 63 matchs à domicile en championnat (85 en tout) et 11 déplacements à Wembley devenu « Anfield South ». Comme il le disait avec humour, «je suis surpris qu'il ne m'est pas été demandé un loyer...» Pourtant, comme s'insurge son biographe, Bob Paisley, contrairement à Sir Alex, ne sera jamais anobli, vraisemblablement en raison de l'image négative du football à l'époque « thatchérienne », ternie par la montée du hooliganisme et qui n'avait pas encore acquis le pouvoir économique de la Premier League des années 90... Même si Paisley eut la vision de l'importance grandissante de la publicité, du sponsoring ou de l'émergence des agents de joueurs, la situation économique du football anglais n'était, en effet, pas florissante (à l'époque...). En 1979, par exemple, le profit réalisé par le club s'élevait seulement à 71.000 £ pour un chiffre d'affaire de 2,4 M£. A titre de comparaison, lors de la coupe intercontinentale contre Flamengo, Zico était payé 20.000 £ par mois tandis que Bob Paisley émargeait à 50.000 £ à l’année... Bob Paisley vit le jour dans la région de Durham dans une famille de mineurs, dont le père ne souhaitait pas que ses quatre fils suivent son chemin. Doué pour le football, il se rendit ainsi à Liverpool le 8 mai 1939 pour rejoindre un club, dont il se révéla être un des plus grands serviteurs pendant les cinq décennies suivantes... Il côtoya, à cette époque, le légendaire Billy Liddell, dont il ne put d'ailleurs être le témoin de mariage, venant lui-même de se marier avec son épouse Jessie trois jours plus tôt et étant donc logiquement en lune de miel... Il gagna son seul titre de champion en tant que joueur en 1947 et connut l'immense déception de ne pas être sélectionné pour la finale de Cup (perdue) en 1949, ce qui l'amena à s'interroger fortement sur son avenir au sein du club. Il y resta finalement et termina sa carrière en 1954 après 277 matchs joués et 12 buts marqués. Il suivit rapidement des cours par correspondance de physiothérapeute et le club lui proposa de s'occuper de la réserve. Paradoxalement, à l'arrivée de Bill Shankly, il craignit de se faire licencier, un nouveau coach étant généralement accompagné de son staff. Heureusement, Bill Shankly vint seul et ce fut le début d'un partenariat lumineux reposant sur deux caractères totalement différents. Comme disait Bob Paisley, « Bill ne donnait jamais un conseil, il donnait un ordre ». Pour Ian Callaghan ou Kevin Keegan, Shankly était le motivateur suprême tandis que Paisley se démarquait par son savoir tactique. Bob Paisley, outre le fait d'être parti trop tôt à la retraite, ne reconnut qu'un seul défaut à Shankly : Il était trop loyal envers les joueurs déclinants. Au contraire, « l’oncle Bob » se soucia d’injecter des forces neuves régulièrement et put même, bien loin de l'image d'un grand-père débonnaire, être assez rude avec des anciens, comme Ray Kennedy, à la fin de leur carrière. Il n’hésita pas non plus à retirer le brassard à Phil Thompson pour le confier à Graeme Souness afin d’essayer de relancer la carrière de joueur de Thommo… Pour Alan Hansen, Paisley ne montrait aucune émotion pour sélectionner les 11 meilleurs et tenir les joueurs motivés. Il alla également au clash avec Phil Neal: « Si des joueurs veulent jouer pour nous, ils doivent être professionnels. Je ne veux pas de plays-boys ou de fêtards ». Il fut pourtant largement apprécié par les joueurs sous ses ordres, qui insistèrent, par exemple, pour qu'il aille chercher, malgré sa modestie naturelle, son dernier trophée, remportée à Wembley en finale de la coupe de la ligue. Un gâteau d'anniversaire lui fut également offert, au retour d'une victoire, sur la route. Paisley dit alors aux joueurs « Si vous jouez toujours comme ça, cela sera mon anniversaire tous les jours ». Il disposait aussi d'un « génie » pour diagnostiquer et traiter les blessures si bien qu'outre les footballeurs, il prenait en charge d'autres sportifs ou des danseurs. Il refusa tout de même de s'occuper d'un lévrier qu'une connaissance lui avait apporté... C'est lui également qui lança le « boot room » avec Joe Fagan, qui put s'honorer de la visite d'Elton John alors président de Watford...Le boot room fut détruit lors de la rénovation d'Anfield en 1993 et fut remplacé par une salle de presse. Un peu de la « Liverpool Way » disparut à cette occasion... La carrière de Bob Paisley comme manager aurait pu cependant être très courte. Comme cela a été souvent dit, Bob Paisley accepta, avec une certaine réticence, de prendre la suite de Bill Shankly, certains joueurs anticipant d'ailleurs un règne de transition. Les premiers mois furent particulièrement difficiles. La presse le fâcha avec Shankly, qui ne vint plus aux entraînements à Melwood, en raison d'un article erroné, sous-tendant qu'il était déjà « aux commandes » quand il était assistant. La disparition de l'ombre de Shankly (les joueurs continuaient à l'appeler « Boss » quand il se rendait aux entraînements) a pu toutefois être bénéfique à moyen terme pour Paisley... Surtout, après quelques mois après sa prise de poste, il présenta sa démission au secrétaire du club Peter Robinson : Il avait du mal avec la presse et les fonctions administratives, qui finalement relevèrent de Tom Saunders. Il revint donc sur sa décision, au bonheur de tous les supporters de Liverpool, et signa son premier contrat pour le club en 1975 d'un montant de 105 000 £ sur sept ans (soit moins que certains salaires hebdomadaires actuels..). Bob Paisley travailla « à la confiance » de 1954 à 1975 : Autre temps, autres mœurs que l'on peut évidemment regretter... Au fil du temps, il sut pourtant amadouer la presse et s’en servir. Il réussit ainsi, en le mettant en valeur quelques semaines avant une rencontre en coupe d'europe, à déstabiliser le joueur-phare de l’Aberdeen d’Alex Ferguson Gordon Strachan. Ferguson reconnut d'ailleurs qu’Aberdeen fut totalement dépassé par le jeu en mouvement de Liverpool… Après une année blanche, les titres commencèrent à s'accumuler avec un premier titre de champion en 1976 et une première coupe d'europe des clubs champions en 1977. Ratant le triplé à cause de la finale perdue de la Cup contre Manchester United, Bob Paisley reconnaîtra l'erreur tactique de ne pas avoir fait jouer Ian Callaghan comme 4ème milieu pour privilégier un système à trois attaquants, qui convenait moins bien à Liverpool, afin d'emporter la décision et d'éviter d'avoir à rejouer une éventuelle finale en juin... Heureusement, cette défaite fut vite surmontée dans le train du retour avec une bataille de « sucre » et permit même de remotiver les joueurs pour la finale de C1 à Rome, où Kevin Keegan, pour son dernier match pour Liverpool, fut si virevoltant que Berti Vogts, chargé de le marquer, lui offrit un verre après la rencontre... Paisley fut le premier manager à perdre un grand joueur (Kevin Keegan) pour l'étranger. Comme il le résume alors, « Je ne veux pas l'argent. Je veux une équipe !!! ». La connexion écossaise avec Dalglish, Alan Hansen (qui a représenté son pays dans 4 sports : football, volley, golf et squash...) et Souness permit de facilement surmonter cette perte et de rebâtir une équipe qui fut sûrement la meilleure de l'histoire de Liverpool lors de la saison 1978-79 avec 68 points sur 84, 85 buts marqués et 16 encaissés, 30 victoires (dont 19 à la maison et 2 nuls), 8 nuls et 4 défaites... La seule contrariété fut l'élimination au 1er tour de la C1 contre le Forest de Clough, dont la prestation marqua Paisley, qui paria alors (avec succès) sur eux pour la victoire finale...Nottingham Forest fut un peu la « bête noire », à l'époque, de Paisley même si Liverpool stoppa leur série d'invincibilité de 42 matchs en championnat (que le Liverpool de Klopp a dépassé cette saison...). Outre ses « stars », Paisley sut s'appuyer sur un groupe de joueurs dont l'influence ne doit pas être mésestimée comme Ian Callaghan, Terry Mc Dermott, Emlyn Hugues ou Ray Kennedy. D'ailleurs, en sept ans, cinq joueurs de Liverpool furent élus joueurs de l'année : Callaghan (74), Keegan (76), Hugues (77), Dalglish (78) et Mc Dermott (80)... On faillit même assister au retour de Keegan au club. John Smith et Peter Robinson se sont, en effet, rendus à Hambourg pour persuader Keegan de revenir lui proposant même un rôle de joueur-entraîneur qui pourrait un jour succéder à Paisley...Comme le faisait remarquer ironiquement Bob Paisley à propose d'une possible épitaphe : « Bob Paisley a été un manager qui a connu le succès mais il est probablement le plus infortuné de tous car il n'a jamais eu Keegan et Dalglish dans la même équipe de LFC... ». Même s'il ne connut plus de succès en Europe après 1981 avec des éliminations en quart contre Sofia puis Lodz à cause d'une erreur de Groobelaar (il l'avait pourtant averti, à son arrivée, au regard de ses « facéties » : « Si tu n'as rien à faire dans le match, tu seras quand même payé »...), Liverpool reprit sa domination en championnat interrompue en 1981 par Aston Villa. Après avoir annoncé à l'été que la saison 82/83 serait sa dernière et qu'il serait remplacé par Joe Fagan, Liverpool fut facilement champion avec 82 points, soit onze points d'avance sur son dauphin Watford et en n'ayant pris que deux points sur les sept derniers matchs... Un dîner de gala et d'adieu eut lieu en novembre 1983 et permit de réunir notamment Matt Busby, Howard Kendall et Joe Fagan. Il entraîna ensuite un mois en Indonésie et eut quelques ouvertures avec des sélections (dont l'Irlande) mais malheureusement la maladie d'alzheimer se manifesta assez tôt. Il fut même « piégé » par un journaliste à sensation disant du mal du club... Il managea enfin une équipe des jeunes de moins 21 ans de Liverpool, affrontant leurs homologues de la Juventus en septembre 1989, quatre ans après le Heysel. Son état de santé se dégradant, il démissionna de son poste de directeur le 7 février 1992 et décéda le 14 février 1996 à 77 ans. Les joueurs de LFC et Bobby Charlton assistèrent à son enterrement. Comme le résume son capitaine Graeme Souness, « c'est quelqu'un dont on se souviendra tant que LFC existera ». Il serait toutefois intéressant de savoir si Bob Paisley, l'homme modeste à l'image un peu « vieillote », qui n'aimait pas se mettre en avant et n'était pas spécialement à l'aise dans les médias, aurait pu trouver sa place dans le football-business de la Premier League, où le « paraître » prend souvent le pas sur d'autres considérations...
  12. Coup de chapeau à Red All Over the Land (RAOTL), le dernier fanzine consacré à Liverpool, qui sort un numéro malgré l’arrêt des matchs, principales sources de vente, pour ses abonnés et pour la banque alimentaire, à qui est reversée une large majorité des bénéfices effectués… Paradoxalement, l'absence de matchs permet de prendre de la hauteur par rapport au récit d'une actualité quotidienne (commentaires des derniers matchs ou récit de déplacements). On retrouve notamment dans ce numéro : Une présentation de Peter Carney, un « scouser pur jus », qui organise, avec le « Believerpool Bus », des tours de deux heures autour du LFC les jours de match ; La chronique habituelle des membres de la branche new-yorkaise de LFC, où Carra avait prévu une visite pour la St-Patrick annulée à cause de la crise sanitaire... Une course « virtuelle » de 5 miles s'est tenue le 16 mai pour les 96 en lieu et place de la traditionnelle édition dans le Stanley Park ; Un contributeur passe en revue sa collection de vingt-huit années de fanzines avec The Kop, The End, Through the wind and the Rain, Our days are numbered, Well Red ou Another Vintage Liverpool performance et bien évidemment « The Liverpool Way » ou RAOTL ; Un superbe article sur Ronnie Moran, qui servit le club pendant 49 ans. En tant que joueur, il fut arrière gauche et capitaine à l'arrivée de Shankly et joua son dernier match contre l'Inter à San Siro en 1965. Ses « punchlines » sont restées célèbres comme « Je ne sais pas pourquoi tu es si content. Tu aurais pu en marquer deux de plus » au jeune Fowler auteur d'un quintuplé contre Fulham...Vivement la lecture de son autobiographie « Mr Liverpool » !!! De bons articles également sur Markus Babbel et Pepe Reina. Pour ceux qui veulent s'abonner https://redallovertheland.com/subscribe/ : La version numérique est à 8 livres la saison...
  13. PL Legends Jamie Carragher Disette footballistique oblige, même les produits "calibrés et commerciaux" de la premier league méritent un coup d'oeil... Cette courte pastille, d'une vingtaine de minutes, si elle ne développe pas forcément le sens critique, permet de se replonger dans les images d'époque et de revoir, avec quelques années de plus, Stevie G, Owen, Hyppia, Danny Murphy, Heskey et Phil Thompson en tant qu'adjoint d'Houllier. On apprend notamment que : - le derby de la Mersey est le match le plus important pour Carra, fan d'Everton devenu supporter des Reds. Comme le rappelle Thommo, l'histoire de la ville de Liverpool justifie d'avoir du respect pour les deux clubs; - Carra reçut un carton jaune 20 secondes après sa première titularisation pour un tacle appuyé. Pour Ronnie Moran, ce fut une bonne chose permettant au "rookie" de décompresser... - Ronnie Moran était justement le "bad cop" de Roy Evans manager; - Il juge au départ que le "joint management" Evans-Houllier était une bonne chose avant de reconnaître qu'il ne pouvait fonctionner à moyen terme; - Comme Thommo le reconnaît, Houllier souhaitait que ses équipes soient fortes défensivement et s'appuient sur un jeu direct avec Emile Heskey comme pivot; - Lors de la saison du Treble, Emile Heskey était "injouable" pour Michael Owen (j'aurai plutôt dit l'inverse...) - Carra ressentait que Liverpool était favori pour la finale de LDC de 2007 - Il juge injuste l'éviction de Dalglish même s'il reconnait la difficulté à lutter avec MU, Chelsea et Arsenal. Distrayant mais il aurait été intéressant de creuser certains sujets comme les deux dernières années d'Houllier, la gouvernance Hicks-Gillett ou un éventuel regret de ne pas avoir participé à la course au titre de 2013-14 (un "taulier" en défense aurait pu glaner les quelques points qui ont manqué au final...).
  14. L'autobiographie de Ronnie Whelan « Walk on – My life in red » permet de se replonger dans une période-charnière pour le Liverpool Football Club, qui descendit de son piédestal des années 70-80 pour entrer dans une ère de la premier league beaucoup moins glorieuse... Le dernier des 493 matchs joués par Ronnie Whelan pour Liverpool (qui lui permirent de remporter six titres, 4 places de dauphin, 1 coupe d'europe des clubs champions à Rome, 2 FA Cup et 3 coupes de la ligue) fut d'ailleurs aussi le dernier match du « Kop » contre Norwich... Ronnie Whelan entra également dans l'histoire du club en marquant au moins un but pendant 14 saisons successives (seul le légendaire Billy Liddell fit mieux en 15 saisons...). Comme beaucoup de biographies d'anciens joueurs de LFC, la préface est assurée par Kenny Dalglish (dont on apprend le surnom « Super »), qui rappelle notamment qu'il fit de Whelan son capitaine au début de la saison 1988/89 Prenant la suite de son père, prénommé également Ronnie, qui avait été deux fois international pour l'équipe d'Irlande, Ronnie Whelan fit des essais à MU, Everton ou le Celtic avant de rejoindre Liverpool. Il fut accueilli, lors de ses premiers entraînements, où il avait eu la maladresse de lui envoyer un ballon en pleine tête, par le toujours chaleureux Tommy Smith « « Je te casserai ton p*** de dos si tu refais ça !!! »... Il eut la chance de marquer dès sa première titularisation contre Stoke et fit rapidement sa place au sein de l'équipe première. Il fut, à ce titre, impressionné par la capacité de son manager Bob Paisley à lire le jeu et identifier les faiblesses de ses adversaires ainsi qu'à repérer et recruter les joueurs capables d'entrer dans le « moule LFC ». En revanche, Bob Paisley n'était pas un grand communicant. Lors des réunions du vendredi matin à Melwood devant une tasse de thé, le discours de Paisley se résumait souvent à « Même équipe, mêmes remplaçants, on y va !! ». Sa carrière fut évidemment marquée par les grandes tragédies du Heysel et d'Hillsborough. Pour le match contre la Juve, il voit dans les yeux de l'arbitre la peur d'accorder un pénalty, qui aurait conduit à une prolongation suite au pénalty injustement accordé aux italiens et transformé par Platini. Il reconnaît s'être conduit en « footballeur égoïste » et d'avoir pleuré après ce match « volé », le privant d'une nouvelle C1. Le Heysel marquera d'ailleurs la fin de sa carrière européenne avec l'exclusion de Liverpool des compétitions européennes. Concernant Hillsborough, il se souvint de s'être senti totalement isolé dans les vestiaires puis de la visite des hôpitaux, ponctuée parfois de petites joies avec le réveil d'un malade qui était salué par les joueurs. Il fut particulièrement affecté par la disparition d'un homonyme Ian Whelan, âgé seulement de 19 ans, relaté dans le journal local. Ce tragique événement l'aida aussi à mieux comprendre la détresse des familles touchées par le Heysel. La perte du championnat cette saison, avec le final dramatique contre Arsenal, est dû, selon lui, à l'accumulation des matchs et à la décision du diffuseur TV de faire jouer le match vendredi et non le dimanche... Le public d'Anfield savait toutefois que son équipe avait tout donné lors des huit derniers matchs et l'a justement acclamée ainsi que les gunners...Pour le vestiaire de Liverpool, l'important était que cette saison maudite se termine... Pour lui, sans le Heysel et Hillsborough, Dalglish serait devenu un très grand manager dans l'histoire du club car il savait, à l'instar de Paisley, comment construire ou rebâtir des équipes. A ce titre, il place l'équipe de 87/88 devant celle de 83/84 de Fagan mais derrière celle de 78/79 (que l'équipe 2019/20 risque d'ailleurs avoir du mal à détrôner en raison de la crise sanitaire...). La démission de Dalglish fut l'occasion d'une blague du staff ; Ronnie Moran et Roy Evans annonçant qu'Alan Hansen prenait la suite et instaurait un nouveau régime reposant sur plus d'entraînement, de vidéo, de diététique et la fin de la culture de la boisson... C'est finalement le programme qu'allait mettre en œuvre Graeme Souness lors de sa prise de fonctions. Si Ronnie Whelan juge que Souness est le meilleur joueur de l'histoire du club en raison notamment de son « leadership », son bilan en tant que manager est beaucoup plus contrasté... Il est sûr que Souness a cherché à rapidement se débarrasser des anciens comme Beardsley, Mc Mahon, Stauton ou Ablett (qui ont eu d'ailleurs de belles années dans leurs clubs respectifs) et a accusé ceux qui restaient de ne plus avoir la passion du club et de se consacrer essentiellement à la préparation de leurs jubilés... Outre les difficultés dans l'appréciation des joueurs, le management de l'écossais au quotidien prête le flanc aux critiques. Il a ainsi dépossédé Whelan de son numéro historique (le 5) pour l'attribuer à Mark Wright. Il le rappelle également une fois pour ne pas le faire jouer ni même figurer sur le banc (le même mésaventure est arrivée à Groobbelaar, revenu lui d'Angola...). Whelan reconnaît que Souness n'a pas eu de chance avec les blessures et qu'il a apporté des changements salutaires en termes de diététique ou de modernisation du traitement médical... La fin de son histoire avec Liverpool (sous Evans) fut assez abrupte, le club retirant sa proposition de prolongation de contrat d'une année. Témoignant des mœurs parfois brutales du monde du football (il eut assez peu de vrais amis dans le monde du foot, à part Ian Rush, dont il fut le garçon d'honneur), 15 ans de sa vie ont été rayés en 15 secondes... Il continua donc sa carrière à Souhtend United comme joueur et manager (où il ne trouva plus le soutien dans la vie quotidienne qu'apportait un grand club comme Liverpool) puis aura, pendant quelques années, des expériences de manager en Grèce à Panionios (qu'il emmènera jusqu'en quart de finale de coupe d'Europe contre la Lazio) puis à Chypre avant de revenir à Liverpool pour devenir occasionnellement consultant pour la télé irlandaise. L'intérêt de cette autobiographie résulte également dans différents chapitres abordés dans la seconde partie du livre, où sont traités des sujets parfois « tabous » chez les footballeurs : les blessures : Il constate que son corps se fatigue au fil de sa carrière, jouant ainsi en moyenne 46 matchs dans ses neuf premières saisons et 17 lors des quatre dernières...Il est vrai que, pendant longtemps, les soins étaient assurés par Ronnie Moran ou Roy Evans, qui n'avaient pas de qualification particulière en la matière...On apprend aussi que le club travaillait en liaison avec une gynécologue afin de veiller à ce que l'accouchement des femmes de joueurs puisse être, dans la mesure du possible, compatible avec le calendrier des matchs... la violence sur le terrain avec une culture du tacle « 50/50 » permettant de régler quelques comptes...Ronnie Whelan se mettait d'ailleurs d'accord avec Steve Mac Mahon, suivant les avertissements déjà reçus, pour faire justice... les salaires : Revendiquant son appartenance à la « working class », Ronnie Whelan commença à 300 livres par semaine pour finir à 6.500, ce qui semble un « pourboire » par rapport aux émoluments actuels...Un bonus existait également lié à la fréquentation du stade. En raison de la situation économique désastreuse au début des années 80, les fans étaient obligés de choisir leurs matchs avec une affluence passant de 44.500 en 78/79 à 35.000 en 81/82. L'équipe, championne d'angleterre ou d'Europe, n'arrivait donc pas toujours à remplir son stade ; le bilan de sa carrière, certains jugeant que son statut de grand espoir, intégrant rapidement la grande équipe de Liverpool, n'a pas été pleinement confirmée tandis que d'autres jugent son apport sous-estimé. Whelan pense que son caractère introverti n'a pas joué en sa faveur. Par ailleurs, sa carrière internationale, avec 53 sélections sur 120 possibles, reste en demi-teinte, ses apparitions dépendant souvent des blessures des titulaires. Il eut quand même le plaisir de figurer à l'Euro 88 lors de la fameuse victoire contre les voisins anglais grâce à un but de Ray Hougton et sa formidable reprise de volée contre l'URSS... La Liverpool Way : Elle repose, selon lui, sur le style de jeu « le pass and move » mais surtout sur une culture « terre à terre » proscrivant l'arrogance ainsi que le lien entre les joueurs et les supporters qui paient leurs salaires. De manière générale, il constate que la culture footballistique s'étiole avec un environnement aseptisé (de rudes engueulades avaient lieu dans le vestiaire parfois même entre le capitaine (Thommo) et le manager (Paisley)), une attitude désinvolte face à la défaite et la fin de la tradition du passage de relais entre les anciens et les jeunes joueurs... En guise de conclusion, sa génération fut celle de la dernière « vieille garde », qui a raté la ruée vers l'or de la marchandisation du football. Pour lui, une génération de fans ne semble pas savoir que le football existait avant la Premier League : « Nous n'avons pas l'argent pour le prouver mais certains d'entre nous ont été assez chanceux d'avoir des médailles pour le faire »
  15. Une petite pensée pour Michael Robinson, qui a appartenu à la grande équipe de Joe Fagan de 1983-84 et qui est décédé d'un cancer cette semaine à 61 ans. Il restera, dans mon souvenir, associé à ce poster, vraisemblablement tiré de Onze dans ma chambre d'adolescent, de la photo d'équipe de début de saison, où il côtoyait, à l'instar d'autres « inconnus » (pour moi) comme David Hodgson, les célèbres Dalglish, Souness ou Rush... Le portrait qu'en faisait Simon Hughes dans « Red Machine » montrait son éclectisme puisqu'il était devenu un des commentateurs sportifs les plus populaires d'Espagne avec son propre show sur l'antenne du canal + espagnol ainsi que son caractère sociable et sympathique (il fut celui qui consacra le plus de temps à Simon Hugues parmi la dizaine de joueurs interviewés) et ses sympathies pour le Labour (pas celui de Tony Blair...). Sa période sous le maillot rouge (13 buts en 52 apparitions) ne fut pas un franc succès. Quand il marqua trois buts à West Ham, toute l'équipe signa, pour lui, un ballon. King Kenny nota « Je n'y croyais pas... ». Son père fut également joueur professionnel à Brighton et Aston Villa. Il emmena son fils, pour la première fois à Anfield à six ans, et l'initia donc au « culte ». Ses talents de jeune footballeur irlandais furent reconnus par Bobby Charlon, alors manager de Preston, qui lança sa carrière. Il devint à 19 ans le jeune joueur le plus cher de l'époque avec un transfert de 750.000 £ à Manchester City, multipliant d'ailleurs par 10 son salaire hebdomadaire. L'expérience ne fut pas très concluante justifiant un transfert à Brighton, où il retrouva Mark Lawrenson, qu'il avait déjà croisé à Preston sans nouer toutefois d'affinités particulières. Il fut managé notamment à Brighton par Jimmy Melia, un ancien milieu de Liverpool sous Shankly. Comme le manager et les autres joueurs, un bonus était conditionné à l'affluence au stade, incitant à un jeu attractif et offensif... Il fut ensuite recruté par Liverpool, ce qui nécessita d'aménager la grille salariale du club au regard du niveau de rémunération perçu dans son ancien club...Quand il demanda des consignes de jeu à Joe Fagan, celui-ci lui répondit simplement « Ici, nous jouons avec11 footballeurs. Assure-toi seulement que nous ne serons pas désavantagés avec toi... ». Il fut grand ami avec Graeme Souness, comme l'a rappelé, avec émotion, l'écossais cette semaine. C'est, pour lui, le meilleur footballeur avec lequel il a joué même s'il pouvait sembler assez lent. Comme disait Paisley à propos de Souness et Dalglish, « ils jouent les cinq premiers yards dans leur tête ». Malgré le fait d'être supporter de Liverpool et d'un contrat de trois ans, que Fagan souhaitait prolonger, Robinson ne fut jamais vraiment à l'aise pendant ces dix-huit mois sous le maillot rouge. Il rentra toutefois dans les prolongations de la finale de C1 à Rome pour contribuer à la 4ème victoire des Reds dans cette compétition. Il partit ensuite pour Osasuna et s'acclimata si bien à la vie espagnole, qu'il se demanda si sa mère n'avait pas « fauté » avec un ibérique...Pas intéressé par le management (malgré une approche du président de l'Atletico Madrid Jesus Gil), il s'orienta donc, avec grand succès, vers la carrière de commentateur sportif. Son dernier match commenté fut d'ailleurs le retour à Anfield face à l'Atletico Madrid en mars. YNWA Michael Robinson
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