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Retour sur la saison 2015/2016 : Le triomphe de l'émotion


rafalabamba
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A l’heure où les joueurs commencent à reprendre l’entraînement et les matchs amicaux pour la nouvelle saison 2016/17, un bilan « à froid » de la saison dernière, dépassant le goût amer laissé par la défaite à Bâle en finale d’Europa League, s’impose.

 

Comme souvent, il s’agira de distinguer le cœur de la tête, les sentiments de la raison…

 

En effet, sur un strict plan comptable, la saison 2015/16 n’a pas été très bonne malgré deux finales de coupe. Elle s’inscrit dans les standards des saisons post-Benitez (à l’exception évidemment de la saison dans tous les sens du terme « extra-ordinaire » de 2013/14 portée par un « Pistolero » de feu) :

 

-          Liverpool n’est plus en mesure de jouer non pas pour le titre mais simplement pour les quatre premières places, donnant accès à la ligue des champions, les Reds n’ayant jamais été dans la course pour l’accès à ces places. On peut même se demander, avec la montée en puissance d’équipes comme Tottenham ou annuellement d’une équipe-surprise (dont Leicester fut l’incarnation emblématique en 2016) si l’objectif d’un top 6 n’est pas devenu trop ambitieux pour les Reds face à la concurrence de l’historique big four élargi à des équipes, chaque année, plus riches et ambitieuses…

 

-          En termes de points, la saison 2015/16 est mathématiquement moins bonne que la précédente avec 60 points contre 62 en 2014/15, entraînant aussi la perte de deux places dans le classement final (8ème contre 6ème). Cette saison peut seulement se caractériser par quelques « éclairs » (les victoires contre Manchester City, la victoire à Chelsea ou la victoire à domicile contre le futur champion Leicester à Noël) pour égayer un championnat bien long, marqué par l’inconstance et les nombreuses déconvenues…

 

-          Le plus inquiétant réside dans la persistance des maux affectant l’équipe depuis plusieurs saisons :

 

o   Un gardien talentueux sur sa ligne mais incapable de commander sa défense, qui a néanmoins la chance de ne pas souffrir d’une réelle concurrence à son poste, ses remplaçants potentiels n’ayant clairement pas le niveau de la Premier League,

 

o   Une défense centrale chaotique avec 50 buts encaissés contre 48 l’année dernière et 50 en 2014 (avec toutefois, à l’époque, 101 buts marqués contre 63 cette année), sans véritable charnière indiscutable, comme ont pu l’être, dans le passé, Hansen-Lawrenson ou Hyppia-Carragher, avec des baisses de forme ou des « faits divers » affectant, à tour de rôle, les défenseurs centraux soit-disant « titulaires ». Cette situation devint si paradoxale que la charnière, que tous les supporters redoutaient au début de la saison (Lovren-Touré), fut celle titulaire lors de la finale d’Europa League...

 

o   Des milieux défensifs au profil similaire sans véritable « récupérateur », ratisseur de ballons à « la Mascherano »,

 

o   Des joueurs offensifs, capables certes de fulgurance, mais souvent par intermittence, sans pouvoir être en mesure d’inscrire des prestations de haut niveau dans la durée,

 

o   L’absence d’un top scorer, dépassant les vingts buts par saison alors que Liverpool, en 2013/14, disposait des deux meilleurs buteurs du championnat d’angleterre…

 

o   Les erreurs récurrentes de recrutement, sujet connu et déjà traité avec un avant-centre, par exemple, recruté à prix d’or pour faire rapidement banquette…

 

o   L’absence d’un style de jeu clairement défini, que la succession des managers depuis le licenciement de Benitez n’a évidemment pas contribué à mettre en place.

 

Et pourtant, cette saison restera, pour une majorité des supporters des Reds, comme celle de l’espoir :

 

-          Il y eut évidemment deux finales de coupe avec des matchs qualificatifs épiques surtout en Europa League (le légendaire come-back contre Dortmund, l’élimination du rival historique Manchester United pour leur première confrontation en Europe, la demi-finale retour contre Villareal suite au verdict sur Hillsborough) mais aussi en coupe de la ligue avec la démolition de Southampton sur sa pelouse 6 buts à 1 ;

 

-          On sait malheureusement que l’accession à deux finales (même remportée pour l’une d’entre elle), outre le nombre de matchs qu’elle entraîne, n’est pas forcément suffisante aux yeux de nos propriétaires américains pour qu’un manager conserve son poste à Liverpool en cas de championnat décevant (cf. le licenciement du King Kenny en 2012).

 

Et pourtant l’espoir est revenu et s’est personnifié en la personne du nouveau manager Jürgen Klopp, qui a pris ses fonctions seulement en octobre 2015 suite au licenciement de Brendan Rodgers, qui ne semblait, dès le début de la saison, que susciter au mieux de l’apathie mais plutôt de la résignation voire de la colère chez une très large majorité des supporters des Reds …

 

Comment ce miracle est intervenu alors que le nouveau manager n’avait pas participé à l’avant-saison ni souhaité recruter ses propres joueurs lors du mercato d’hiver ?

 

Sur n’importe quel point du globe (même au fin fond du sud de la Birmanie où l’occasion me fut donnée, en début d'année, de croiser un fan anglophone des Reds), les supporters de Liverpool ont la ferme croyance que leur club est entre de bonnes mains et ne disent que du bien du théoricien allemand du « heavy metal football » :

 

-          Il peut certes s’appuyer sur un palmarès étoffé, se distinguant de celui de ses prédécesseurs, bâti progressivement à Mainz puis Dortmund,

 

-          Ses choix tactiques, basés sur le pressing et l'intensité physique, ne peuvent laisser, non plus, indifférents les amateurs de football offensif,

 

-          Mais c'est, avant tout, l'émotion qu'il exprime sur le bord du terrain et communique à l'ensemble des joueurs et, par ricochet, aux supporters qui est remarquable : Quel contraste avec un Roy Hodgson, par exemple, qui semblait aussi peu se soucier de ce qui se passait sur le terrain qu'une vache regardant passer un train lors de son court (et trop long…) séjour sur les bords de la Mersey...

 

Pour prendre une comparaison avec le monde de l'économie, Jürgen Klopp semble être un générateur de « goodwill », c'est-à-dire d'une richesse supérieure à la valeur individuelle de chaque joueur de l'équipe, grâce à l’enthousiasme et la volonté distillés, qui irriguent et dynamisent le collectif.

 

Reste évidemment à confirmer ce « feelgood factor » par les résultats d'une équipe, qu'il commence à préparer et modeler, pour la saison 2016/2017, suivant ses préceptes avec le soutien indéfectible du peuple rouge.

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