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Fiches de lecture


rafalabamba
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Coup de chapeau à Red All Over the Land (RAOTL), le dernier fanzine consacré à Liverpool, qui sort un numéro malgré l’arrêt des matchs, principales sources de vente, pour ses abonnés et pour la banque alimentaire, à qui est reversée une large majorité des bénéfices effectués…

 

Paradoxalement, l'absence de matchs permet de prendre de la hauteur par rapport au récit d'une actualité quotidienne (commentaires des derniers matchs ou récit de déplacements).

 

On retrouve notamment dans ce numéro :

  • Une présentation de Peter Carney, un « scouser pur jus », qui organise, avec le « Believerpool Bus », des tours de deux heures autour du LFC les jours de match ;

  • La chronique habituelle des membres de la branche new-yorkaise de LFC, où Carra avait prévu une visite pour la St-Patrick annulée à cause de la crise sanitaire...

  • Une course « virtuelle » de 5 miles s'est tenue le 16 mai pour les 96 en lieu et place de la traditionnelle édition dans le Stanley Park ;

  • Un contributeur passe en revue sa collection de vingt-huit années de fanzines avec The Kop, The End, Through the wind and the Rain, Our days are numbered, Well Red ou Another Vintage Liverpool performance et bien évidemment « The Liverpool Way » ou RAOTL ;

  • Un superbe article sur Ronnie Moran, qui servit le club pendant 49 ans. En tant que joueur, il fut arrière gauche et capitaine à l'arrivée de Shankly et joua son dernier match contre l'Inter à San Siro en 1965. Ses « punchlines » sont restées célèbres comme « Je ne sais pas pourquoi tu es si content. Tu aurais pu en marquer deux de plus » au jeune Fowler auteur d'un quintuplé contre Fulham...Vivement la lecture de son autobiographie « Mr Liverpool » !!!

  • De bons articles également sur Markus Babbel et Pepe Reina.

 

Pour ceux qui veulent s'abonner https://redallovertheland.com/subscribe/ : La version numérique est à 8 livres la saison...

 

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  • 5 months later...

Doit-on l’arrivée de Jürgen Klopp à Liverpool à l’analyse des données, ces fameuses « data » de plus en plus fréquemment utilisées dans le monde du football ?

Le journaliste allemand Christoph Biermann, dans son ouvrage Big Data Foot Comment les données révolutionnent-elles le foot ?, expose ainsi le rôle joué par les données dans le recrutement du manager allemand en 2015. L’équipe d’analystes du club (Liverpool avait embauché, dès 2012, Ian Graham, docteur en physique à Cambridge, en tant que directeur de recherche) avait, en effet, démontré la part d’inhabituel dans la série malheureuse connue lors de sa dernière saison à Dortmund, où le Borussia avait frôlé la zone de relégation pendant une bonne partie de la saison…

A l’époque, un analyste Colin Trainor avait conclu que les points attendus (les « expected points » en anglais, notion inventée par Sam Green) de Dortmund en première partie de saison s’élevaient à 30 points, bien éloignés des 15 points engrangés par la bande à Klopp et Buvac…Les expected goals, même s’ils ne prédisent pas le « vrai » résultat, aident donc à dresser un portrait plus clair des matchs…

Christoph Biermann montre ainsi, tout au long de son ouvrage, la montée en puissance de la data dans le monde du foot, transformant ce dernier d’un sport d’opinions (voire de « copinage » ou de « café du commerce ») à un sport de connaissances…

Historiquement, la Formule 1 a été le sport le plus avancé de la planète en matière de technologie et de données avec une dizaine de capteurs par voiture et 10 téraoctets de données par course….

Cette utilisation intensive de la data s’est répandue ensuite dans les sports américains sur le modèle du fameux Billy « Moneyball » Beane, source d’inspiration de nos actuels propriétaires américains. En 2017, les 30 clubs de Major League de Base ball employaient ainsi 250 analystes. Autre exemple de l’importance de la data dans les sports US, la MIT Sloane Sport Analytics Conference regroupe plus de 4.000 participants lors d’un congrès…

Le football a été plus long à se convertir à la donnée en raison notamment de la part accordée à la chance voire à la superstition par ses principaux acteurs, joueurs comme entraîneurs. L’auteur rappelle d’ailleurs que David James crachait sur un mur à chaque match alors que Kolo Touré veillait à entrer le dernier sur le terrain, quitte à arriver après le coup d’envoi…Comme le résume Peter Krawietz, l’un des adjoints de Klopp, le football est un jeu d’échecs qui se joue avec un dé...

Dans le monde du football, c’est finalement le manque de moyens qui a conduit certains « innovateurs » à se lancer dans l’aventure de la donnée.

Le FC MIDTJYLLAND, champion du Danemark et adversaire de Liverpool en ligue des champions cette année, constitue le parfait exemple de cette démarche. Le club est conçu comme un laboratoire vivant de l’utilisation des Key Performance Indicators pour les transferts et même le changement des joueurs à la mi-temps…

Smart Odds, la société de son président, fournit également une liste d’une vingtaine de candidats potentiels pour chaque poste. Des tests de personnalités sont également effectués conduisant à un affichage des « caractères » par des couleurs, pour aider le coach, qui pourra plus facilement « engueuler », pendant un match, un « guerrier » qu’un « créatif »…

Au regard de l’expérience de ces pionniers, l’utilisation de la data se généralisa progressivement au sein du football européen. L’Allemagne fut longtemps le pays le plus avancé dans l’utilisation de la data avec notamment le recruteur de Dortmund S. Milinstat, d’ailleurs « transféré » en 2017 à Arsenal moyennant une indemnité de 2M£ (mais qui ne resta que 14 mois au sein du club londonien…).

Les clubs anglais se convertirent progressivement à l’utilisation des data. La société Prozone avait travaillé ainsi avec Mc Laren à Manchester United et Sam Allardyce (qui avait fini sa carrière de joueur aux Etats-Unis) à Bolton sans véritable impact. Sous l’influence de Kroenke, ami avec Billy Beane, Arsenal a acheté une société de datas (StatDNA) pour 2M£ et a investi annuellement la même somme en analystes sans succès notables non plus (les datas auraient conduit à refuser Griezmann à l’Emirates…).

Désormais, la tendance consiste à un recours accru au digital scouting avec des sociétés offrant vidéos et analyse de joueurs venant des quatre coins de la planète. Des grands clubs, à l’instar de Barcelone, peuvent aussi créer des fonds d’investissement consacrés à l’innovation « ouverte ».

 

Alors les datas dans le football : phénomène de mode ou tendance de fond du football mondial ?

L’analyse de la fameuse demi-finale de la coupe du monde 2014 entre l’Allemagne et le Brésil est, à ce titre, assez paradoxale puisque l’équipe, statistiquement inférieure dans tous les indicateurs clés de performance, était l’équipe allemande…

A contrario, l’analyse des « expected », datant ci-dessous de trois-quatre ans, consacre des valeurs sûres du foot mondial ou d’autres qui le sont moins comme par exemple :

-      Expected assists (passe décisive) : Messi 1,73 / Salah (à l’AS Roma) 1,5 / Coutinho 1,21

-      Pre excepted goals : Thiago Alcantara 1er;

-      Excepted goals against : De Gea dans ses grandes saisons à MU  + 5,64 / Mignolet -1,1 / Karius -4,1…

Pour conclure, au printemps 2018, un spécialiste Data identifie un ailier canadien inconnu comme le meilleur joueur potentiel des dix prochaines années. Alphonso Davies a gagné, deux ans après, la ligue des champions avec le Bayern…

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  • 5 months later...

Depuis un an, avec la forte perturbation de l’actualité footballistique engendrée par la crise sanitaire, les classements fleurissent dans France-Football.

 

Le Liverpool Football Club y est plutôt bien représenté :

 

-        Classement des matchs mythiques :

 

Sans grande surprise, la finale d’Istanbul figure à la deuxième place derrière l’inoubliable France-RFA de 1982 à Séville. Mais les Reds sont également présents à la 13ème place à l’occasion de leur « come-back » contre le Barca de 2019, à la 39ème place pour celui contre Dortmund en 2016, à la 41ème place pour l’exaltant 4-4 à Stamford Bridge en quart de finale retour de C1 en 2009 et enfin à la 50ème place pour l’émouvante « merseyside » finale de Cup contre les Toffees après la tragédie d’Hillsborough.

 

-        Classement des meilleurs joueurs « Dream team du ballon d’or » :

 

Stevie G figure à la 7ème place dans la catégorie des milieux défensifs ou relayeurs (avec Xabi Alonso qui a également joué au Real et au Bayern 15ème) tandis que Kevin Keegan, dans la catégorie Attaquant droit, et King Kenny dans celle d’avant-centre sont situés à la 10ème place de ces catégories respectives.

 

-        Classement des 50 personnalités les plus influentes :

 

Jürgen Klopp figure à la 4ème place et Mo Salah à la 38ème place. Il faut également signaler la 26ème place de Raheem Sterling, qui a joué quelques matchs sous un maillot rouge avant de se faire régulièrement huer à Anfield…

 

-        Classement des maillots

 

Le maillot de l’équipe de Liverpool remportant sa première C1 en 1977-78 figure à la 15ème place. Personnellement, j’aurais plutôt opté pour le kit de 1984 avec la 4ème C1 contre la Roma à Rome (et qui a d’ailleurs inspiré le kit 2019-2020…).

 

-        Classement des entraîneurs

 

Derrière un podium composé de R. Michels, A. Ferguson et A. Sacchi, le grand Bill se classe 10ème juste devant un ancien joueur de Liverpool mais entraîneur de MU Matt Busby. Bob Paisley suit à la 26ème place juste devant Jürgen Klopp (le classement a été effectué avant le titre de champion d’angleterre). Rafael Benitez figure également à la 37ème tandis qu’à ma grande surprise le nom de Roy Hodgson n’apparaît pas…

 

-        Last but not least, le classement du plus grand club du monde

 

Liverpool est classé 5ème derrière le Real, Barcelone, MU et le Bayern.

 

Ce classement éminemment subjectif se fonde sur différents « faisceaux d’indice » : nombre de joueurs de ces clubs ayant gagné la coupe du monde, nombre de victoires en C1, la vente de maillots (MU 1er avec 1,8 M / Liverpool 860.000), les revenus 2017-18 (Liverpool 7ème), le plus gros transfert, les affluences au stade (16ème), la valeur de l’effectif (4ème), le nombre de ballons d’or, le nombre de « followers » (sic) (9ème derrière les autres clubs anglais) et le « poids dans l’histoire » (1 Ajax 2 Real 3 Liverpool 4 MU 5 Boca).

 

Même si tous ces classements apparaissent évidemment anecdotiques, il est quand même agréable qu’un club comme Liverpool y figure plus par son histoire (matchs, managers) que par ses joueurs.

 

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merci rafa c'est sympa et on parle même pas de supporters ou notre chant YNWA !

ynwa

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  • 6 months later...

Causeries de J. Gourbeyre

 

Le speech de Rafa à la mi-temps de la finale contre le Milan AC en 2005 a-t-il permis un des plus fabuleux come-back de l’histoire de la ligue des champions ? En est-il de même pour les propos de Jürgen Klopp avant la demi-finale retour de ligue des champions en 2019 contre Barcelone avec le double désavantage de trois buts à rattraper et de l'absence des deux-tiers de son trio magique d'attaque ?

 

Un documentaire comme Les yeux dans les bleus suite à la coupe du monde en 1998 avait permis de commencer à démystifier pour le grand public l’exercice de la causerie, qui se passe, par nature, dans l’espace clos d’un vestiaire....

 

Julien Gourbeyre, qui se présente comme journaliste, éducateur sportif et fondateur du magazine Vestiaires, consacre un ouvrage à ses fameuses « causeries » et s’appuie, pour mener cette étude, sur de nombreux témoignages du monde du sport, dont ceux de managers de Liverpool (Klopp et Houllier).

 

L’ouvrage est d’ailleurs dédicacé à ce dernier et à Jacques Crévoisier, les premiers à avoir disserté, selon l'auteur, sur l’exercice de la causerie en France.

 

Alors, de quoi relève ce moment souvent fantasmé dans le monde du sport que constitue la causerie d'avant-match ou de la mi-temps ?

 

Pour Raymond Domenech, qui assure la préface de l’ouvrage, le fond du discours est certes important mais la forme est essentielle.

 

Pour Guardiola, « la causerie, c’est mon match à moi » tandis que, pour Frédéric Hantz, la causerie est rarement décisive, parfois capitale mais toujours nécessaire...

 

Gérard Houllier ajoute que la causerie demeure un acte important sur le plan psychologique parce qu’elle lance le match alors que, pour Jacques Crévoisier, sa tonalité, son contenu, sa forme et sa durée sont fonction du but prioritaire à atteindre : rassurer, provoquer, encourager le risque et l’aspect motivationnel des joueurs.

 

Julien Gourbeyre replace lui les causeries dans un contexte historique et managérial. Il introduit ainsi son ouvrage par une causerie mythique qui a permis à de simples étudiants dans les universités américaines de battre la grande équipe d'URSS d'hockey sur glace en finale des JO en pleine guerre froide...D'une certaine manière, l'exercice de la causerie peut être comparé à une phase de la guerre, que résumait Napoléon, dans l'art de trouver les bons mots pour mener ses hommes au combat...

 

La causerie s'inscrit pleinement dans une approche managériale. Comme le résume un professeur à l'ESSEC, « Diriger c’est parler. Plus on grimpe les échelons, moins on fait, moins on écrit, plus on parle». Dans un contexte de défiance de l’autorité et d’individualisme de nos sociétés modernes, le pouvoir de persuasion prend ainsi une importance accrue dans l’art de conduire une équipe vers le succès.

 

A ce titre, un maître de conférences à HEC intervient désormais au brevet d’entraîneur de football professionnel pour lequel il dispense trois sessions d’une heure consacrées à l’exercice de la causerie.

 

Si la nécessité de la causerie semble donc très majoritairement retenue dans le monde du sport et plus particulièrement du foot, il convient aussi de s'interroger sur les formes qu'elle doit prendre pour être réussie.

 

L’exercice de la causerie ne doit pas dépasser sept à douze minutes selon les puristes (celles d’Albert Batteux, le mythique entraîneur du « grand » Reims puis de l'AS Saint-Etienne pouvaient durer une heure ou plus..). Pour reprendre les propos de Winston Churchill, un discours doit être comme la robe d’une femme : suffisamment long pour couvrir le sujet mais suffisamment court pour retenir l’attention...Les études rappellent régulièrement que le temps d'attention ne dépasse pas trente secondes pour établir sa crédibilité quelque soit le degré de compétence.

 

Différents entraîneurs font part de leurs techniques ou astuces pour réussir une causerie :

  • Dans l'analyse des forces et faiblesses de l'équipe adverse, il est préférable de ne pas trop insister sur les qualités de ses opposants et de s'inscrire dans le contexte d'un déroulement positif pour son équipe. D'une manière générale, il faut toujours privilégier le côté positif dans son discours (on a tout à gagner plutôt qu'on n'a rien à perdre qui peut mettre dans la tête des joueurs la possibilité d'une remontée de l'équipe adversaire...) ;

  • Il faut insister sur le jeu plutôt que sur l’enjeu c’est-à-dire fixer des objectifs de moyens. Pour Jacques Crévoisier, celui qui perd le contrôle de ses émotions perd la compétition ;

  • Comme pour l'introduction, la conclusion réclame de marquer les esprits : Pourquoi on va y arriver, pourquoi on va le faire...La partie motivationnelle de la causerie, placée souvent à la fin, nourrit l’objectif d’exalter et rassembler un groupe autour d’une image (métaphore du hold-up), un mot (la muraille), un sentiment ou une expression (pourquoi pas ?).... ;

  • Le pire ennemi de la causerie reste la routine. Les entraîneurs font ainsi référence à des citations (à la fin de l'année, ses joueurs ont demandé à Jean-Marc Furlan de leur fournir l'ensemble des citations affichées dans le vestiaire durant la saison) aux meilleures actions de l'équipe (Ancelotti pour les joueurs du PSG avant un match contre le Barca), à des extraits de films stimulants comme Gladiator (Guardiola aux joueurs du Barca avant la finale contre Manchester) ou simplement à l'émotion (Carlos Bianchi, alors entraîneur de Boca, face à un vestiaire divisé, se mit à pleurer avant une finale intercontinentale, finalement remportée par les argentins) ;

  • Le mot d'ordre, au final, est la connaissance de ses joueurs et de leur capacité d'adaptation. Houllier, lorsqu’il mettait un élément important sur le banc, l’avertissait ainsi avant la causerie pour éviter toute réaction épidermique qui pourrait nuire au collectif....

 

La causerie constitue donc un discours adapté aux circonstances et à la connaissance de ses joueurs, inoculant en eux la conviction du possible.

Elle ne garantit pas toujours le résultat attendu. Klopp diffusa un extrait de Rocky à ses joueurs de Dortmund avant un match contre le Bayern pour s'apercevoir que personne n'avait vu le film...De même, il mit un caleçon CR7 avant la finale contre le Real avec malheureusement aussi un effet limité...

 

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