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Mes vingts ans d'Anfield


rafalabamba
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Même si j’aurais préféré l’appeler mes vingt ans à Anfield, ce post aura pour ambition de relater les évolutions intervenues entre mon premier déplacement à Anfield pour le dernier match de la saison 1999 (qui fut aussi le dernier match de Steve Mc Manaman et de Paul Ince sous un maillot rouge) et mon dernier déplacement « annuel » le 31 mars 2019 pour le match contre les Spurs et sa victoire dans les dernières minutes (qui en annonçait une autre, sous le soleil de Madrid, encore plus glorieuse….).

Tout d’abord, en termes de de transport, l’évolution constatée ne peut être que positive… Mon premier déplacement (partant, il est vrai, de Saint-Etienne) fut un long trajet en train passant par Lyon, Lille, Londres pour arriver la gare de Lime Street en fin de journée….Les années suivantes ne furent pas plus confortables avec souvent un vol Paris-Londres suivi de deux trajets successifs de nuit en bus Londres-Liverpool-Londres, ce qui permettait généralement d’arriver au travail, frais et reposé, le lundi matin…

L’introduction d’une desserte directe Paris-Liverpool sur Easyjet fut une véritable bénédiction pour le supporter français des Reds au début des années 2000, même si, suivant les années et les délais de réservation, il fallut parfois opter pour l’aéroport de Manchester ou utiliser les bus avant de rejoindre un autre aéroport britannique…

J’ai même eu recours au bateau pour traverser la Manche ou pour aller à Dublin suite à un derby remporté en 2007 grâce à un but de Fernando Torres….Il ne reste plus désormais à espérer que le Brexit n’allonge pas trop les formalités aux frontières dans les années à venir…

 Concernant la ville et l’aspect touristique, les changements constatés ont été, là encore, très bénéfiques : Quelle évolution, en une quinzaine d’années, avec la rénovation des Docks puis du centre-ville et l’émergence du gigantesque centre commercial Liverpool One, transformant Liverpool d’une cité ouvrière décriée en une capitale européenne de culture, reposant sur l’économie des services !!!

Liverpool est désormais en capacité d’offrir aux touristes un week-end très agréable, même si on n’apprécie pas particulièrement le football, avec la possibilité de visiter de nombreux musées gratuitement dans le centre-ville de Liverpool mais également à Port Sunlight (Lady Lever Art Gallery) ou à Ellesmere Port (National Waterways Museum), de faire du shopping ou de visiter Chester près de la frontière galloise…

Durant mes différentes visites, j’ai essayé de changer régulièrement d’hôtels pour découvrir les principaux quartiers de la ville (centre-ville ou quartier d’Anfield évidemment mais également Sefton Park par exemple) ou les agglomérations environnantes comme Crosby avec ses fameuses statues sur la plage et parfois avec moins de succès Bootle ou Southport, qui restent assez peu animés même les WE…

 Le stade et son environnement ont connu également d’importantes évolutions, même si je serai moins enthousiaste sur ces derniers…Force est de constater, depuis l’agrandissement du stade, le triomphe de la vision américaine du sport avec un stade « lieu de vie » accueillant des consommateurs-supporteurs dans le centre commercial qu’est devenue la zone autour du stade avec la nouvelle boutique du club et l’animation musicale afférente…

Cela rapportait vraisemblablement moins en merchandising mais il était possible d’humer plus facilement le réel parfum du foot il y a quelques années, loin des supporters-touristes cosmopolites, affublés de leurs célèbres « écharpes mixtes » (signalant leur soutien à 50% pour Liverpool et à 50% pour l’équipe-adverse ?).

Le déménagement du monument-hommage aux victimes d’Hillsborough ne contribue pas à dissiper le malaise, étant un peu perdu sous les escaliers de la Main Stand agrandie tandis que le monument d’hommage aux victimes du Heysel est lui totalement perdu de l’autre côté du stade, sous-tendant une hiérarchie implicite entre les victimes de ces différentes tragédies…

Quelque part, une courte ballade, en passant par Stanley Park, à Goodison permet de plus facilement cotoyer l’histoire du football anglais notamment grâce aux panneaux historiques érigés rappelant notamment qu’Everton et Liverpool avaient partagé un programme commun de 1904 à 1935 ou l’évolution du transfert le plus coûteux du club, dont le rythme s’accélère au fil des années de Premier League....

Malgré cet agacement envers la « consumérisation » parfois excessive d’Anfield, il m’est toutefois difficile de résister à ma visite annuelle dans les différentes boutiques du club (Anfield, Centre-ville, Liverpool One voire même celle de Chester pour faire le grand chelem…) même si, depuis plusieurs années, les produits que je recherche ne sont plus disponibles à ma taille…

Un autre « rituel » consiste, pour ma part, à un retour à pied vers le centre-ville à l’issue du match, qui me permet de décompresser des tensions accumulées pendant 90 minutes, parfois sous une bonne pluie anglaise…

Enfin, concernant le plus important, c’est-à-dire le billet pour le match, l’évolution a été aussi flagrante en vingt ans. J’avais écrit au club sans trop d’espoir pour quémander une place en 1999, que j’avais reçue comme le Saint-Graal par courrier en retour (même si on peut penser que les « out-of-towners », susceptibles de plus dépenser à la boutique, pouvaient être privilégiés par la billeterie…).

A la suite du courrier, un système de carte a progressivement dématérialisé le processus de billeterie et a pratiquement supprimé le billet-papier, qui pourtant faisait un beau souvenir du séjour effectué (je l’ai remplacé, pour ma part, par l’achat du programme du match à chaque rencontre de championnat à Liverpool à laquelle j’ai assistée).

J’ai également eu la chance d’adhérer au dispositif du Priority Ticket Scheme, offrant 5.000 billets pour 10.000 membres, qui m’a quasiment garanti une place, pendant quelques années, pour un match du big six (MU, Arsenal, Chelsea, Everton puis City ou Tottenham).

Ensuite, est venue la French Branch qui, grâce à la mutualisation des cartes, permet de garantir une place pour une rencontre dans l’année. Que la branche et ceux qui s’occupent de la réservation et de la distribution des billets soient, une nouvelle fois, remerciés de leur investissement hors-normes !!!

Grâce à eux, j’ai ainsi pu assister aux matchs suivants à Anfield durant ces vingt ans :

1999 Wimbledon / 2000 Newcastle / 2001 Spurs / 2002 Derby / 2003 Fulham / 2004 Blackburn / 2005 Chelsea / 2006 Arsenal Everton Aston villa / 2007 MU / 2008 Everton-MU / 2009 Wolves / 2010 Chelsea / 2011 City Swansea / 2012 Arsenal / 2013 Spurs West Ham / 2014 Chelsea / 2015 City / 2016 Newcastle Sunderland (+ Leeds en coupe de la ligue et Villareal en Europa League) / 2017 Arsenal / 2018 Watford / 2019 Spurs

Mes statistiques contre les adversaires du big 6 se révèlent très hétérogènes avec une série de victoires contre les Spurs (+ celle en finale de LdC…), Manchester City « ante-Guardiola » (+ la victoire à l’Ethiad en ¼ de LdC l’année dernière) et Everton (+ ½ finale en Cup), un bilan équilibré contre MU (1 défaite et 1 victoire + 1 nul à Old Trafford en 1/8 d’EL) et Arsenal (2 victoires et 1 défaite). En revanche, Chelsea reste ma « bogey team » avec trois défaites (+ un nul à Stamford bridge pour le 4-4 en ¼ finale de LdC 2009) dont évidemment la plus triste en 2014 avec la perte d’un titre qui tendait les bras à Liverpool et Luis Suarez…

Pour conclure, quel fut mon meilleur souvenir à Anfield ? Sans grande originalité, je citerai deux victoires contre les « ennemis historiques » magnifiées par le scénario du match :

-        - Une victoire 3 à 1 contre Everton à 10 contre 11 suite à l’expulsion, dès le premier quart d’heure, du capitaine Stevie G…

- Une victoire, après plusieurs années d’insuccès, 2 à 1 du Liverpool de Benitez contre le MU de Ferguson, après avoir été mené dès le début de rencontre : Le but victorieux et les 10 minutes qui ont suivi avant la délivrance finale restent mon meilleur souvenir en termes d’ambiance (avec la demi-finale retour en EL contre Villareal)…

Vingt ans s’achèvent donc avec l’ambition de voir au moins, durant les vingt prochaines années, Liverpool à Anfield en Cup et en Ligue des champions (je conserve quelques regrets d’avoir privilégié cette année le déplacement à Barcelone plutôt que le retour à Anfield…) et surtout de voire jouer à Anfield une équipe de Liverpool championne d’angleterre ou en passe de le devenir…

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Agréable parcours en suivant tes pas.

Je n'ai malheureusement pas encore mes 20 ans de carrière, tout au plus une dizaine d'années. Mais je te rejoins sur les points d'évolution.

En bien ou en mal, je ne me prononcerais pas. Chacun y allant de son aventure personnelle. On peut fustiger l'américanisation du club, la perte de certaines valeurs, les supporters-touristes, mais n'en sommes nous pas tous un quelque part ? (mon 1er déplacement, je reconnais avoir joué le supporter basique avec moult photos et autres clichés... mais dans ma tête, je ne pensais pas remettre les pieds à Anfield avant longtemps, alors j'emmagasinais le maximum de souvenirs) Quant à la French Branch : un raccourci de la "diversité" des fans actuels. Mi touriste, mi-supporter. Se dire : je l'ai fait !

En résumé : tu m'as vendu du rêve sur ces quelques lignes. En espérant te recroiser rapidement sur un déplacement.

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