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Une saison sans spectateurs ?


rafalabamba
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Le moment tant attendu depuis trente ans ? Devant un match sans public, sans joueurs de Liverpool et même sans commentaires (pour cause de grève des journalistes à RMC Sport ce soir-là)…La perspective de repartir une saison entière sur ce format de football «par temps de covid » peut faire peur…

La présence de supporters dans les stades, au regard de l’évolution de l’épidémie, paraît, en effet, fort incertaine avant le printemps 2021. Même en cas de réouverture au public, la question de la jauge imposée se posera, ce qui risque d’amener à privilégier les abonnés au détriment des spectateurs occasionnels…

Dans ce cadre, la saison 2020/2021 ne risque-t-elle pas de devenir pour les détenteurs de trophées une saison « avec astérique » avec des critiques récurrentes sur les conditions atypiques de son déroulement (absence de public et donc de motivation supplémentaire pour certaines équipes, préparation tronquée et succession de blessures des joueurs) susceptibles d’avoir « faussé » la compétition ? Cette crainte peut déjà être ressentie au regard de certains commentaires prononcés devant les surprises ou les scores-fleuves intervenus depuis la reprise du championnat d’angleterre…

Une étude de chercheurs des universités de Liverpool et de Wolverhampton, impliquant 40 arbitres placés en cabine lors d’un match entre Liverpool et Leicester, avait d’ailleurs montré que les fautes sifflées contre l’équipe à domicile étaient 16% inférieures pour les arbitres qui entendaient la foule…

Le regretté Jacques Crevoisier, dans France-Football, parlait des trois effets de l’environnement (renforçateur, rédhibitoire ou neutre). Pour lui, la foule peut être utilisée ou ignorée mais une homogénéité est nécessaire entre l’ADN du club, ce que les supporters attendent et ce que l’équipe produit. Dans ce cadre, la culture du « money time » appartient au public : C’est le moment où psychologiquement la foule est la plus influente.

Les substituts au public utilisés jusque-là se révèlent, au mieux, peu concluants. La création d’ambiances factices, utilisant des « samplers » de chants de supporters, pose problème sans parler des applications permettant d’applaudir depuis son salon ou le choix fait, par certains clubs allemands, d’afficher les photos des fans dans le stade moyennant finances (dont la recette peut toutefois être reversée à des œuvres de charité)...

La critique exprimée par les ultras d’une vision d’un football sans supporters au profit des diffuseurs TV ne peut être totalement négligée surtout pour des clubs qui surfent sur l’image des fans (Liverpool, ASSE, Dortmund), qui fait d’ailleurs partie de la valorisation commerciale du club. Le débat « foot populaire vs foot-business » se coupant de ses valeurs et de ses acteurs historiques reste donc particulièrement prégnant.

L’espoir que la crise sanitaire permette d’assainir le monde du football (nombre de matchs et de compétitions, diminution du prix des transferts et du salaire des joueurs) s’est vite révélé vain, chaque organisateur s’attachant à maintenir sa compétition et le nombre de matchs prévus même dans un calendrier resserré. Le traditionnel marché des transferts de l’été ne s’est pas non plus particulièrement illustré par une décrue du prix des transactions notamment en Angleterre tandis qu’une très large majorité des joueurs s’est opposée à toute baisse de rémunération…

Le risque est également que la crise sanitaire, une fois passée, contribue à diminuer l’ambiance dans les stades réouverts au public. Le football peut être perçu comme un « rite social », une habitude, qu’une interruption de plus d’une année risque de compromettre…La hausse du prix des places (le prix de l’abonnement à Anfield le plus abordable a augmenté de plus de 1000 % en vingt ans) avait déjà commencé à chasser la working class des tribunes, qui ne constitue désormais que moins de 10% du public en tribunes. La Covid risque de parachever ce mouvement définitivement…

Fallait-il donc « restarter » une nouvelle saison ? La survie économique du football professionnel l’imposait. Il n’est pas sûr que le supporter en sorte gagnant…

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