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Nous ne ferons pas une Spurs mais deux...
rafalabamba a répondu à un(e) sujet de rafalabamba dans Debats
A l’annonce du transfert de Sadio Mané, le refrain d’une vieille chanson d’Aerosmith résonne dans ma tête « It’s the same old story » : LFC consacre une grande partie de son budget recrutement à un bon joueur, certes explosif contre les Reds au St Mary Stadium (j’y étais…) mais manifestement « surcôté » par rapport au montant de l’indemnité de transfert annoncée à hauteur de 40 M€, ce qui en ferait le transfert le plus cher de l’histoire du club détrônant l’inoubliable Andy Carroll de son piédestal, Il est à craindre que S. Mané rejoigne la longue liste des transferts onéreux de joueurs surpayés par rapport à leur valeur réelle (Lallana ou Lovren en 2014, Benteke ou Firmino en 2015)… Quid de la théorie du Moneyball, qui aurait plutôt conduit à ce que Liverpool achète Mané à Salzbourg pour 10 M€ avant d’envisager une revente avec une plus-value significative ? D’un autre côté, l’exemple de Southampton montre que le Moneyball peut fonctionner si on trouve un « bon client » à qui revendre ses « pépites »… Nos propriétaires bostoniens n’auraient-ils pas mieux fait de directement racheter Southampton, au regard des indemnités de transfert versées à ce sympathique club du sud de l’Angleterre depuis deux ans ? Avec une telle indemnité de transfert, ne contribuons-nous pas à renforcer un concurrent direct du top 6 ou 8 ? Il est à craindre, une nouvelle fois, que la politique de transfert de Liverpool suscite au mieux de l'ironie chez les médias et les fans adverses et du désespoir voire de la colère chez les fans des Reds, confirmant le triste constat, effectué par un autre allemand cher au cœur des Redmen Didi Hamman, que la Premier League est devenue une « arnaque »... Bien évidemment, je souhaite de tout mon cœur me tromper et continue à croire en notre manager même si les pilules deviennent, chaque été, plus difficiles à avaler… -
A l'heure où se termine la riche saison 2015-16, vient naturellement le temps des bilans notamment en terme de déplacements effectués. J'ai eu la chance, pour ma part, de voir huit fois jouer Liverpool cette saison, essentiellement en Europa League avec six aways et deux rencontres à Anfield. Le bilan comptable n'est pas positif avec seulement une victoire, cinq nuls et deux défaites. Il doit être évidemment nuancé par le fait que six matchs se déroulaient à l'extérieur et que certains nuls à en Europa League à Old Trafford ou Dortmund avaient presque le goût de la victoire.... Comment caractériser ces huit déplacements ? Le meilleur souvenir fut incontestablement la demi-finale retour en EL contre Villareal à Anfield. Plus que contre des « gros calibres » en championnat, j'avais pleinement l'impression de faire partie de la sainte trinité décrite par Shankly composée du manager, des joueurs et des supporters, qui ont pleinement assumé le rôle du 12ème homme, en plein cœur du Kop, dès le coup d'envoi. Tout y était tant en terme d'émotion, liée au récent verdict sur Hillsborough, que d'intensité et de ferveur tant sur le terrain que dans les tribunes. Au bout d'un quart d'heure, mon déplacement express (reprenant le 1er vol pour Paris de Manchester le lendemain matin) était « rentabilisé » quelque fut le résultat final de la rencontre... Quelle atmosphère cette nuit-là, n'osant pas imaginer ce qu'ont vécu ceux qui ont eu le privilège d'assister au retentissant « come-back » contre le Borussia Dortmund... Deux autres bonnes surprises caractérisèrent cette saison. Tout d'abord, mon premier away en championnat à Southampton reste un très bon souvenir malgré le scénario défavorable sur le terrain pour les Reds, qui, menant 2-0 à la mi-temps, perdirent la rencontre 3-2. Une bonne ambiance tant en tribune, où les supporters se chambrèrent avec respect au regard de l'évolution du score, qu'à l'extérieur du stade, proche du centre-ville, régna tout le long de ce véritable dimanche de foot anglais... Autre bonne surprise fut la réception à Anfield du Newcastle de Rafa Benitez. Fort des bonnes ambiances connues dans les parcages away, je pensais retrouver la relative apathie qui caractérise Anfield depuis quelques années. J'avais eu le plaisir d'assister les deux saisons précédentes à des matchs forts en émotion (la défaite contre Chelsea en 2014 nous privant d'un titre de champion d'Angleterre si désiré et la victoire contre Manchester City en 2015 avec un « screamer » de Coutinho qui fut sûrement le meilleur match à domicile de la dernière saison pleine de l'ère Rodgers) et craignais de ne pas retrouver une telle ambiance pour la réception d'un relégable, luttant pour son maintien, même coaché par une vieille connaissance espagnole... Force est de constater que, posté en haut du Kop, d'où les lanceurs de chants se situent, l'ambiance fut au rendez-vous, même s'il peut paraître en-deça de celle fantasmée par ceux qui se réfèrent au Kop des années 60-70. Les chants s'enchaînèrent, saluant anciens entraîneur ou joueur (Jonjo Shelvey) et personne ne partit avant la fin du match malgré le scénario, une nouvelle fois frustrant, d'un nul après avoir mené 2-0... Ce déplacement à Anfield fut l'occasion aussi de constater une chose extraordinaire pour un supporter désormais un peu blanchi sous le harnais : Les travaux d'agrandissement du stade, évoqués depuis la présidence Moores-Parry, ont enfin débuté !!! C'est évidemment un point à mettre à l'actif de nos propriétaires bostoniens même si les travaux privent des repères habituels constitués par la Shankly Gate ou le mémorial d'Hillsborough... Sur un plan plus touristique, ce déplacement m'a permis de terminer (au bout de 17 ans, il est vrai...) ma découverte de Liverpool avec le quartier autour de Sefton Park qui comporte quelques attractions méritant le coup d'oeil comme la Sudley House, maison de riches commerçants-philantropes du Liverpool du XIXème siècle, ou la palmeraie ainsi que la très animée Lane Hall, regorgeant de restos et de pubs...La visite fut enfin complétée d'un déplacement à Ellsmere Port, surtout célèbre pour son musée consacré aux narrow boats. Deux déplacements se caractérisèrent plus par le sentiment qu' « il n'y a pas que le football dans la vie… » : Le spectacle tant sur le terrain que l’ambiance dans les tribunes au cœur de l’hiver fut relativement morne à Sion ou Augsburg. En revanche, quel plaisir de visiter les châteaux de Bavière sous la neige ou de déguster une bonne fondue en Suisse, même si le coût de la vie reste prohibitif pour un étranger… A Dortmund, l’impression fut inverse avec une ville dont les attraits se résument au football et au fameux « mur jaune » tant voire trop attendu et redouté qu’il déçoit, au final, un peu, même si l’état d’esprit entre les supporters des deux équipes fut véritablement exemplaire avant, pendant et après le match. La Ruhr n’est évidemment pas une destination touristique de premier choix, nécessitant de se déplacer vers Cologne et sa cathédrale ou Francfort et ses musées pour satisfaire sa soif de découverte de richesses architecturales ou culturelles... Les deux déceptions furent paradoxalement les déplacements a priori les plus alléchants : le 1/8 retour à Old Trafford et la finale à Bâle. L’ambiance dans le parcage away à Manchester était naturellement incandescente mais la rivalité exacerbée entre les supporters des deux clubs (tensions à l’entrée et à la sortie du stade, bagarres pendant le match) réserva un arrière-goût amer à cette rencontre malgré la qualification chez le rival historique… La finale à Bâle contre Séville connut elle aussi quelques échaffourées causées par l’achat de billets dans les parties « neutres » par les scousers conduisant à des rapprochements inappropriés avec les supporters sévillans, mais c’est surtout la relative apathie du travelling Kop, occupant pourtant près des ¾ du stade, qui m’a laissé une impression mitigée. Il n’y eut jamais cette sensation de pouvoir influer sur le déroulement de la rencontre même si le but de Sturridge fut célébré voire sur-célébré avec vigueur, les supporters semblant n’avoir plus d’énergie à communiquer à leur équipe au moment où celle-ci en avait pourtant bien besoin au début de la seconde mi-temps…Il est aussi curieux de voir un certain nombre de supporters ayant fait un long déplacement quitter le stade avant la fin du match pour pouvoir rejoindre plus facilement leur car Thomas Cook… Le fait d’entendre enfin les supporters sévillans chanter leur joie à l’aéroport de Bâle-Mulhouse une grande partie de la nuit n’a pas contribué à la totale réussite de la soirée… En conclusion, qu’est ce qui fait qu’une rencontre reste mémorable dans l’esprit des supporters ? Plusieurs paramètres peuvent être invoqués : La qualité de l’adversaire, L’enjeu de la rencontre, L’ambiance constituée par les supporters des deux équipes, Le scénario du match, Et vraisemblablement l’issue positive pour le club qu’on supporte… A ce titre, il sera intéressant de voir si le match retour contre Dortmund bénéficiera de la même aura que le Saint-Etienne de 1977 ou les Olympiakos ou Chelsea de 2005 sachant que les Reds n’ont pu malheureusement aller au bout de la compétition…
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1892-1902 : De la création du club au 1er titre de champion
rafalabamba a posté un sujet dans Articles
Pour rappel, ces chroniques « historiques » sont inspirées de deux sources principales : - The Official Liverpool FC Illustrated History de J. ANDERSON et S. DONE traduit par nos amis des Swiss Liverbirds, - Red Men de John WILLIAMS dont la qualité de l’ouvrage est identifiable dès la dédicace en hommage aux 135 victimes de Hillsborough et du Heysel. Paradoxalement, pour une ville, qui semble « respirer » le foot au cours du XXème siècle (antidote à la dépression économique des années 20 ou du thatchérisme des années 70/80, redécouverte de la fierté locale et du sens de la communauté après-guerre), le football a émergé tardivement à Liverpool au XIXème siècle en raison notamment de : L’influence du rugby, Des conditions sociales défavorables aux dockers, qui ne gagnèrent leur droit au samedi après-midi qu’à compter de 1890. Cela n’empêcha pas néanmoins certains « scousers » d’être rapidement à la pointe du progrès en matière de football. Un ingénieur de Liverpool J. Brodie inventa ainsi en 1891 le goal-net, dispositif servant à valider ou non un but. Dans la même veine, Everton fut le premier club à publier un programme de match et à se doter de filets de buts. Le football se développa progressivement dans la Meyserside grâce à l’influence de la religion, les « hommes de Dieu » voyant le moyen d’occuper « sainement » leurs paroissiens durant leur période de repos et de les distraire de la tentation de fréquenter les pubs... Everton, crée en 1878, s’inscrit ainsi dans la filiation de la St Domingo’s New connexion Methodist Chapel, qui comptait un certain nombre de stricts méthodistes, militants anti-alcooliques. Le club était pourtant présidé par un politicien conservateur et orangiste et également président de l’association des brasseurs de Liverpool, John Houlding, qui aura une certaine influence sur la création du Liverpool FC… John Houlding, né en 1833 d'un père éleveur de bétail ruiné par la peste bovine, quitta l'école à 11 ans et fit tous les métiers dans des conditions souvent très difficiles. En 1854, il s'engagea dans une brasserie locale (Houlding's Everton Beacon Ale) et gravit tous les échelons jusqu'à connaître le succès en achetant une brasserie et des pubs. Il devint, par la suite, lord maire de la ville. Excellent nageur, il manifesta, durant toute sa vie, un fort intérêt pour le sport et notamment le football. Il fut également un grand philantrope et contribua à récolter des fonds pour les hôpitaux locaux. Son intérêt pour le football n’était cependant pas totalement désintéressé. Ses opposants l’accusèrent rapidement, outre son management autocratique, d'utiliser le football pour promouvoir son propre commerce de boissons : son pub à Walton breck Road servait, en effet, de vestiaire aux joueurs tandis que sa bière constituait la seule boisson alcoolisée autorisée dans le stade… Les dissensions furent telles que la proposition de Houlding de transformer le club en société et de lui acheter Anfield, dont il était propriétaire, conduisit à la scission le 12 mars 1892 avec le départ de 279 evertoniens et de toute l'équipe première à part 3 joueurs (A. Hannah, P. Gordon et D. Mc Lean). C’est ainsi que, pour occuper Anfield, naquit le 15 mars 1892 le Football Club Liverpool (LFC), qui adopta le nom de Liverpool Football Club and Athletic Grounds Compagny Limited, pour éviter toute confusion avec la principale union de rugby de la ville. John Houlding, pour porter sur ses fonds baptismaux le club, put s’appuyer sur deux lieutenants fidèles : William Barclay, directeur administratif, et surtout John Mc Kenna, en charge du sportif, qui demeura au club jusqu'en 1922 goûtant à deux mandats de président (il fut également élu en 1910 président de la ligue de football, mandat qu’il occupa pendant 26 ans, où sa réputation d'intégrité lui valut le surnom d’ « Honest John »). Le Board du LFC est alors dominé par les conservateurs, les protestants unionists et les francs-maçons (17 sur les 46 actionnaires originaux, 15 sur les 23 directeurs durant la période 1892-1914). Les débuts sportifs furent difficiles, Everton bloquant l'adhésion du Liverpool Football Club à la football league, contraignant les futurs Reds à évoluer dans la ligue du Lancashire...John Mc Kenna fit venir d'Ecosse l’équipe des Macs (dix écossais en tout) dont l’ailier droit Tow Wyllie qui fut vraisemblablement le premier professionnel à LFC. Le 1er septembre 1892, LFC, en bleu et blanc, accueille pour un match amical le champion de la league du Midlands Rothertham Town pour ce qui fut le 1er match à Anfield ponctué par une victoire 7-1 !! La première “compo” des Reds fut : Ross Hannah Mc Lean Kelso McQue Mc Bride Wyllie Smith Miller Mc Vean Kelvin. Le 8 septembre eut lieu le match d'ouverture de la ligue de Lancashire contre Higher Walton avec une victoire 8-0 devant 200 spectateurs…LFC survola la ligue du Lancashire avec 17 victoires en 22 matches. S’appuyant sur ce succès et sur le passage de la 1ère division à 16 clubs, LFC finit par intégrer la ligue de football en 1893 en seconde division. Les joueurs réalisèrent une superbe saison, restant invaincus (exploit que même l'équipe du grand Bob Paisley ne put reproduire) avec 6 nuls et surtout 22 victoires et 77 buts contre 18 encaissés. Liverpool remporta le play-off contre Newton Heath, club qui allait bientôt être rebaptisé Manchester United… Le 1er match entre Liverpool et Everton eut lieu le 22 avril 1893 à l'occasion de la finale de la coupe Senior de Liverpool et se termina par une victoire 1-0 des Reds avec déjà un manque de sportivité de la part des Toffees (qui font jouer des réservistes et contestent l’arbitrage sur une occasion de dernière minute)… Malheureusement, l'apprentissage de la 1ère division fut douloureux avec une redescente immédiate avec seulement 7 victoires en 30 matchs et un play-off perdu contre Bury. Le 1er derby se tint à Goodison en octobre 1894 devant 44.000 spectateurs avec une victoire des Blues 3-0 (match nul 2-2 au retour). Abonné à l'ascenseur, Liverpool fut, à nouveau, champion de 2ème division en 1896 avec 106 buts marqués dont une correction 10-1 contre Rothertham le 18 février 1896...L’équipe bénéficiait du renfort de George Allan 1er international écossais et de Francis Becton déjà international anglais Pour éviter de reproduire le scénario de 1894, le board de Liverpool prit la décision de recruter un entraîneur expérimenté en la personne de Tom Watson, déjà trois fois champion avec Sunderland en 1892,1893 et 1895. Il put s’appuyer notamment sur un défenseur extraordinaire, l’international écossais Alex Raisbeck, renommé pour ses tacles et sa résistance, qui fit 340 apparitions sous le maillot de Liverpool, qu’il quitta en 1909 (il retrouvera Anfield en 1938 comme recruteur de jeunes talents après être passé par Bristol City, Halifax ou Chester). Les résultats furent immédiats avec une 5ème place en championnat et une demi-finale de coupe d’angleterre contre Aston Villa. Second du championnat en 1898-99, Tom Watson conduisit les Reds, dont le maillot devient rouge à compter de 1899, à leur 1er titre de champion lors de la saison 1900-1901 avec 19 victoires, 7 nuls et 8 défaites. Moins d'une décennie après sa création, LFC atteignait le sommet du football anglais, en grande partie, grâce à un homme, John Houlding, qui s’éteignit dans un hôtel à Nice le 17 mars 1902. Ce sont les joueurs du Liverpool Football Club qui portèrent son cercueil jusqu’à sa dernière demeure… -
Profitant d'une année sabbatique, le futur entraîneur du Bayern Munich, qui poursuivra ainsi après Parme, la Juve, le Milan AC, Chelsea, PSG et le Real Madrid, sa découverte des principaux championnats européens, livre dans Mes secrets d'entraîneur quelques conseils très opérationnels à de futurs confrères et en profite aussi pour revenir sur les principaux matchs ayant marqué sa riche carrière d’entraîneur. Sans grande surprise, la double confrontation en finale de ligue des champions entre son Milan AC et le Liverpool de Benitez et, plus particulièrement l'incroyable défaite d’Istanbul, tient une place particulière dans son analyse. Concernant la finale de 2005, Ancelotti avait analysé les qualités du système tactique en 4-4-1-1 mis en place par Benitez, qu'il jugeait, avant tout, prudent : - Liverpool n’avait pas encaissé de buts durant les derniers matchs (à l'exception du but de la Juve en quart à Anfield), - Liverpool n’avait jamais perdu par deux buts d’écart. Pourtant, cette tactique « défensive » a volé en éclats dès la 1ère minute, entraînant la dégradation continuelle de la solidité défensive du milieu de terrain des Reds, dont les joueurs offensifs du Milan AC ont pleinement profité en 1ère mi-temps. Pour lui, à l’instar d’une majorité des observateurs, le remplacement de Finnan par Hamann à la mi-temps eut un fort impact sur le déroulement du match en favorisant le passage à un 3-5-2, qui a modifié le rapport de force au milieu de terrain avec une plus grande liberté accordée pour les insertions de Gerrard et le blocage des latéraux du Milan (Cafu et Maldini) grâce à la position avancée de Smicer et Riise. Le but de Gerrard symbolise la difficulté rencontrée dans la couverture des couloirs par le Milan AC avec l’incursion des latéraux dans l’espace libre laissé par le capitaine des Reds. Le milieu de terrain milanais rencontra, dès lors, des difficultés pour reculer rapidement en couverture : le mouvement de repli des milieux, quand le ballon était dans la moitié de terrain adverse, créa, en effet, une supériorité numérique pour Liverpool dans le couloir opposé et permit aux Reds de faire tourner le ballon. D’une manière générale, Liverpool fut plus agressif et compact que Milan au milieu de terrain à partir de la seconde mi-temps. Pour Ancelotti, Milan AC aurait dû mieux gérer les changements opérés par l’adversaire dans le contexte néanmoins d’un match très particulier…La principale leçon qu’il en retire vise à mieux anticiper et percevoir le changement. Pour lui, ce dénouement dramatique l’a poussé, dans la suite de sa carrière, à renforcer ses interventions et à orienter les situations dès leur origine. Son analyse est plus synthétique concernant la « revanche » à Athènes. Sa principale interrogation résidait dans le choix de l’attaquant central entre Gilardino et Inzaghi, qui sera préféré, outre son instinct de renard des surfaces, en raison de son « regard » et de son attitude. Liverpool, toujours en 4-4-1-1, se caractérise par une attitude prudente, une couverture attentive, un pressing au milieu de terrain et des contre-attaques rapides tandis que le 4-4-2 du Milan en phase de non-possession de balle se transforme en 4-3-2-1 (le fameux sapin de noel) en phase offensive. Le match se joua pour Ancelotti sur les duels et le contrôle de l’adversaire avec peu d’occasions de marquer, dont sut néanmoins pleinement profiter Inzaghi au détriment des Redmen… Au fil de son ouvrage, Ancelotti cite aussi Bob Paisley, avec qui, selon certains observateurs, il présente certaines ressemblances : « Si tu parles doucement et avec respect, les gens te suivront. Si tu cries, ils feront probablement tout pour s'éloigner de toi ». On ne peut que lui souhaiter de connaître autant de succès en Bavière qu’Oncle Bob sur les rives de la Mersey…
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Contrairement à ce que le titre, emprunté d'un film du début des années 80 de Denys Granier-Deferre, pourrait laisser à penser, l'objet de cet article n'est pas de traiter des émoluments des membres du bureau de l'association mais de ceux de salariés aux revenus beaucoup plus modestes, les joueurs du Liverpool Football Club, dont le Daily Star a publié récemment, dans ses colonnes, les rémunérations supposées : JOUEUR SALAIRE EN 2015-2016 ECHÉANCE DU CONTRAT Simon Mignolet 4M€ 2021 Adam Bogdan 990.000€ 2017 Mamadou Sakho 4,9M€ 2020 Martin Skrtel 4,9M€ 2018 Dejan Lovren 4,3M€ 2019 Steven Caulker 2M€ 2016 Tiago Llori 1,3M€ 2018 Joe Gómez 676.000€ 2020 Alberto Moreno 2,6M€ 2019 José Enrique 4,9M€ 2016 Kolo Touré 4,3M€ 2016 Jon Flanagan 1,7M€ 2016 Emre Can 3,6M€ 2018 Lucas Leiva 5,2M€ 2017 Jordan Henderson 6,5M€ 2020 James Milner 7,9M€ 2017 Joe Allen 2,9M€ 2017 Philippe Coutinho 4,9M€ 2020 Adam Lallana 4,3M€ 2019 Joao Teixeira 328.000€ 2016 Roberto Firmino 6,5M€ 2020 Jordon Ibe 676.000€ 2020 Christian Benteke 9,2M€ 2020 Daniel Sturridge 7,9M€ 2019 Divock Origi 990.000€ 2019 Bien évidemment, ces chiffres doivent être analysés avec prudence ne connaissant pas la source exacte utilisée par les journalistes. Par ailleurs, au regard de la complexité des contrats désormais signés par les joueurs (droits d'image, bonus en fonction des performances...), la notion même de rémunération reste difficile à appréhender sur un périmètre semblable à l’ensemble du groupe. Néanmoins, cette échelle des rémunérations même relative permet de tirer quelques enseignements sur une des composantes majeures du football moderne, l’argent : Tout d’abord, il est difficile de résister au couplet du « c'était mieux avant » quand les joueurs négociaient avec Shankly une revalorisation de 100 £ après avoir remporté le championnat dans les années 70 ou qu'une prime de victoire dans une coupe dans les années 80 ne dépassait pas 1.000 £…. Ce monde est désormais révolu avec l'inflation exponentielle des droits TV depuis la fin du siècle dernier, qui s'est logiquement reportée sur la rémunération des principaux acteurs de ce « spectacle », c'est-à-dire les joueurs. A ce titre, il peut être remarqué que les rémunérations de ces derniers sont équivalentes à celles de « grands patrons » alors que la charge de travail et les responsabilités exercées paraissent légèrement inférieures… Il serait plus juste de les comparer avec celles d’artistes (chanteurs ou acteurs), dont le niveau de rémunération reste toutefois conditionné par le succès rencontré (à quoi les footballeurs sont protégés par la sécurité apportée par un contrat pluri-annuel très largement déconnecté des performances sur le terrain…). Autre enseignement plus rassurant ou conforme à une logique managériale « classique », le manager semble mieux payé que ses « subordonnées » les joueurs. Lors de son recrutement à l’automne 2015, une rémunération à hauteur de 9,5 M€ (égale à celle de Van Gaal, inférieure seulement à celle de Wenger et Mourinho alors à Chelsea) avait été évoquée pour le « normal one ». Même si la rémunération de certains traders excède largement celle déjà généreuse de celles de leurs patrons dans certains banques d’affaires, il apparaît plutôt sain que le « boss » soit mieux rémunéré que les salariés qu’il dirige. Il n’est pas sûr que ce soit toujours le cas, à l’exception de la dizaine de « top managers ». Ainsi, Pellegrini semblait émarger à seulement 5 M€ à Manchester City, niveau de rémunération vraisemblablement très inférieur à celui de ses meilleurs (ou supposés comme tels) joueurs. Un autre constat, cette fois plus inquiétant, réside dans la déconnexion entre le niveau de rémunération et les performances sportives : L'exemple le plus frappant est évidemment de retrouver Divock Origi en bas de classement des rémunérations tandis que son « remplaçant » durant toute la deuxième partie de saison dans l’attaque des Reds, Christian Benteke se pavane en tête... D'une manière générale, on constate que les acteurs « créateurs de valeur », c'est-à-dire, les joueurs offensifs censés créer des occasions et marquer des buts, sont logiquement les mieux rémunérés (Sturridge, Firmino...). La notion de joueurs « libres ou gratuits», en fin de contrat sans indemnité de transfert suivant la « jurisprudence Bosman » est aussi à relativiser. Les rémunérations de J. Milner ou de K. Touré n'auraient sûrement pas été aussi élevées si le club avait dû payer une indemnité de transfert. A l'instar du transfert à l'été de Joël Matip, les indemnités de transfert non-versées en raison de la fin de contrat sont quelque part intégrées dans la rémunération contractuelle du joueur, sans donc véritable économie pour le club... L’importance de l’ancienneté est aussi prégnante. Les jeunes joueurs, même prometteurs comme Joe Gomez ou Divock Origi, ne dépassent pas un plafond (certe conséquent pour un jeune de vingt ans…) de rémunération de 1 M€. Cette pratique reste conforme aux théories du moneyball, chère à nos propriétaires américains, d’investir sur des jeunes joueurs en devenir dans l’espoir d’une forte plus-value à la revente, moyennant toutefois que ces derniers ne soient pas attirés trop vite par des rémunérations supérieures ailleurs (cf. Sterling)… Le coût salarial des « poids morts » n’est pas, non plus, à négliger. Quand on additionne les rémunérations de Bogdan, Enrique, Ilori ou Caulker voire Flanagan, qui n'ont pas dépassé à eux tous sur la saison une dizaine de matchs, elles correspondraient à celle d'un joueur de classe mondiale ou au moins d'un « sérial-buteur » du calibre, si ce n’est du « Pistolero », au moins de C. Benteke... Comme pour toute entreprise, l'intérêt de ne pas se tromper dans le choix de ses collaborateurs est donc vital d’autant que le niveau des rémunérations pratiqué dans le monde du football et son impact à moyen terme sur la masse salariale rendent toute erreur de casting dramatiquement coûteuse.. Une politique salariale totalement déconnectée des prix du marché et de la performance des joueurs peut conduire un club à la faillite au moins sportive, comme l'ont rappelé récemment les exemples en Angleterre de Leeds ou Portsmouth... Après plusieurs années de relatif succès (voire d'échecs flagrants à l'instar de nos récents avants-centres), Jürgen Klopp souhaitera évidemment retrouver la dynamique connue à Dortmund pour constituer une équipe compétitive au meilleur rapport qualité-prix...A lui donc de montrer, dès la saison 2016-17, que sa rémunération est méritée…
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Même si le compte-rendu de déplacement ne constitue pas mon genre littéraire préféré, je m’y prête bien volontiers, ayant eu la chance d’assister successivement à deux aways, l’un en Europa League à Old Trafford et l’autre en championnat au Saint Mary’s stadium contre Southampton. Tout d’abord, je ne peux que remercier, encore une fois, la branche française, et plus particulièrement son indispensable responsable en charge de la billeterie, de m’avoir permis de bénéficier de ces deux billets qu’il aurait particulièrement difficile à un supporter « isolé » d’acquérir sans un historique de matchs étoffé… Ayant pris un vol pour Manchester le jeudi matin, j’ai pu parcourir, dans la journée, le centre-ville et je dois reconnaître que Manchester n’est plus aussi « full of sh** » que cela, offrant aux visiteurs moultes églises, bibliothèques et musées dignes d’intérêt. Chronique sportive oblige, l'attention est, avant tout, portée sur le récent musée du football, qui bénéficie d’un bel écrin architectural en plein cœur de la ville. L’intérieur est également plaisant à visiter même si l’on perçoit l’effort de « neutralité » visant à ne pas trop privilégier Manchester United…Liverpool FC y est quand même bien représenté avec notamment un des fameux costumes pastel Armani que portaient les « spice boys » lors de la finale de Cup perdue contre MU en 1996. Certaines thématiques (rapport à l’argent, hooliganisme) auraient sûrement mérité d’être approfondies mais une approche ludique et un peu mercantile est clairement privilégiée avec, par exemple, une vitrine consacrée aux cheveux coupés de Robbie Savage ou une exposition sur les jeux vidéos de foot…Une visite donc sympathique mais, en comparaison, j’ai préféré la partie consacrée au football du musée de la Liverpool Life, plus riche en émotions… En milieu d’après-midi, il était temps de se rapprocher d’Old Trafford et de découvrir un quartier des quays aussi bien rénové que celui des docks à Liverpool. Ayant choisi de loger à proximité du stade, plus l’heure du match se rapprochait, plus j’avais l’impression d’être le héros d’un film de zombies où les morts-vivants auraient revêtu la mauvaise tunique rouge… Cette légère impression de malaise s'est confirmée lors du match dès l'entrée dans le stade où les supporters des deux clubs, séparés par le cordon constitué par la « police à cheval » anglaise s'échangeaient des insultes dont ma compréhension perfectible de la langue de Shakespeare ne me permettait pas toujours (heureusement) d'apprécier la pertinence... Les échaffourés intervenus à la fin du match avec les scousers ayant réussi à s'introduire dans la tribune mancunienne surplombant le parcage visiteurs puis le lancer de quelques sièges entre les deux camps finirent de gâcher ce match, qui ne restera pas, pour moi, un souvenir impérissable malgré l'ambiance extraordinaire dans le travelling Kop. Même le but de Coutinho resta une frustration, l'ayant mieux vu sur le téléphone portable de mon voisin et n'ayant pu pleinement le célébrer en raison d'un fumigène lancé à deux sièges de moi...D'une manière générale, la rivalité légitime entre les deux plus grands clubs d'Angleterre devient, au fil des ans, de moins en moins saine. N'oublions pas qu'un des grands hommes de MU statutifié à Old Trafford fut un joueur de Liverpool (Matt Busby pas Bacon Face!!!). Ayant fait l'effort d'avoir acheté le fanzine United We Stand, on ne peut que constater que tant les villes en pleine rénovation que les deux clubs, par leur succès et leur histoire, se détestent autant qu'ils se ressemblent : tee-shirt non-officiel sur la chute de Stevie G ou écharpe « I'd prefer walk alone », vannes dans le fanzine sur le tirage au sort en Europa League, qui permet d'aller dans des coins perdus où on ne comprend pas ce que disent les locaux... Le vendredi fut consacré au versant sombre de l'away c'est-à-dire le voyage en car pour remonter du nord au sud de l'Angleterre, permettant néanmoins d'apercevoir certains stades qu'on risque de ne plus retrouver en Premier League comme celui d'Aston Villa...La journée se conclut par une visite (rapide) de Southampton by night, ville portuaire ne débordant pas d'attrait (même si son musée abrite des œuvres de Van Dyck ou Manet). Le samedi fut dédié au tourisme avec la visite du fameux Stonehenge assez décevante et chère pour les personnes peu sensibles au caractère mystique ou à la spiritualité des lieux (qui peuvent, de plus, être parfaitement vus de la route mitoyenne...). La découverte de Salisbury fut plus agréable avec notamment sa magnifique cathédrale qui abrite un des quatre exemplaires de la Magna Carta, texte fondateur pour les droits de l'homme. La soirée fut l'occasion d'une visite de Portsmouth by night, qui, comme sa voisine, à part les musées maritimes et un quartier rénové des docks, ne présente pas un charme fou... Le dimanche matin permit de boucler ce périple touristique avec la visite de Winchester qui abrite aussi une superbe cathédrale et différents monuments dignes d'intérêt. Il était alors temps de revenir, comme d'autres supporters, par train à Southampton pour assister au match du début d'après-midi. Le stade de Southampton peut être facilement relié du centre-ville grâce à une ballade fléchée d'une quinzaine de minutes (le retour est évidemment un peu plus compliqué avec la constitution d'un goulot d'étranglement mettant une dizaine de minutes à se dissiper...). Comme Old Trafford, le St Mary's stadium, de volume plus modeste, dispose de sa statue, sa boutique (celle d'OT n'est pas si grande qu'imaginée) et même des plaques nominatives apposées à l'extérieur. Le caractère sympathique du stade est confirmé avec la programmation musicale avec un bon vieux « Ace of spades » à la mi-temps (RIP Lemmy) pour égayer les animations... Malgré le déroulé du match défavorable aux Reds, je garde un très bon souvenir de cette rencontre où les kops se répondèrent (celui de Southampton reprenant évidemment de la voix à partir de la remontée des Saints). Un très beau dimanche de foot anglais où on peut se chambrer sans tomber dans une hostilité inutile... Il ne me restait donc qu'à reprendre le bus de Southampton pour Londres puis pour Paris avec la chance d'être bloqué à 2 heures du mat cinq heures devant le tunnel sous la manche...Les voyages forment donc le supporter en attendant la découverte du mur jaune !!!
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Comme le faisait remarquer un contributeur dans un des récents numéros de Red All Over The Land (RAOTL), le dernier fanzine existant consacré au Liverpool FC, on ne voit pas assez souvent Kevin Keegan à Anfield. D'une manière générale, il paraît assez surprenant qu'un des meilleurs joueurs européens (et sûrement le meilleur joueur anglais) des années 70 et du début des années 80 ne soit pas automatiquement considéré comme une légende sur les bords de la Mersey. « Mighty Mouse », son surnom, semble, en effet, souffrir de plusieurs handicaps aux yeux du peuple rouge : Tout d'abord, tel un amant délaissé, les supporters de LFC lui pardonnent mal son départ du club en 1977 pour Hambourg. Contrairement aux récents départs de joueurs emblématiques (Torres, ou Suarez), il est, en effet, difficile à l'époque de trouver mieux en Europe que l'équipe qu'il quitte à la suite de sa première finale victorieuse en C1, épreuve qu'elle remportera d’ailleurs, à nouveau, en 1978. Regret d’autant plus avivé pour les Scousers que Keegan est, dans ces années, au pic de sa forme. Recruté par Hambourg pour le montant record à l'époque de 500.000 £, il y remportera ainsi deux ballons d'or consécutifs en 1978 et 1979 ainsi que le championnat d'Allemagne en 1979. Il décida ensuite de retourner en Angleterre dans le modeste club de Southampton, où il termina meilleur buteur du championnat d'Angleterre avec 26 buts lors de sa première saison et fut élu meilleur joueur du championnat d'Angleterre lors de la seconde. A l'instar de Michael Owen, même si le LFC de Paisley ne semble pas s’être positionné sur lui, il peut lui être inconsciemment reproché de ne pas avoir souhaité revenir sous le maillot rouge après une expérience réussie à l'étranger... Par ailleurs, Keegan est lié par un attachement fort à sa ville natale de Newcastle. Il y finira sa carrière de joueur en faisant remonter, grâce à ses 48 buts en 78 matchs, les Magpies dans l'élite. Il y connaîtra aussi sa meilleure partie de carrière en tant qu'entraîneur, flirtant même avec le titre de champion dans le milieu des années 90 avant d'entamer des expériences moins concluantes (son manque de sens tactique lui est notamment reproché) à Fulham, à la tête des Three Lions, lors d'un deuxième passage à Newcastle et finalement à Manchester City. Il aura surtout le tort de déclarer, à l’époque, que Newcastle avait les meilleurs fans du monde... En outre, comme Owen une nouvelle fois, certains pourraient lui reprocher, au nom du fameux « We are Scouse not English », son engagement pour l'équipe nationale en tant que joueur (il comptabilisa un total de 63 sélections dont 31 comme capitaine, marquant 21 buts) avant d'en devenir le sélectionneur. Il ne faut pas oublier qu'à l'époque peu de joueurs anglais figuraient dans le onze titulaire de Liverpool, composé essentiellement d’écossais de gallois ou d’irlandais. Enfin, Keegan reste dans l'ombre de son successeur au poste de n°7 le légendaire King Kenny, qui est devenu une icône indéboulonnable au sein du club en tant que joueur puis manager. Homme également de deux clubs légendaires connus pour la ferveur de leurs fans, le joueur et puis le directeur sportif du Celtic, contrairement à Keegan à Newcastle, a privilégié la maison rouge sur laquelle il a bâti sa légende. Pourtant, le rôle de Kevin Keegan à Liverpool ne peut être minoré. Comme le rappelle David Peace dans Red or Dead, sa magnifique biographie romancée sur Shankly, Kevin Keegan fut l'homme-clé de cette période, associé à son compère John Toshack en attaque. Il donna ainsi aux Reds, au milieu des années 70, une nouvelle dimension tant nationale qu’européenne, comme en témoigne son formidable palmarès : Il remporta, en six ans, trois championnats d'angleterre en 1973, 1976 et 1977, une Cup en 1974, deux coupes de l'UEFA en 1973 et 1976 et donc la première C1 du club le 25 mai 1977 avec une victoire 3-1 devant Moenchengladbach . Le jeune joueur, recruté à Scunthorpe et débutant à Anfield le 14 août 1971 contre Nottingham Forest, se signala immédiatemment dans l’esprit des supporters en inscrivant son premier but après seulement 12 minutes de jeu. Il prit, très rapidement, une dimension internationale grâce à ses qualités de soliste au service du collectif, son intelligence de jeu et son activité infatigable sur l'aile droite des Reds. Newcastle doit donc apprendre à mieux partager Kevin Keegan avec Liverpool. Ne prit-il d'ailleurs pas sa retraite sportive en 1984 lors d'un match de gala sous le maillot de Newcastle face à Liverpool ? Surtout qui a marqué deux des trois buts en finale de la Cup 1974 pour Liverpool contre Newcastle ?
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Dans un des derniers numéros de Red All Over The Land, un contributeur relatait son déplacement à Sion (avec une photo d'ailleurs de la superbe bannière de la branche Rhône-Alpes avec sa fière devise 7eme compagnie / Spirit / Rock n Roll) et regrettait, tout en admettant que l'ambiance dans la tribune away était, avant tout, assurée par des supporters norvégiens et français, entendre des chants en français pour soutenir les Reds... Même s'il convient de reconnaître que les « chevaliers de la table ronde » n'appartiennent pas au patrimoine culturel du Liverpool Football Club, cette petite polémique, relative à l'accès de billets recherchés, illustre bien l'éternel débat sur l'out-of-towner et sa légitimité à supporter les Mighty Reds. Dans ce cadre, le scouser pur jus se jugera plus légitime à supporter et suivre les matchs des Reds que l'habitant de la Mersey qui, lui-même, considérera avoir plus le droit à un billet qu'un londonien. Le même phénomène se reproduira indéfiniment envers le supporter britannique, européen puis asiatique... Moi le premier il peut m'arriver de ressentir un certain agacement envers des touristes asiatiques débarquant pour des gros matchs avec leurs écharpes « mixtes » (y a-t-il quelque chose d'aussi stupide qu'une écharpe mixte « Liverpool / MU »?) et passant leurs matchs à faire des selfies... Au contraire, à la lecture des fanzines ou à l'occasion de rencontres dans les stades, on s'aperçoit vite que l'éloignement géographique n'est pas inversement conditionné à la ferveur exprimée pour les Reds. Dans la tribune away pour le match contre Southampton, me retournant en me disant intérieurement que je ne comprendrais jamais le scouser, j'ai pu voir un japonais encourageant avec passion les Reds et dont l'analyse tactique du match pouvait rendre envieux un certain nombre de supporters anglais. A contrario, il n'est pas rare de croiser des scousers à Anfield se manifestant au mieux par leur apathie et, au pire, par l'insulte continuelle envers leurs joueurs sans évidemment exprimer le moindre signe d'encouragement... Alors, comment trier le bon grain de l'ivraie entre le vrai supporter et le consommateur attiré par les lumières du football moderne ? A première vue, un système basé sur la fidélité, comme celui existant pour les matchs européens, apparaît assez légitime : Il semble normal que celui qui se déplace en plein hiver en Roumanie ou dans des stades perdus de Division 2 soit prioritaire au moment où s'annoncent les belles affiches au printemps... Il pourra être toutefois rétorqué que ce système est quelque part basé sur l'argent, qui permet de se déplacer régulièrement, et les disponibilités professionnelles et personnelles qui ne permettent pas d'être aussi libres que son attrait pour les Reds le souhaiterait. Les membres des branches asiatiques peuvent, en effet, difficilement se constituer des historiques et pourront avoir tendance à mettre le prix auprès de revendeurs officiels ou non pour bénéficier d'une place lors des quelques semaines de présence en Europe. De même, un supporter, ne pouvant faire qu'un déplacement sur deux ou trois ans, aura vraisemblablement envie de voir une belle affiche ou une finale. Certes, quand on est fan des Reds, tous les matchs se valent mais ne sommes-nous pas les premiers à regarder en priorité, quand le calendrier tombe, la date des matchs contre MU ou Everton ? Un déplacement à Dortmund n'est-il pas ainsi plus alléchant qu'une visite du stade d'Ausburg ? L'historique des droits est donc un critère intéressant mais ne peut être le seul. Dans un système où la demande excède l'offre, il empêcherait d'ailleurs les nouveaux supporters d'accéder au stade et de commencer à se constituer un historique... Un système mixte, retenu d'ailleurs par l'association pour l'attribution des places en championnat mélangeant, notamment pour les grandes affiches, les membres anciens et investis et nouveaux membres, même s'il n'avait pas ma préférence initiale, paraît aussi en mesure de répondre à cette ambition. Bien sûr, il y aura toujours quelques day-trippers qu'on ne reverra plus après l'obtention de leur billet à Anfield, qui iront ensuite écumer l'Emirates Stadium ou Old Trafford, mais le risque vaut d'être couru pour transmettre le virus de ce club, de ses valeurs et de son histoire (qui ne se résume pas à Stevie G et Luis Suarez....) à un maximum de membres. L'idéal serait de constituer deux circuits de distribution, l'un pour les touristes du foot (places VIP, marché noir), l'autre pour les supporters reconnus pour leur fidélité et leur loyauté avec des billets à des prix encore abordables (à travers des associations agréés par le club disposant régulièrement de places ?), qui auraient, en plus, le mérite de redonner un peu d'ambiance à Anfield, entre ceux qui chanteront et ceux qui poseront avec leurs écharpes devant le stade... Au regard des récents débats sur le prix des places à Anfield, le risque est évidemment que l'un des systèmes cherche à s'étendre au détriment de l'autre afin de maximiser les profits du sport-business...Ian Ayre, sors de ce corps !!!
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Pour une histoire de LFC en français
rafalabamba a répondu à un(e) sujet de rafalabamba dans Témoignages
Après une recherche plus approfondie, l'ouvrage mentionné ci-dessus n'a pas été écrit en français mais traduit par nos amis des Swiss Liverbirds : Merci aux auteurs et aux traducteurs pour ce travail phénoménal consultable sur : http://www.liverpoolfc.ch/History/spec_hist_index.asp?chap=90 Pour info sur les auteurs : LES AUTEURSJeff Anderson est Responsable des Actualités et des Programmes à Granada Télévision ainsi que Producteur Exécutif de la série Tonight With Trevor Mc Donald sur ITV. Né à Kirkby, il assista à l’âge de six ans à son premier match de Liverpool passant la plus grande partie de ses vacances scolaires à la chasse aux autographes à Melwood. Il est toujours aujourd’hui un spectateur régulier à Anfield et a assisté à toutes les finales de Liverpool jouées sur sols Britanniques et Européens depuis 1974. Marié et père de quatre enfants, il vit actuellement à Wirral.Stephen Done est un fan de Liverpool depuis le jour où il vit Charlie George couché sur le dos et les jambes en l’air après avoir vaincu de courageux Rouges lors de la finale de la Coupe d’Angleterre de 1971. Il savait qu’il ne devait pas en être ainsi et était convaincu que Liverpool reviendrait pour gagner tous ce qu’il était possible de remporter. Stephen, formé aux beaux-arts, travaillait en tant que Photographe à Bristol et, par la suite, dans le Sud du Pays de Galles en tant que Conservateur de collections de beaux-arts, d’objets façonnés en charbon minier et, curieusement, de cravates de George Best, avant de se rendre à Liverpool et d’exercer la profession de ses rêves en tant que Conservateur du Musée du FC Liverpool et des archives à Anfield.The Official Liverpool FC Illustrated History est traduit et adapté de l’anglais par Pascal Humair, Président des Swiss Liverbirds (Membre Officiel de l’Association des Branches Internationales du FC Liverpool) - www.liverpoolfc.ch -
A l’occasion d’une recherche sur Internet, j’ai eu la chance de tomber sur le document que je recherchais depuis plusieurs années, c'est-à-dire une histoire du Liverpool Football Club en français. Malheureusement, le nom de l’auteur de cet ouvrage, préfacé par Gérard Houllier, ne figurait pas sur les fichiers PDF récupérés. Qu’il soit, en tout cas, remercié pour son travail très instructif et pédagogique. Quelques faits saillants peuvent être portés à l'attention des lecteurs intéressés, notamment sur la création du club. Contrairement à l'idée traditionnellement répandue, Liverpool était plutôt une ville de rugby au XIXème siècle. Les dockers ayant obtenu le droit à la semaine de 5 jours et demie, il fallut toutefois trouver une occupation pour le samedi après-midi… Everton, qui fut à l’origine de la création de LFC, suite à la brouille entre John Houlding et les membres du Board, était, à la fin du XIXème siècle, un club en avance sur son temps. Ce fut, en effet, le 1er club anglais à publier un programme de match et à utiliser des filets dans les cages… C'est William Barclay, ami de John Houlding, qui trouva, suite à la scission avec Everton, le nom du Liverpool Football Club, qui fut officiellement créé le 15 mars 1892. Le nom étant déjà emprunté par la principale union de rugby de la ville, John Houlding accepta d’y adjoindre le terme association afin d’éviter toute confusion dans l'esprit des scousers… Le 1er match à Anfield fut un match amical le 1er septembre 1892 contre l'équipe de Rothertham Town appartenant à la ligue de Midland. Il se conclut par une victoire de 7 buts à 1 des Reds, qui évoluaient, à l'époque, avec un maillot bleu et blanc… Le premier derby de la Mersey eut lieu, quant à lui, le samedi 22 avril 1893 au Bootle Football Club à l'occasion de la coupe Senior de Liverpool. Il fut remporté par les « futurs » Reds 1-0… La promotion en première ligue fut obtenue lors de la saison 1893-94 contre le dernier de la division, Newton Heath, club qui allait devenir plus tard Manchester United…Malheureusement, après une saison difficile avec seulement 7 victoires en 30 matchs, l’équipe fut reléguée dès l’année suivante. Cet échec poussa le board à investir dans de nouveaux joueurs qui assurèrent la remontée lors de la saison 1895-96 avec un record inégalé jusqu'à nos jours de 106 buts et quelques « démolitions » des équipes adverses : 7-0 à l'extérieur contre Crewe ou 10-1 à domicile face à Rothertham Town… Le 1er manager mythique sur les bords de la Mersey fut Tom Watson, recruté de Sunderland et qui resta 19 ans au chevet des Reds, leur assurant leur 1er titre de champion en 1898-99 (qu’il compléta d’un autre titre et d’une finale de Cup). Il reste, à ce titre et jusqu’à nos jours, le manager dont la longévité fut la plus étendue sur les bancs de LFC…Pour l’aider dans cette tâche, il bénéficia de l’apport d’un des meilleurs défenseurs centraux de l’époque, Alex Raisbeck, capitaine de l'équipe d'Ecosse, qui étrenna une nouvelle tenue rouge et blanc… Après les succès du début du XXème siècle, les Reds, orphelins de John Houlding disparu le 17 mars 1902, revinrent à un certain anonymat en raison notamment de l’introduction d’un salary-cap de 4 £ par semaine (alors que Liverpool avait l’habitude de payer ses joueurs 10 £ avec des bonus) ne permettant plus d’attirer les joueurs prometteurs sur les bords de la Mersey... Malgré ces déboires sportifs, le club rencontrait un certain succès auprès des policiers. 25% des actionnaires du club en 1914 étaient, en effet, des agents de police locaux… La malédiction de la coupe d’Angleterre commença également à cette période avec une finale perdue contre Burnley 1-0 en 1914. Elle donna corps à la vielle plaisanterie du Scouser, qui économise pour le jour où son équipe gagnera la coupe et mourra millionnaire… Moins réjouissant, un match arrangé entre MU et Liverpool fit scandale durant la saison 1914-15… Les supporters des Reds purent se consoler avec un buteur d'exception, dans les années 20, Gordon Hodgson qui totalisa 232 buts en 359 apparitions et 17 coups de chapeau soit le record pour un attaquant du club. L'histoire du club est plus connue ensuite. Après la seconde guerre mondiale, le club connut une décennie de déclin avec notamment un entraîneur assez imprévisible Don Welsh, qui célébrait les victoires de LFC en faisant la roue dans les vestiaires… Billy Liddell, que beaucoup considèrent encore aujourd'hui comme le plus grand joueur du club, apporta néanmoins, dans cette période difficile, de grandes joies aux supporters des Reds. Outre ses qualités footballistiques exceptionnelles, Billy était un homme exemplaire dans la « vraie vie ». Il refusa ainsi une offre lucrative de Bogota après la défaite en coupe de 1950 alors que le club commençait son déclin. « Liddellpool » était véritablement un homme à part, qui soutenait les œuvres de charité tout en travaillant comme comptable dans la journée. Son intégrité et sa sportivité lui valaient des ovations de la part des supporters adverses. Il décéda en 2001 des suites d'une longue maladie tout en étant resté, jusqu’à la fin, un spectateur assidu à Anfield. Liverpool entra ensuite dans l’ère du succès avec Bill Shankly puis Bob Paisley. Comme le résume Phil Thompson, « être supporter en ce temps-là consistait à croire que ce que disait Shanks allait se réaliser »…Wembley fut aussi rebaptisé Anfield Sud sous Paisley. Avant le Heysel et Hillsborough, une catastrophe fut aussi évitée de peu à l'occasion d'une demi-finale de Milk Cup contre Walsall. L’ère du déclin peut être datée du 22 février 1991, date du départ de Dalglish. La plupart des fans et la majorité des joueurs espéraient qu'Alan Hansen prenne la suite mais il souhaitait alors s'éloigner du monde du foot, laissant la place à Souness, qui, comme le constate John Barnes, s’est peut-être surestimé comme manager (« cela peut prendre toute une saison pour qu'un joueur s'acclimate alors imaginez cinq ou six »…). Liverpool entra ensuite dans l’ère du foot-business où Shankly et Paisley auraient sûrement rencontré des difficultés face aux salaires de millionnaires des joueurs et l'influence grandissante de leurs agents… A travers ce bref survol, la richesse de l’histoire du Liverpool Football Club est confirmée. Nous pourrons nous y attarder plus précisément dans de prochains articles sur des périodes précises.
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Dans une période où les campagnes de transferts se soldent par des investissements faramineux voire indécents et souvent des échecs retentissants, il est rafraîchissant de se plonger dans l’ouvrage que consacre Simon Hughes à Geoff Twentyman, en charge du recrutement à Liverpool de Shankly à Dalglish et, de fait, à l’origine des venues de Hansen (qui rédige la préface), Rush, Keegan, Clemence, Mc Dermott, Neal, Kennedy, Heighway ou Nicol… Pour caractériser l’influence de Twentyman sur les succès du club dans cette période dorée, il convient de rappeler que ce génial scout conseilla le recrutement de neuf joueurs sur les seize, qui composèrent l’équipe lors de la finale victorieuse de la C1 contre la Roma en 1984. Durant ces dix-neuf saisons en tant que responsable du recrutement, Liverpool remporta 29 titres auxquels Twentyman ne fut pas totalement étranger… Twentyman commença sa carrière en tant que joueur dans les années 50 : Il joua 184 matchs et marqua 19 buts pour Liverpool puis devint manager-joueur à Ballymena. Il fut ensuite recruté par Shankly comme chef scout avec pour mission de faire de Liverpool un club à succès avec le moins d’argent possible… Ses critères de recrutement (qu’il consigne dans un carnet qui fait l'objet de fil rouge de l’ouvrage) restent assez simples : - Ne pas observer deux fois un joueur qui ne peut taper dans la balle correctement ; - Privilégier les joueurs du Nord et notamment les Ecossais, qui, selon lui, partagent un certain nombre de caractéristiques avec les scousers ; - Suivre des joueurs inconnus venant des divisions inférieures plutôt que des grands noms, qu’il observe dans les tribunes avec les supporters, - Attendre que les jeunes joueurs acquièrent un peu d’expérience : Ainsi, Alan Hansen fut acheté à Partick Thistle six ans après un premier essai infructueux à Liverpool. Bien évidemment, Twentyman laissa passer quelques « pépites ». Ce fut le cas avec Kevin Sheedy qui, blessé et concurrencé par Ronnie Whelan, fut un échec à LFC alors qu’il contribua au succès des Toffees dans les 80’s. Le fait d’avoir sous-estimé le potentiel de Gary Lineker, à un moment où la concurrence entre les deux clubs de la Mersey était au firmament, coûta plus ou moins sa place à Twentyman en 1986 même si Dalglish, dans sa première année de manager, lui demanda d’observer les équipes adverses. Souness profita de l’occasion et le recruta au Glasgow Rangers, où il resta trois ans. Curieusement, il ne le reprit pas quand il prit la tête de Liverpool en 1991, ce qui aurait pu éviter quelques transferts catastrophiques… Les entretiens réalisés par Simon Hughes avec les joueurs observés par Twentyman permettent également de bénéficier de différentes anecdotes : - David Fairclough a failli jouer en France à Quimper (il avait également des touches avec Bastia et Gueugnon) ; - La rivalité entre Liverpool et Manchester United fut, un temps, plus saine selon Martin Buchan, joueur à MU mais scouté par Twentyman comme le témoignaient l’amitié entre Busby et Shankly ou les conversations entre Shankly et le milieu mancunien Paddy Crerand (qui allait voir les Reds quand MU ne jouait pas…) ; - Suite aux débuts difficiles d’Alan Kennedy après un investissement conséquent pour l’époque, Bob Paisley fit remarquer ironiquement « je pense qu’ils ont abattu le mauvais Kennedy » ; - Bob Paisley encore avait donné consigne à Twentyman de rechercher le genre de joueurs qui tentera de faire un petit pont à Kevin Keegan dans un match d’entraînement tout en se tenant respectueusement derrière lui dans le corridor. Le travail de Twentyman fut donc exceptionnel dans un contexte certes facilité par l’attraction de LFC, qui n’était pas à l’époque un club vendeur (hormis pour Keegan et Rush). La concurrence entre les clubs est désormais plus importante et le périmètre de recherche des joueurs est étendu au monde entier. En revanche, les scouts bénéficient de moyens de communication étendus alors que Twentyman devait se déplacer sur les terrains pour observer les joueurs. Comme le conclut Carragher, « il n’y a pas assez de gens comme Bill Shankly, Bob Paisley, Joe Fagan ou Geoff Twentyman dans le football de nos jours ». On peut regretter, à cette occasion, que Twentyman, qui souffrit, comme Paisley, de la maladie d’Alzenheimer, ne fut jamais honoré d’un match testimonial à Anfield pour le remercier de ses recrutements au rapport qualité/prix incomparable…
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Au moment où Liverpool s'apprête à disputer une nouvelle finale de coupe, il est bon de se souvenir d'un de ses glorieux serviteurs Gerry Byrne, malheureusement disparu à la fin de l'année dernière, l'arrière gauche des Reds qui joua la finale de la Cup (et sa prolongation) avec une clavicule cassée dès la 3ème minute. Il est vrai qu'en ces temps-là, aucun remplacement n'était permis... Né à Liverpool et ayant joué toute sa carrière pour LFC, qu'il rejoint à 15 ans en 1953, Shankly disait de lui que « le meilleur professionnel que j'ai eu sous mes ordres fut Gerry Byrne : Un vrai Liverpuldian qui ne pouvait regarder un scouser dans les yeux après un match sans avoir tout donné pendant 90 minutes ». Surnommé « Crunch » ie « le croqueur », il avait une réputation de tacleur, dur sur l’homme mais propre dans ses interventions : Il ne fut d’ailleurs jamais expulsé durant sa carrière professionnelle. Au jeune Tommy Smith, qui avait fait un petit pont à Gerry Byrne, récompensé d’un coup de tête de ce dernier lors du contact suivant, Shankly avertit son joueur « Leçon numéro 1 : Ne pense pas que tu vas faire un petit pont à Gerry Byrne et pouvoir t’échapper…». Gerry Byrne connut des débuts difficiles en 1957 avec une lourde défaite à Charlton par 5 buts à 1 (avec un but contre son camp) et resta jusqu’en 1959 le remplaçant de Ronnie Moran. C'est Shankly qui lui donna véritablement sa chance en faisant de lui un titulaire indiscutable, avec Chris Lawler sur le côté opposé, alors qu'il avait été placé initialement sur la liste des transferts. Il remporta deux titres en 1964 et 1966 jusqu'à sa retraite en avril 1969 suite à une blessure au genou disputant 333 matchs sous le maillot rouge. Il rentra dans la légende des Reds à l'occasion de la finale de la Cup en 1965 contre Leeds où son courage de jouer avec une clavicule cassée, suite à un contact sévère avec le capitaine de Leeds Bobby Collins en début de partie, fut salué par tous (et incita vraisemblablement la FA à autoriser les remplacements). Il trouva même la force de centrer pour l'ouverture du score des Reds lors de la prolongation. Il dit simplement, après le match, que « Shankly n'aimait pas les blessures ». Il joua, de manière similaire, avec une épaule disloquée lors d’un match de coupe d’europe contre le Celtic en 1966 ce qui ne l’empêcha pas d’être présent pour le match du week-end en championnat…Il fit partie de l'équipe défaite en finale de C2 en 1966 contre Dortmund. Il fut également champion du monde avec l'équipe d'Angleterre même s'il ne fut que remplaçant avec les trois lions. Il comptabilisa deux sélections contre l'Ecosse et la Norvège souffrant de la concurrence de l’arrière gauche d’Everton Ray Wilson. C'est plus de 42.000 personnes qui l'honorèrent le 8 avril 1970 lors de son jubilé suite à l’arrêt de sa carrière en avril 1969, mal remis d’une blessure au genou intervenue en août 1966. Le peuple rouge rendait hommage à un joueur de caractère, dont l’exemple pourrait utilement inspirer l’équipe actuelle. RIP Gerry Byrne.
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A la suite de l'homérique saison 2013/2014, où Liverpool fut très proche d'atteindre le Saint-Graal d'un 19ème titre, un double leitmotiv animait le début de saison 2014/15 : - « Here We go again » symbolisait l'ambition (certainement utopique) de lutter, une nouvelle fois, pour le titre, - « Nous ne ferons pas une Spurs » devait s'appliquer en matière de transferts, en référence aux nombreux achats réalisés par Tottenham, à la suite de la vente très profitable au Real Madrid de Gareth Bale, de joueurs au rendement moyen payés fort chers... 18 mois après, le bilan, en matière de transferts, s'avère terrible : D'une équipe, postulant pour le titre de champion d'angleterre, avec une des meilleures lignes d'attaque européenne, le fameux SAS Suarez-Sturridge-Sterling, alimentée par un milieu solide et dont le seul axe d'amélioration résidait au sein du secteur défensif, Liverpool est désormais, après 17 acquisitions dans tous les postes lors des deux mercatos d'été, dotée d'une équipe moyenne, dénuée de joueurs de classe mondiale, comme l'avaient pu l'être Steven Gerrard, Mascherano, Torres, Xabi Alonso ou Luis Suarez dans ces dix dernières années... Quelle politique de transfert a pu justifier un tel échec ? Lors de leur arrivée, nos propriétaires américains ont communiqué sur la théorie du « Moneyball », qui, outre une analyse approfondie en matière de statistiques, vise à miser sur de jeunes joueurs prometteurs, les faire progresser durant plusieurs années pour ensuite assurer un gain substantiel lors de leur revente. En terme de gouvernance, un comité des transferts avait été mis en place suite à l'expérience négative du directeur sportif lors de l'ère Dalglish II (en la personne de Damien Comolli), option que Brendan Rodgers avait réfutée lors de sa prise de fonctions. La composition de ce comité de transferts n'est pas officielle mais il semble composé au moins de deux chefs scouts (débauchés de Manchester City), du manager et d'Ian Ayre, en charge du budget et de la négociation des transferts avec les joueurs et leurs agents. A la vue des transferts réalisés ces deux dernières années, quels ont été les principes retenus par le club en matière de recrutement ? - En premier lieu, bien évidemment l'application du moneyball avec l'achat de jeunes joueurs normalement prometteurs à des prix plus (Ings, Gomez, Origi ou Manquillo certes prêté par l'Atletico Madrid) ou moins (Moreno, Can et surtout Markovic) abordables ; - l'achat de joueurs confirmés, souvent internationaux, libres ou proches de la fin de leur contrat (Milner, Lambert voire Clyne) : Ils sont, quelque part, le symétrique du moneyball ; les « jeunes pousses » devant être encadrées par des joueurs expérimentés même si leur impact sur la masse salariale du club est évidemment plus conséquent ; - les transferts onéreux de joueurs censés apporter une plus-value immédiate à l'équipe (Lallana ou Lovren en 2014, Benteke ou Firmino en 2015) : C'est évidemment dans ce secteur que le bilan est le plus catastrophique avec l'achat de joueurs surpayés au regard de leur valeur, dont les symboles sont un avant-centre et un défenseur central, achetés pour près de 60 M € et qui sont titulaires sur le banc... - Le cas Balotelli : Rétrospectivement, le recrutement de Crazy Balo paraît difficilement compréhensible : Doté d'un passif disciplinaire étendu dans ses précédents clubs, il n'était ni jeune ni véritablement « bon-marché ». Second choix, faute d'avoir réussi à attirer Alexis Sanchez sur les bords de la Mersey, il pouvait paradoxalement être considéré comme un risque maîtrisé vu son potentiel et une indemnité de transfert raisonnable, en comparaison d'autres attaquants de renom, permettant de limiter les pertes en cas d'échec : Force est de constater que le pari n'a pas été réussi, l'intéressé se signalant plus par ses frasques comportementales que par son activité de buteur... - Enfin, le recrutement de Bogdan rappelle l'incapacité de Liverpool, depuis une vingtaine d'années, à disposer d'un gardien remplaçant de bon niveau. Toutes les options ont été testées (le jeune gardien en devenir, le gardien expérimenté en fin de carrière, l'achat de deux gardiens de niveau équivalent simultanément avec Dudek et Kirkland...) sans véritable réussite, rappelée d'autant plus cruellement lors de la méforme du gardien titulaire à l'instar de la saison dernière... En conclusion, nous n'avons donc pas fait une Spurs mais deux suite aux belles ventes de deux joueurs de classe mondiale (Suarez en 2014 et Sterling en 2015) dont le produit a été, chaque fois, réinvesti dans un ensemble de « bons » joueurs, n'appartenant, en aucun cas, à la catégorie des top players, et qui ont été surpayés par rapport à leur valeur réelle, dont une minorité (Can voire Moreno, les cas de Firmino, Clyne et Lallana étant encore en suspens) peut être considérée comme un véritable succès. Encore plus contrariant, la théorie du Moneyball a rapidement montré ses limites dans l'environnement du foot-business, où les règles du fair-play financier restent peu coercitives au regard de l'environnement juridique communautaire et de la pression des intérêts financiers...Liverpool, pourtant un des clubs les plus riches du monde, n'est plus en mesure de garder ses meilleurs joueurs, notamment les jeunes quelques années, permettant de capitaliser sur leur talent avant de réaliser une belle plus-value financière à l'instar du modèle de l'AJ Auxerre sous Guy Roux...Le seul point relativement positif réside dans la capacité du club à vendre ses meilleurs joueurs à un bon prix depuis la fin des années 2000 (Xabi Alonso, Torres, Mascherano, Suarez puis Sterling), contrairement aux « soldes » que purent être les transferts de Mc Manaman ou Owen au Real de Madrid... La politique de transfert de Liverpool ressemble donc à un champ de ruines, suscitant au mieux de l'ironie chez les médias ou les supporters d'autres clubs. Il revient au seul élément de classe mondiale, désormais au club, c'est-à-dire son manager Jürgen Klopp, de rebâtir une organisation cohérente et efficace en matière de transferts. Disposera-t-il des moyens adéquats, similaires à l'environnement connu à Dortmund, pour mener à bien cette mission ? Restera-t-il surtout un dernier joyau de la couronne (Coutinho?) pour alimenter le budget transfert du prochain mercato d'été ?
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Evénement qui s'annonce très intéressant : Dommage que ce soit pas un WE de match à Anfield...
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Good Afternoon From The Very Mild Shed Once again we are making our very Red All Over The Land Christmas Cards available to one and all. The cards, which can be viewed below, have been professionally drawn by Peter King formerly of the Kop newspaper that came to an end in June. Peter might be better known to Kop readers as PAKTOONS. We have two cards and they come in packs of TEN, five of each card. The prices are as follows; UK £8 per pack; Europe £9 and the Rest of World £10 The cards can be purchased by visiting www.redallovertheland.com and visiting the subscription page. Alternatively you can make a PAYPAL payment direct to redallovertheland@gmail.com. If you prefer to pay by cheque just make it payable to RAOTL and send to; RAOTL; 527 New Ashby Road Loughborough; LE11 4EX and if you want to make a bank transfer just email me for details. Allow 7 days for delivery although I’ll try and get orders out within twenty-four hours of receipt of payment. I’m happy to do special offers for bulk deals with Supporters Clubs and Associations etc. Just drop me an email and I’ll take it from there. I apologise if you have received this email in error and if you have received more than one copy of the email. I hope the cards are well received and of course, there is a slight Herr Klopp connection. Regards John Pearman Editor Red All Over The Land www.redallovertheland.com
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Homeland, une fois dégagé de son intrigue initial (je n'accroche pas non plus sur Hatufim), se bonifie avec l'âge... Assez rare pour être souligné...
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RAOTL n°216 Klopp en couverture . Dans son édito, JJP rappelle que seul le timing du limogeage de Rodgers constitue une surprise depuis la fin de saison dernière. Il se souvient aussi des quatre premiers mois de 2014 où les Reds étaient imbattables et ont pu légitimement croire au titre… . This is anfield The official illustrated history of LFC’s legendary stadium par Mark Platt et William Hugues est vivement recommandé comme cadeau pour les fêtes de fin d’année. . Un article de Lucas Steedman est consacré au déplacement à Bordeaux où l’auteur s’est fié aux indications de la French Branch pour trouver le point de ralliement. . Un article passionant de George Scott, apprenti à LFC pendant cinq ans en compagnie de Tommy Smith ou Chris Lawler sous les ordres de Shankly mais qui n’a jamais pu percer. . Viet-Hai Phung revient sur l’arrivée de Jürgen Klopp qu’il compare à celle de Rafa Benitez. Il lui semble que la sainte trinité chère à Shankly pourra être restaurée. Néanmoins, comme dit Klopp, « ce qui est important, ce n’est pas ce que pense les gens à ton arrivée mais à l’occasion de ton départ… ». . Graham Mack pense que le problème vient du mode de désignation du manager et souhaiterait qu’il soit élu chaque année par les season ticket holders… . Steven Scragg pense qu’après le 6 à 1 à Stoke, l’unique raison du non-licenciement de Rodgers fut la volonté de Klopp de disposer d’un break. . Steve Horton fait une comparaison des parcages visiteurs des stades de premier league. Pour soutenir son action caritative (faire le Costa Rica en vélo) en faveur de Zoe’s place, www.justgiving.com/steven-horton/3. . Un article historique sur les équipes de Liverpool dans les années 50-60 avec un focus sur les saisons 1946/47 et 1963/64.
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Good Afternoon Just to get the apologies in first, if you’ve received this email by accident [you’re not a Liverpool Supporter] I’m sorry for the intrusion. If you’ve received more than one copy of this email, again I have to say sorry but using two different systems wasn’t easy. Now for the big announcement ISSUE 216 OF REDALL OVER THE LAND, one with a German flavour, is out on Thursday assuming the printer can cope with the timescales. This is to give you advance warning because I’m sure you’d like to join the KLOPP KOP and get the WILLKOMMEN Issue. It will be on sale outside Anfield on Thursday and on Sunday and again at the Bournemouth game. To have a copy [nearly said KLOPPY] delivered to your door your can purchase online or you could simply subscribe online to either the printed or digital formats. If you are not a Liverpool supporter maybe you know a few Redmen, in which case could I trouble you to forward this to them? If you are a Liverpool supporter and want to further the cause of Fanzines maybe you could spread the word amongst your friends and fellow Reds? If you have a Facebook or Twitter account or whatever the latest hi-tech in thing is please share the news. Let’s get it around the world or as they say in Tesco, every little bit helps. New subscribers, old subscribers come and join us and keep Fanzines alive. Christmas ain’t far away, so a subscription as gift maybe? Scare somebody at Halloween even? If you’re in the USA treat someone for Thanksgiving, get the word around the fields of Fenway Park and surely we can get a few German Reds interested now? If you’re interested in subscribing or buying a single copy please visit www.redallovertheland.com and I hope to hear from you soon. Regards John Pearman Editor of Red All Over The Land
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A-t-il retrouvé du boulot ?
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C’est avec tristesse que la famille rouge a appris la disparition de Brian Hall, décédé le 16 juillet à l’âge de 68 ans suite à une longue bataille contre la leucémie. Les Redmen se souviendront longtemps de cette figure populaire à Anfield, milieu de terrain inépuisable sous Shankly puis responsable des relations publiques dans les années 90. Ecossais né à Glasgow, il étudia les mathématiques à l’université de Liverpool, dont il sortit diplômé. Ce brillant parcours universitaire, qui lui valut d’ailleurs le surnom de « Little Bamber », alors que Steve Highway au parcours similaire était « Big Bamber », ne l’empêcha pas de de devenir joueur professionnel en 1968 à Liverpool. Milieu de terrain travailleur et volontaire, particulièrement apprécié de Shankly, il fit ses débuts en avril 1969 sur le terrain de Stoke et s’imposa rapidement dans l’entrejeu des Reds. Il fut le héros de la demi-finale de coupe contre Everton en 1971, inscrivant le but victorieux dans les dernières minutes à Old Trafford. Il fut, en revanche, la victime d’un changement tactique lors de finale aller de la coupe UEFA contre Monchengladbach en 1973 puisqu’après avoir été initialement prévu dans l’équipe, il fut finalement remplacé par Toshack suite au report du match au lendemain, en raison des pluies diluviennes sur la Mersey. Le Shank avait identifié des faiblesses dans la défense centrale allemande et les Redmen l’emportèrent 3-0 et assurèrent ainsi leur première victoire dans une compétition européenne... Brian Hall se bâtit, lors de ses 224 apparitions et 21 buts sous le maillot rouge, un palmarès impressionnant avec 2 titres de champion en 1973 et 1976, 1 Cup en 1974 et une finale en 1971 et 2 coupes de l’UEFA en 1973 et 1976. Il souffrit progressivement de la forte concurrence de Jimmy Case et Ray Kennedy, ce qui le poussa à quitter le club en 1976, décision qu’il regrettera amèrement, pour rejoindre Plymouth puis Burnley avant de se retirer du football professionnel en 1980. Il devient ensuite enseignant avant de revenir à Anfield en 1991 comme chef des relations publiques, poste qu’il occupa jusqu’en 2011 avant de se retirer pour raisons médicales. YNWA Brian !!!
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Un triplé aujourd'hui : KUYT FEVER !!!
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Blessé ou toujours blacklisté malgré le changement de gouvernance ?
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Liverpool : les chœurs éternels (Marianne 1er août 2015 par Hubert Artus) Article « classique » sans véritable « scoop » pour un supporter des Reds : A Liverpool, on ne joue pas au foot. Car Liverpool représente le foot. Culturellement, socialement, politiquement. Communiste revendiqué, Shankly incarna d'autant mieux le club que ses valeurs collaient à la ville : sueur, larmes, passion, courage, engagement. Si le club rouge de Liverpool a longtemps ressemblé aux quatre garçons dans le vent, avec un côté bad boy et élégant, désormais sa colère et son énergie rappellent plutôt le son grunge de Nirvana. Preuve que le football est bien plus qu'une question de vie ou de mort. La preuve que nulle part dans le monde la ville de Liverpool sera seule. C'est la plus belle chanson du football. C'est d'ailleurs l'air le plus connu de ce sport planétaire : You'll Never Walk Alone. Un air qui vient de Broadway, écrit en 1945 par les Américains Rodgers et Hammerstein pour la comédie musicale Carousel, elle-même adaptation de Liliom, une pièce du Hongrois Ferenc Molnar. Dans le film, il est chanté pour redonner courage à une femme enceinte qui vient de perdre son amour. Devenue un standard, repris par Elvis Presley, Frank Sinatra, Barbra Streisand, Nina Simone - et par Dick Rivers en France -, il fut chanté pendant les marches pour les droits civiques. Par la suite, plusieurs clubs européens reprirent cet hymne à leur compte : le Celtic Glasgow, le Borussia Dortmund, le FC Sankt Pauli et, en France, le Red Star, à Saint-Ouen.
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Le mythique Liverpool Football Club aurait-il perdu son âme d'antan ? (Télérama 26 juillet 2015 par Emmanuel Tellier) Un très bon article sur le club et sa relation difficile avec le foot-business / Extraits : Emportée par la fièvre néolibérale, l'équipe légendaire de Liverpool n'est plus ce qu'elle était. Football anglais et nostalgie rock'n'roll : voilà ce que les Thaïlandais, les Indonésiens, les Malaisiens, très nombreux à Liverpool depuis quelques années, viennent chercher dans les ruelles de l'ancien port industriel. “ Ce phénomène est dingue : on a l'impression que Liverpool n'est plus vraiment un club anglais, mais une marque internationale, un logo, comme pour les parfums, les vêtements de luxe. ».Comme d'autres anciennes gloires locales, Aldridge, 56 ans, est mis à contribution par le Liverpool FC pour tenter, selon ses mots, d'« incarner un passé et un état d'esprit, celui du football populaire des années 1970 et 1980, dont il ne reste pas grand-chose en vérité ». Pour « Aldo » Aldridge, « le football d'avant, populaire, bon marché, a du plomb dans les tibias. Le propriétaire de Liverpool ne vient jamais voir jouer l'équipe ; il gère son bien comme une entreprise à faire fructifier pour mieux la revendre dans quelques années ». Est-ce forcément un problème ? L'impact sur le jeu de l'équipe est-il négatif ? « Pas forcément, non. La dimension spectaculaire du foot est même plus forte qu'avant ! Les clubs se battent à coups de millions pour attirer les meilleurs joueurs — ou supposés tels — dans l'espoir de les voir marquer beaucoup de buts. Mais c'est une fuite en avant. Les joueurs changent sans cesse de club. Beaucoup deviennent des mercenaires. On ne construit plus rien sur la durée, l'esprit du sport est menacé. » Cette folie des transferts a provoqué une hallucinante inflation des contrats. En 2015, le salaire moyen d'un joueur employé par un club anglais est de 255 000 euros par mois. C'est six fois plus qu'en France (40 000 euros, une moyenne tirée vers le haut par le très riche PSG). « Les classes populaires ne peuvent plus venir au stade !, déplore Aldridge. Un billet coûtait l'équivalent de 3 livres quand j'étais gamin. C'est 55 livres (environ 78 euros) aujourd'hui pour la place la moins chère, et 750 livres (environ 1 050 euros) pour un abonnement d'un an dans le Kop ( la légendaire tribune populaire, derrière un des buts). A mon époque, le foot était un truc de prolétaires. Ceux qui étaient en tribune avaient grandi dans la même rue que ceux qui étaient sur le terrain ; ils avaient la même vie, les mêmes soucis. » Pour Crevoisier, les fans du Liverpool FC refusent d'admettre que ce club mythique, tant aimé par leur père, leurs grands-pères, a changé du tout au tout. Pourtant l'âge d'or est révolu. « Au mieux, nous pouvons espérer être cinquièmes », confient Gareth Roberts et Neil Atkinson, les responsables de l'excellent site web de fans The Anfield Wrap : « Pour gagner, il faudrait dépenser encore plus, étoffer notre effectif, et donc aller vers une logique plus libérale encore... au risque de tuer l'âme du club. Nous sommes tiraillés, et désabusés. La logique financière fausse le championnat anglais ; et nous nous sentons les cocus de l'histoire... »
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We are Liverpool n°10 (C. Benteke en couverture) . Dernier numéro de ce fanzine, le rédacteur en chef n’ayant plus la disponibilité pour se déplacer à Anfield durant cette saison . Un article de Jeff Goulding sur la perte de foi en Rodgers suite à la défaite contre MU . Un article plus optimiste sur la paire que pourrait constituer Sturridge et Benteke à l’instar du duo Heskey-Owen. . Un article très intéressant revenant sur la saison 2013/14 et les troubles mentaux postérieurs à une course au titre, qui risque de ne pas se reproduire avant une génération…Pour l’auteur, il aurait été finalement moins douloureux de ne pas avoir cru au titre durant la saison. . Un article sur Ryan Babbel, jeune très prometteur, que Rafa Benitez, selon l’auteur, n’a pas su accompagner dans son développement . Neil Scott revient sur la nécessité de disposer d’un grand gardien pour une équipe prétendant aux honneurs et s’appuie sur Ray Clemence qui, lors de la saison 78/79, ne concéda que 16 buts en 42 journées avec 28 clean sheets !!! . Un article revient sur la politique de prêt de Chelsea (33 joueurs prêtés actuellement) dont Liverpool ne peut pas totalement s’inspirer faute de moyens équivalents. . A l’occasion du tirage au sort de l’Europa league, Steven Scragg revient sur le match de C2 en 1996 contre Sion avec un 6-3 (dont 3 buts en six minutes). . Jagdesh Singh compare le degré de confiance accordé aux différents managers dans l’histoire récente de LFC. . Un article sur les dernières déclarations de StevieG, qui aurait souhaité entrer dans le staff d’entraîneurs à l’occasion du renouvellement connue à l’été.
